A UNE VICTOIRE
SON corps brille au soleil mais, sur les noires nuits, Il dessine toujours une ombre impériale Et, quant le ciel s'éteint, son marbre est aussi pâle Que l'aile des plus vieux de ses rêves enfuis.
Où dorment les guerriers par son désir conduits ? Quel invincible orgueil de son regard s'exhale ? On dirait qu'elle écoute encor un dernier râle Etoutîé par le sang, sous des remparts détruits.
Je veux le célébrer. Victoire qui rayonnes, Victoire dont la main donna tant de couronnes Et devant qui le monde est un butin offert !
Lorsqu'aux jardins des cieux les astres se découvrent, Dans tes yeux émouvants, dont les paupières s'ouvrent, Flotte une vision d'ouragan sur la mer !