UNE ROSE D'OCCIDENT
C'est la même âme, hélas, qui te redit adieu, O saveur ténébreuse, ô plante impérissable, O rose occidentale et jasmin de l'érable, Lierre du chêne vert, aromate du feu !
Oui, c'est le même cœur qui se donne, prends-le ! Qu'il soit une clarté, dans ton rêve admirable, Ou le sillon du vent sur la mer et le sable, Ou le nuage sombre occupant le ciel bleu.
Astre né de la terre, ô fille du cantique,
Les langues d'Orient forment par leur musique
Les strophes qu'il faudrait pour pouvoir te vanter.
O glaive de douleur, coupe toujours remplie, Palmier indestructible, herbe tendre qui plie, Etoile du ciel calme et du ciel tourmenté !