BUGEAUD
Thomas-Robert BugeauJ de la Piconneric naquit à Limoges en 1784. Entré à vingt ans comme grenadier dans les vélites de la garde impériale, il fut nommé caporal à Austerlitz et lieutenant Tannée suivante.
Il lit les campagnes de Prusse et de Pologne ; puis, il passa en Espagne, où il gagna le grade de colonel. Aux Cent-Jours, avec 1,700
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hommes, il tînt trte à 10,000 Autrichiens et les mit en fuite après dix heures do combat.
Licencié en 181 5 par les JJourhons, JJugeaud se relira dans sa propriété d'Excideuil et s'occupa d'agriculture. Remis en activité après la révolution de Juillet, il fut bientôt nommé maréchal de camp ; puis, il entra à la Chambre des Députés, où il se fit une réputation particulière par ses interruptions et ses provocations à l'opposition. En même temps, il affectait un dévouement sans bornes à la nouvelle monarchie, ce qui lui valut la triste mission de garder la duchesse de Berry à la citadelle de Blaye. Une allusion à cette affaire ayant été faite à la Chambre par le député Dulong, Bugeaud le provoqua en duel et le tua.
Survint bientôt l'insurrection d'avril 1834. Bugeaud la réprima d'une façon impitoyable ; mais nous devons dire qu'il a repoussé depuis la responsabilité du massacre de la rue Transnonnain.
Passons, pour arriver avec lui en Afrique, où il acquit sa véritable gloire en augmentant et en consolidant nos conquêtes de 1836 à 1840.
Nommé alors gouverneur de FAlgérie, il introduisit d'importantes modifications dans les manœuvres et la tactique^ poursuivit les Arabes vigoureusement, étendit nos posses-
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sions, m (l(î louables nirorls pour la roloiiisatioii ol K'^n"^^ ^**^' '*'^ Marocains lu réièhnî hatailhî (Tlslv, <|ni lui valut l<; lilro <lr <luc(2t juillrt ISii).
il avait rcrii le hAtou <lr niarrchal eu 1843, quaiul, 1(5 2i février 18(8, il fui rliari,^é <lu ooiuinaudeuieiiL (I(î raruiée do l*aris ; mais il no juil sauver la inouarehie, ([uoicju'il «nUpréteuMu venir à bout chî l'insurrection av(»c « quatro honuncs et un caporal ». il se. consola en offrant son épé(» à la Uépul)li(|uo et en acceptant peu après du président Louis IJoriaparte le coniniandement en chef de rarniée des Alpes.
liien qu'il eiit été envoyé à l'Assemblée législative par le dépai tenuMit de la Charente- Inférieure, il ne comptait plus que comme souvenir, quand le choléra vint et l'emporta, à Paris, eu 1849.
On a élevé au maréchal Bugeaud une statue à Alger, et une autre à Limoges, sa ville natale. Il a laissé plusieurs écrits où il môle la colonisation à Tart militaire; de là, sans doute, sa devise : Ense et aratro (par Tépée et par la charrue.)
Maintenant, le mot de la fm, et c'est le cas de le dire, puisque Bugeaud termine les Hommes de guerre. Un matin, en Afrique, le maréchal est réveillé soudain par un aide de
camp, qui lui annonce une attaque derennemi. 11 se lève aussitôt, et ne prenant que le temps de passer son uniforme et ses armes, il s'clance à cheval, coiffé de son bonnet de coton qu'il avait gardé. On juge de Teffet du casque à mèche sur les soldats ! Ils improvisèrent surle-champ le couplet ^\i\\iix\{ qui se chante encore à l'armée et qui se sonne surtout par les clairons :
As-Ui vu la casqueUe, la casquette? As-lu vu la casquette au père Bu^eaud?