‹ Les Hommes de guerreChapitre 1 sur 30 · BERTRAND DU GUESCLIN · texte numérisé non relu

BERTRAND DU GUESCLIN

Le futur connétable de France, un des plus grands hommes de guerre de notre pays, naquit au château de la Motte-Beuvron, près de Rennes (Ille-et-Vilaine), vers 1314, d'une ancienne famille féodale de Bretagne, connue depuis le xi'' siècle.

Bertrand était l'aîné de dix enfants, et Tun

do ses frères, Olivier, l'accompagna dans la plupart de ses expéditions.

Il naquit avec Tcsprit balailleur, et, envoyé à Técole, il s'amusait à diviser ses camarades en deux troupes ennemies, pour avoir occasion de frapper à tort et à travers. Son père fut même obligé de le renfermer ; mais cela ne servit qu'à lui rendre l'humeur encore plus farouche.

Avec Tàge, cependant^ il s'adoucit un peu, et, s'il fut impossible de lui apprendre à lire, il se prêta parfaitement à l'apprentissage des armes, et sans frapper sur son maître. Il fit même de tels progrès qu'à l'âge de seize ans, il eut raison, dans un tournoi donné à Rennes, d'un chevalier qui avait vaincu successivement onze combattants.

Un autre tournoi, donné en 1338, à l'occasion du mariage de Jeanne de Penthièvre, héritière du duché de Bretagne, avec Charles de Ghatillon, comte de Blois, fournit au jeune Bertrand l'occasion de se faire connaître au loin. Toute la noblesse de France et d'Angleterre y avait été convoquée, et, naturellement, Renaud du Guesclin, son père, s'y était rendu; mais il n'avait pas cru devoir l'emmener. Que lit alors Bertrand? 11 s'y rendit quand même, monté sur une jument de haras, Renaud ayant

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La réputatiou de lîertrand était faite ; mais ce u'était pas seulement dans les tournois qu il voulait être vainqueur: il lui fallait de vrais combats. Il trouva bieutôt Toccasiou qu'il cherchait : ce fut la lutte entre Jean de Montfort et Charles de Blois, tous deux compéti-

NOSr.LOIltKS NATIONALES

leurs au duché de BretaL;iiC. PreiiaiiL parti pour le comte de Blois, il assista au siège de Vannes, à la tète de vingt hommes d'armes, et il résista toute une nuit à 3,000 soldats anglais. On connaît le résultat de ce siège : Charles de Blois fut vaincu et pris par les Anglais. Celuici ayant été mis en liberté, à condition que ses deux fils le remplaceraient comme otages, Bertrand fut un des gentilshommes qui les accompagna en Angleterre, où il fit cette fière réponse à Edouard III : « Nous observerons la trêve, si vous Tobservez ! )>

Revenu en France, Bertrand se mêla à une guerre d'escarmouches et se signala de nouveau. Assisté de trois compagnons d'armes, tandis que son détachement était caché tout près, il alla en costume de bûcheron, avec une charge de bois, frapper à la porte de Fougeray, place au pouvoir de l'ennemi : la porte s'ouvrit, grâce à son déguisement, et, avec ses trois aides, il assomma la garde et força la place à se rendre en appelant son détachement, qui se précipita à sa suite. A quelque temps de là, autre succès encore plus fort. C'était au siège de Rennes, qu'assiégeait une armée anglaise. Escorté d'une centaine d'hommes seulement^, Bertrand sortit- et pénétra avant le jour dans le camp ennemi, s'empara d'un convoi de deux

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