‹ Les Hommes de guerreChapitre 8 sur 30 · FA W \] W · texte numérisé non relu

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FABEIIT

Abraham de Fabert naquit à Metz, en lo9D.

Destiné d'abord à l'église, il montra de bonne heure son goût pour le métier des armes, et, grâce à la protection du duc d'J'^pernon, il l'ut admis comme cadet dans une des compagnies du régiment des gardes françaises à Tàge de quatorze ans, puis, cinq ans plus tard, nommé enseigne dans un régiment de Piémont.

A partir de là, Fabcrl assisLi à une inliiiilé lie sièges cl de combals et gagna tous ses grades avec son épée.

Il était au pas de Suze, où il étonna l'armée, par sa valeur et son jugement, et, à la fameuse retraite de Mayenne (1635), on lui dut le salut des restes de Tarmée. Les trois années suivantes, il se distingua successivement aux sièges de Saverno, de Landrecies, de Chivasso et de Turin. A ce dernier, il reçut une blessure si grave, que les chirurgiens jugèrent l'amputation nécessaire ; mais, malgré les avis du cardinal de la Valette, qui commandait Farmée, Fabert résista, en disant aux chirurgiens : « Vous ne m'avez pas consulté, et cependant cela m'intéresse, puisqu'il s'agit de ma vie : vous ne m'opérerez pas. Qui aura le gigot aura le reste du corps ; mais, s'il plaît à Dieu, ce ne sera pas encore aujourd'hui. )) Et, en elTet, il eut la chance d'en revenir, tout condamné à mort qu'il avait été par les chirurgiens.

Remis sur pied depuis quelques années, il prit part au combat de la Marfée, dont il a laissé une relation, puis aux sièges de Bapaume, de CoUioure et de Perpignan en y rendant de grands services. Il contribua ensuite à la prise de Porto-Longone, à celle de Piombino ,

LES IIOMMKS DR (UJEJUn: M

<Mllili à rrllr de Slciiay (l<i.>i , où il iiivriita les (MViilids (Ir IimiicJhm* iîL Ii*s piiralli'lrs reli.nil (MiliMî c'Ilcs 1rs (liv(;rs(;s alta(|iirs criino place, |)r()«^rès éiinniMvs dans la slialégio des sii'«;(vs.

Disons ici (|ur, vcm's celte é|K)(|ne, l'aiicrl avait orf^anisc, jnrs de Thionvillr, des forges do fer (]ni occn|M'renl insqu'à ciiuj cents ouvriers et fiirenl li'i's nlihis.

Précéilemment, Falieit, nomme gouverneur de Sedan, avail augmenté et amélioré les fortilications de cette ville, en consacrant une j)arli(» de sa fortune à ces travaux. De plus, il eut le premier l'idée de grouper par régiments la cavalerie, qui, jusqu'alors, ne se composait que de compagnies, et il songea à enrégimenter les ouvriers capables de manier les outils qui servaient aux ouvrages militaires, et qui devaient devenir le corps du génie.

Ce n'estpas tout. Aussi habile ingénieur que bon général, Fabert réclamait les missions les plus périlleuses, allant, au risque de sa vie, reconnaître les places qu'on devait assiéger. Cela faillit même lui être fatal au siè^e de ïhionville, où il resta plus de six mois en prison, sans aucun avantage pour l'armée française. Plus heureux à Arras, il s'introduisit dans la place, déguisé en paysan et portant

:\i NOS GLOIUKS NATIONAI.ES

iiiic hollr rliaryuc de carolhîs, cl rcviiiL avec le plan des défensos.

Eiiliii, n'ayaiiL eu vue (jiio les intérêts delà France, Fahort refusa de se mêler aux menées contre Richelieu, repoussant toutes les avances (le Cinq-Mars, et contre Mazarin, armant les bourgeois de Sedan et les paysans des environs, pour résister aux tentatives de Turenne, alors partisan de la Fronde.

Pour juste récompense, Fabert, lieutenantgénéral en 1G51, avait vu sa terre de Bourgogne érigée en marquisat en IGoO, et reçut le biiton de maréchal en 1G58, quand, en 1C61, Louis XIV, qui avait pour lui la plus grande estime, lui ollVit le cordon de Tordre du Saint- Esprit : Fabert le refusa. Un des statuts de Tordre exigeait quatre générations de noblesse et le maréchal, qui n'était qu'à la seconde, ne voulait pas falsifier ses titres, quoique Louis XIV lui eut fait dire que tous ceux qu'il fournissait seraientacceptés les yeux fermés. Ce refus, qui honore Fabert, augmenta encore Testime de Louis XIV, et il lui témoigna ses sentiments par une lettre où on lit : « Ce rare exemple de probité me paraît si admirable que je vous avoue que je le regarde comme un ornement de mon règne. »

Ce fut le digne couronnement de la vie de

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FalïcrI : il iimmiil I .imimm» siiiv;iiil<*, a Sedan, (l(M)t il «Mail InMJoiii-s l: (MI\ ri-iiriii'.

A ((Mil ce (|iir mms a\ uns (lil Ar r'ahcrl , nous (levons ajoiilrr plusieurs choses iinporlaiiles pour sa HM'inoirr. Il riail sans piti«' pour les jnllai'ds, consitiéi'anl <|ii(* ■ h* inoiinlrr soi esl un crinu* capital dans nn lionune de f^uerre, (|ni (vsl chaîné de la sccnrilé pul)li(]ue ». D'anirc pari, excellent adininislralenr, il parvint à n'iahlir Tai^ricnlture eL le conuuerce dans le pays messin el dans la (llianipai^ue, (]ui dépendaient de son autorité. Knfin, ou lui doit le premier essai d(^ ra[)plication du cadastre eu France, pour la juste répartitiou des impO)ts.

Disons, pour termiiu'r, <]ue Fabert avait un frère, Fram;ois, uiort en 16G3, (jui se distingua dans divers sièges et reçut le cordon de Saint- Michel, et un fils, Louis, comte de Sézanne, marquis de Fabert, né en 1G31, qui devint colonel du régiment de Lorraine et prit part à l'expédition du duc de lîeaufort à Candie, où il fut tué dans une sortie, en 1669.

ILlUvWE

Tiircniu* cil Alsiuc.

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