‹ Les hommages divinsChapitre 41 sur 88 · INQUIÉTUDE · texte numérisé non relu

INQUIÉTUDE

D'OU vient ce désir de crier, Je ne sais quelle angoisse immense ?

Ne vaudrait-il pas mieux prier Dans la nuit, tout seul, en silence ?

Cependant, je n'ai pas souffert :

D'autres seraient heureux peut-être.

Dans mon cœur quel vide est ouvert Et que je n'ose pas connaître ?

Oh ! Je sens qu'en moi tout est mort : L'amour ne peut me satisfaire...

— Pardon, ma pauvre âme, j'ai tort, Votre douleur me désespère.

J'ai souri de vos yeux rêveurs, De vos ardeurs compatissantes.

Nous portons le sang de nos cœurs Sur nos pauvres mains innocentes î

Nous ne voulons pas voir souffrir, Et la souffrance nous entraîne Loin du cœur qu'il faudrait guérir.

Ayez pitié de l'âme humaine !

Et, pour guider le désespoir, O Dieu qui me voyez sans doute Mettez sur le front bleu du soir L'astre qui me dira la route 1

Page 1