CRÉPUSCULE
C'EST pour vous que j'écris ces vers familiers. Des vers que je viendrai vous lire au crépuscule. Ils contiennent un peu des songes oubliés, Songes de l'heure où tout s'atténue et recule.
La vie avait, ce soir, une telle ferveur !
L'air paraissait comprendre et les âmes plus lasses
Se murmuraient sans doute un seul mot : le bonheur !
— Le bonheur ?... — Il sourit à ces enfants qui passent.
A l'ombre se mêla le charme pénétrant
Que répand une cloche au fond de la vallée...
Comme une femme en deuil, par le soir qui la prend,
La" terre quelquefois veut être consolée.
J'aurais voulu pleurer, mais je ne l'osais pas... Je sentais près de moi votre chère présence. L'espace était trop pur, mon cœur était trop las... Et puis, pourquoi les pleurs, quand on a le silence ?
igoi