‹ Les hommes de la Commune: biographie complète de tous ses membresChapitre 17 sur 58 · J.-B. CLÉMENT · texte numérisé non relu

J.-B. CLÉMENT

i8e arroDdissement. — 14,188 voix.

J.-B. Clément est un des membres de la Commune qui s'est fait remarquer par ses excentricités et ses ridicules propositions. J.-B. Clément a une figure peu séduisante et quelque peu farouche, pour ne pas dire terrible; son teint bronzé, ses yeux incer-

tains, sa mise un peu négligée, en faisaient une sorte de brigand d'opéra-comique assez bien réussi. Ajoutez à cela une voix rude et une propension marquée pour les termes excentriques, et Ton comprendra l'impression défavorable que devait produire Clément la première fois qu'on le voyait.

Essayons de montrer sous son vrai jour cette physionomie si originale.

J.-B. Clément est né à Boulogne-sur-Seine, le 31 mai 1837. Il est le fils d'un meunier aisé, qui n'a pas eu pour lui des attentions ni des soins bien délicats, et qui a refusé de lui laisser apprendre l'état paternel.

Clément, après Ctire resté plusieurs années chez un jmaître de pension nommé Dillon, qui inculquait à ses élèves ses idées antireligieuses et révolutionnaires, et qui les promenait en 1848 au milieu des barricades, où il leur faisait un véritable cours de science révolutionnaire, Clément fut envoyé chez un garnisseur en cuivre, où il fut très malheureux, et chez lequel sa famille le maintint jusqu'à l'âge de dix-neuf ans.

A cet âge, Clément, qui avait le désir de s'instruire et qui n'avait appris chez son maître d'école que l'art d'élever des barricades (ce qui lui a servi peut-ôlre sous la Commune), se mit à travailler tout seul et céda à son goût pour la poésie, en écrivant plusieurs chansons. Ce fut par hasard qu'il vendit une de ses œuvres, et qu'il apprit ainsi luimt^mele talent qu'il avait et le prix qu'il en pouvait tinM*.

Les chansons de Clément sont toutes pleines de cette» bonhomie paysanne, qui produit plus d'elfet sur les niasses qu'un beau discours ou une pièce de vers écrite dans un style élevé, à la portée de juelques déli^ts. Les chansons socialistes et révolutionnaires de J.-B. Clément sont nombreuses et

ont obtenu pour la plupart un vif succès ; citons parmi les plus connues : Fournaise, L'Eau va toth jours à la rivière, 89, Aht le joli temps, qui a valu un véritable succès à son auteur et à Darcier.

Clément quitta bientôt la chanson pour la politique. Il écrivit dans le Pavé, les Tablettes de PariSy et fonda sans aucun concours ni collaboration un journal, le Casse-Tête, dont le titre servira à caractériser Tépoque oii Ton se servait de cette arme sauvage contre des citoyens inofiPensifs.

A la Réforme, où il écrivit en janvier 1870 des articles pleins de verve et d'excentricités, sous le titre de Carmagnoles, Clément fut condamné à plus d'un an de prison pour attaques contre Tempereuret pour provocation à commettre un ou plusieurs crimes

J.-B« Clément était à Sainte-Pélagie quand éclata la Révolution du 4 septembre. Délivré par le peuple, il se hâta de prendre la plume pour défendre dans le Couiner français la cause de la Révor lution et pour prêcher la haine de l'étranger. Il quitta bientôt la plume pour le fusil et fut un des plus zélés défenseurs de la capitale.

Devenu rédacteur du Cri du peuple, J.-B. Clément, bien connu dans les réunions publiques, reçut, après le 18 mars, des électeurs de Montmartre, un mandat qu'il n'avait point sollicité, mais qu'il n'hésita pas à accepter et qu'il remplit avec une ardeur et une activité incroyables.

J.-B. Clément était en efiPetun des plus convaincus des membres de la Commune. D'abord membre de la Commission des subsistances et des services publics, il fit ensuite partie de la Commission de l'enseignement en même temps qu'il surveillait la fabrication des munitions de guerre , fonctions peu similaires comme on le voit. Mais ce qui l'occupa le plus c'est l'administration municipale du 18"" arrondissement.

En politique J.-B. Clément est un poète doublé d'un sectaire, c'est un admirateur* enthousiaste de la Révolution, qui a tous les emportements d'un fanatique et commet toutes les fautes, quitte à les regretter ensuite. En littérature c'est un fantaisiste, d'idées et d'expressions. Son style est imagé, plein d'une vive originalité qui donne à ses articles un cachet tout particulier.

Son rêve, a-t-il dit dans un de ses articles, eut été de voir cesser une lutte fratricide qui lui déchirait le cœur et de pouvoir aller chez ses bons amis les

f>aysans, dont il a la tournure et un peu le langage, eur faire comprendre ce que c'est que le socialisme et la Révolution. Ce paysan du Danube devint après son élection à la Commune aussi violent et aussi exagéré qu'il était autrefois doux et sensible à toutes les souffrances.

C'était le plus ouvrier des bourgeois, dans sa mise et dans ses manières. Signe particulier : quoique sentimentaliste et poète, J.-B. Clément détestait les prêtres et veillait avec sollicitude à ce que les églises ne fussent pas rouvertes dans le 18* arrondissementqu'il administrait avec Dereure, son collègue.

Les journaux avaient annoncé l'arrestation de J.-B. Clément, mais on s'aperçut bientôt qu'on s'était trompé, et qu'il s'agissait de son homonyme V. Clément, arrêté en effet et traduit devant le 3* conseil de guerre.

VICTOR CLÉBIENT.

15* arrondissement. — 5,025 voix.

(élément (Joseph-Victor), est un ouvrier teinturier, né dans le Jura, et âgé de quarante-sept ans^

qui ressemble un peu à un sacristain. Ce colosse, à larges épaules, a quelque chose de Wolf et du prince Napoléon dans la tournure et même dans les traits. Sa figure, oùjamais barbe ne semble avoir voulu pousser, estpleine de bonhomie et de franche gaîté. De passé, il n'en a pas d'autre qu'une obscure vie de travailleur, une vie de labeur, ce que bien des gens dans la Commune pouvaient lui envier.

Il avait été placé dans la Commission des finances avec M. Beslay.

Victor Clément, comme un petit nombre d'ouvriers qui faisaient parlie de la Commune, avait des idées très sensées et très calmes. Il chercha à s'op^ poser aux illégalités et aux violences, qu'il entrava ou calma quelquefois. Le relevé de ses votes prouve la modération de son esprit : il vota contre le rapport sur les élections et s'associa à la protestation de plusieurs de ses collègues contre le Comité de salut public.

Victor Clément fut arrêté dans la nuit du Same^ au Dimanche 10 juin. Il habitait une chambre ao premier étage d'une maison située boulevard de Grenelle, en face l'usine Cail. C'est là que le surprirent un capitaine de la prévoté de l'Ecole militaire et un commissaire de police qui avaient été prévenus de sa présence en ce lieu, et qui le conduisirent immédiatement à Versailles, où il com^ parait devant le 3"^° conseil de Suerre.

CLUSEBET.

18« arrondissement. — 8^480 voix.

Si la Révolution du 18 mars fut avant tout l'œnvre de l'Internationale , si aucune personnalité ne peut s'en

attribuerseulerorganisation,ilfautâyouero^endaat qu'un de ceux qui ont le plus contribué à rendre sérieuse la résistance des fédérés, c'est certainement le général Cluseret, qui a pris entre ses mains la direction des affaires militaires alors que la sortie ridicule des généraux du Comité avait jeté la Commune dans une position si difficile pour ne pas dire absolument désespérée.

Le général Cluseret a pu juger par lui-même que la Hoche Tarpéienne n'est pas loin du Capitole, car pour récompense de ses services, la Commune lui accorda... une cellule à Mazas, comme elle voulait le faire pour celui qui, après l'exemple si peu encourageant de Cluseret, n'hésita pas à lui succéder au ministère de la guerre.

Gustave-Paul Cluseret est né le 13 juin 1823 à Paris ; son père, colonel d'infanterie, le fit élever dans son régiment comme enfant de troupe ; il l'y prépara pour Saint-Cyr, où il entra en 1841. Il fut successivement nommé sous-lieutenant en 1843, puis lieutenant au mois de janvier 1848.

C'est à cette époque que se place un épisode de sa vie peu connu, et qui n'est pas sans étonner de la part d'im homme devenu depuis général d'une ville insurgée contre un gouvernement régulier.

Lors des journées de juin, qui ne sont pas sans analofçie avec celles que nous avons vu durer si longtemps à Paris, et qui ne difi'èrent des premiè res que par la grandeur de l'attaque et de la défense, Cluseret était chef de batadlon du 23° régiment (le la garde mobile. Il se distingua dans la prise drs barricades et revendiqua hautement, à celtr ('pocjue, la responsabilité de ses actes, comme le prouve ime lettre écrite par lui au Constitutionnel, dont nous allons donner quelques extraits.

Le ;K) juin 1848, alors que l'émeute était vaincue, le chef de bataillon Cluseret envoya au Constitua

Hormel une protestation où il se plaignait craie-. « dans le récit des faits du 22 juin, son bataiUoa qui avait le plus souffert, ait été complétemeoj oublié. »

Cette longue épître, dans laquelle il célèbre soi courage et celui de ses troupes qui, n'ayant plus di cartoucbes, s'élancèrent ce la rage au cœur sur da gens qui tiraient h bout portant, » contient cet aveu qui aurait pu être facilement retourné contre Gluseret. 11 fut témoin, dit-il, d'un fait douloureux : m capitaine de la 12® légion, Amyot, se trouvait en tenue, sa décoration à la poitrine, sur une barricade et Gluseret avoue avoir eu peine à retenir sa hommes, indignés de la présence d'un militaire in milieu des insurgés.

a Le 23® bataillon, dit Gluseret en terminant, proteste tout entier par la voix de ses officiers contai tout récit qui donnerait à d'autres qu'à lui Thcmneur d'avoir enlevé le premier les barricades de h rue Saint-Jacques, jusqu'à la rue des Mathurim compris. Jamais nous n'aurions revendiqué la publicité de ces faits si nous n'avions lu ce matin avec un douloureux étonnement qu'on faisait à d'autres UB titre d'une gloire que nous avons trop chèremenl payée ; nous nous sommes battus de deux heures i huit heures du soir; nous avons pris dans ce IqN de temps onze barricades et trois drapeaux. »

La véracité des faits allégués dans cette lettre IM peut être mise en doute, car peu de temps après, k 28 juillet 1848, Gluseret, chef du 23® bataillon de h garde mobile, fut décoré de la Légion-d'Honneni en même temps que le célèbre colonel Gomemuse.

Lors du licenciement de la garde mobile, dur seret ne put conserver dans l'armée son grade 4b chef de bataillon, et sur son refus d'y rentrer conuaM lieutenant, il fut mis à la retraite en 1850. Peu et

temps après, en 1853, il reprit du service comme lieutenant de chasseurs, et au bout |de deux ans il était nommé capitaine. C'est avec ce grade qu'il partit en Grimée^oùil se battit vaillamment et reçut deux blessures.

En Afrique, où il retourna après cette guerre, Gluseret fut attaché aux bureaux arabes, et devint après sa retraite définitive de l'armée, régisseur des fehnes de M. Carayon-Latour, chez lequel il ne resta que très peu de temps.

Cluseret partit à New-York, où il entra dans une maison de banque, qu'il quitta bientôt à la tête d'une légion cpiil avait recrutée en Amérique et qu'il amena à l'armée de Garibaldi où on lui donna id grade de colonel.

Nous retrouvons Cluseret, véritable soldat de fortune, en Amérique où il combattit pour le Nord sous les ordres du général Frémont, puis ensuite comme aide-de-camp du général Mac-Clellan.

Après la guerre, Cluseret dirigea un journal, qu'il abandonna à la suite de polémi(|ues assez vives, etpartit pour l'Angleterre, après avoir tenté, dit-on, sans succès, de diriger l'agitation féniane.

Cluseret passa de là en France vers 1867, écrivit à Paris, dans le Courrier Français, des articles sur la Situation aux Etats-Unis, et entra résolument dans le parti républicain socialiste, dont il devint on des plus actifs partisans.

Un journal créé par lui, l'Art, dans lequel il publia un article sur 1 armée, lui valut une condamnation qu'il subit à Sainte- Pélagie, où il se lia avec les membres de l'Internationale et en particulier avec Varlin. C'est de cette époque que date son affiliation à l'Internationale et ses relations avec les principaux chefs de cette association cosmopolite.

En 1869, il publia, dans la Démocratie, le Rappel bI dans la frilnme, des articles violents contre

Torganisation de rarmée, et se trouva ainsi dérfgné aux persécutions de TEmpire, qui redoublèrent à cette époque contre les républicains. On se souvient qu'un mandat d'amener fut lancé contre Cluseret, au moment des journées de juin 1869, et b récit de la réception qu'il fît à l'agent de police qui vint le trouver dans sa maison de Suresnes a ndt assez de bruit pour cjue nous nous contentions d'en dire quelques mots.

Lorsque le commissaire de police se rendit à soil domicile, Gluseret se présenta à lui un revolver d'une main et son acte de naturalisation de citoyen américain de l'autre.

Cependant il consentit à se laisser conduire chel M. Washburne, qui ne craignit pas de le réclamef et de répondre de sa personne, mais en lui imposant l'obligation de quitter la France. .

Arrivé à New-York, Gluseret y devint un des plm actifs agents de l'Internationale ; il travailla à étendre, en Amérique, les relations déjà si nombreuses de cette société, et à lui conquérir de nouveadi adhérents. Une lettre saisie lors du procès de l'Internationale (1870), nous montre Gluseret prépa« rant déjà, de concert avec l'Internationale, le mouvement dont nous venons de voir la réalisation.

Prévoyant la chute prochaine de Napoléon, Gluseret écrivait à Varlin : « Ge jour-là nous devoM être prôts physiquement et nloralement. Ge joup^l, nous ou le néant ! Jusque-là je resterai tranquille probablement; mais ce jour- là, je vous l'affirmei et je ne dis jamais oui pour non, Paris sera rf noUÊà ou Paris n'existera plus. Ge sera le moment décisif pour l'avènement du peuple. » Et l'avocat impérial en faisant la lecture de cette lettre au tribunid ajoutait : a Lorsqu'on connaît l'homme dont émi» nent ces lignes, on ne peut pas les considérer farat à fait comme une vaine forfanterie. »

Celte lettre était datée de New- York, le 17 fé- \Ticr 1870. Dès qu'il apprit la chute de l'Empire, Gluseret fut à Paris, et ses agissements h cette époque prouvent qu'il tâta le terrain qu'il croyait mûr pour la réalisation de ses projets. Désavoué publiquement par Rochefort pour un article de la Marmllaise ^ intitulé « Réaction^ » dans lequel il attaquait le gouvernement du 4 septembre, et en particulier Gambetta, Cluseret comprit qu'il n'était pas encore temps d'agir, et partit pour Lyon, où il tenta vainement le soulèvement qui n'avait pu réussir à Paris.

Pendant le siège, Cluseret passa donc son temps à chercher, en pure perte, à susciter des troubles dans le midi de la France, à Lyon, puis à Marseille. Il fut, à n'en pas douter, un des conseillers du Gorailé central, et n'est certainement pas resté étranger à la révolution du 18 mars, préparée et très vile exploitée par T Internationale.

Cependant, soit que l'Internationale se défiât de Cluseret, soit que Gluseret lui-môme n'eût pas conflance dans la réussite du mouvement , ce ne fut qu'après les sorties des 2, 3 et i avril (jue Cluseret fut placé par la Commune à la tête dcî» affaires militaires. Cluseret apporta dans l'exerricc (le ses fonctions l'absolutisme et le pédantisme qui formaient le fond de son caractère. Son indé- {icndance vis-à-vis de la Commune, à qui il ne lui plaisait pas de rendre des comptes et aux ordres de laquelle il refusait de subordonner sa volonté, lui rréa vite des ennemis, ainsi que parmi les membres du Comité central, dont il ne méiiaj^ea pas les personnalités vaiiit<Mises et incapables.

L'abandon du fort d'Issy, (|ue Clusenît réoccupa ((•pendant lui-même î\ la tùte des gardes nationaux, MTvit de prétexte à l'arrestation du général, que le C- unité central accusait d'entente avec le gouverne-

ment régulier et qu'il disait animé d'une ambititHi dangereuse pour l'existence de la Commune. Gluseret fut arrêté en pleine séance de la Commune et conduit à Mazas, d'où il sortit pour être conduit à l'Hôtel- de-Ville, où il fut gardé à vue.

Une commission, composée de trois membres de la Commune, fut chargée de l'interroger et de faire une enquête sur les actes qu'on lui imputait Le rapport de ces délégués conclut pour la mise en liberté de Cluseret qui fut presque aussitôt relâché.

Le caractère froid, hautain et autoritaire de Cluseret fut certainement un des motifs de sa révocation ; il froissa la Commune par son dédain et les membres du Comité central par ses prétentions à la direction absolue des opérations militaires.

Cluseret n'était pas d'un abord facile ni agréa* ble, son maintien un peu guindé n'était pas fait pour attirer à lui. Il est grand, portait toute sa barbe déjà un peu grisonnante, et recevait avec cette politesse glaciale qui est un des traits da caractère américain auquel il a tant emprunté. Cluseret entamait rarement de grandes conversations et n'entrait pas dans des développements inutiles, il allait droit au but, posait des questions brèves et précises auxquelles il répondait de même, et quittait ensuite son interlocuteur pour recevoir d'autres personnes. Sa simplicité était extrême; jamais, ou presque jamais, il ne portait de costume militaire, car il avait toujours eu en horreur les galons et tout ce clinquant dont raffolaient ses officiers. Quand il réoccupa le fort d'Issy, il était en habits civils, la tête coiffé d'un feutre, et sa tenue modeste jurait étrangement avec celle de ses officiers tout cousus d'or et d'argent.

Un de ses premiers chefs a porté sur Cluseret un jugement qui ne manque ni de justesse ni d*à-propos : « C'est un officier de talent, d'un joli physi-

que, mais à qui on peut reprocher d'avoir trop de prétention, se croyant au-dessus du travail et conséquemment le négligeant. »

Si le général Gluseret a fait, depuis l'époque où a été formulé ce jugement (1856), des études que prouvent ses écrits et surtout son livre sur V Armée et la Démocratie, il n'en est pas moins cependant resté prétentieux, plein de lui-môme, supportant difDcilement la contradiction et le contrôle.

Le général Cluseret avait les défauts et les qualités d'un Américain dont il avait pris le caractère en même temps que la nationalité, il en avait les manières un peu brusques, mais il avait aussi Tactivité, la précision, la rectitude de jugement qu'on trouve surtout chez les peuples du Nord. C'était un homme pratique, résolu, détestant les parleurs et les raisonneurs, qui ne savent prendre aucun parti. On comprend qu'il n'ait pas été au mieux avec cette Commune, qui était la personnification du bavardage et de l'incapacité prétentieuse. Malheureusement Gluseret était par- dessus tout un intrigant qui cherchait à se rendre célèbre par tous les moyens, sans 8'occuper s'ils étaient honnêtes et avouables. C'est ce qui explique comment il s'est rallié à un parti dont il avait été, en 1848, un des ennemis les plus acharnés.

Cluseret mis en liberté par la Commune quelques heures seulement avant l'entrée des troupes, a, selon toutes probabilités, quitté immédiatement Piiris et la France. On annonce, en effet, son arrivée récente en Amérique.

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