PRÉFACE
Ces biographies étaient terminées pour la plupart qaand est survenu le dénoûment que nous avions toujours prévu. La Commune qui faisait peser depuis plus de deux mois sur la capitale un despotisme aussi cruel que stupide, la Commune a été vaincue par Tannée de Versailles. La lutte a duré huit jours, elle a été vive en maint endroit, mais force est restée au gouvernement régulier qui a repris le pouvoir.
Ces combats sanglants dans Paris, nous les avions prévus, mais ce que nous n'aurions jamais pu supposer, quelque grandes que fussent nos craintes sur les malheurs d'une pareille lutte, c'est que la Commune se fût fengée de sa défaite sur des gens inofTehsifs, sur d es moruimcnts, sur des maisons particulières.
Il n'est maintenant que trop prouvé que les incendies qui ont dévasté plusieurs quartiers de Paris et qui ont brûlé plusieurs édifices publics, sont l'œuvre froide et raisonnée du Comité de salut public qui les a ordonnés quand il s'est vu vaincu, et alors qu'il ne lui restait plus aucun espoir de prolonger une résistance devenue désormais impossible.
Si nous avions écrit ces biographies sous l'impression de ces actes de sauvagerie, nous aurions certaine mer- (
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modifié d'une façon notable notre jugement sur des hommes qui se sont associés à de pareils crimes ou qui ont continué de défendre un parti qui employait de pareilles armes et frappait non ses ennemis, maïs toute une population inoffensive, dans sa vie, dans ses propriétés et dans ses biens.
Nous ignorons encore jusqu'à quel point les membres de la Commune se sont rendus complices des crimes du Comité de salut public, et nous rappellerons qu'une fraction de cette assemblée a protesté par avance contre les agissements de ce Comité dictateur dans une déclaration qu'il fallait un certain courage pour signer à ce montent.
Ces biographies devaient paraître sous la Commune; les circonstances en ont retardé la publication, mais nous les avons laissées telles qu'elles avaient été écrites î\ cette époque, nojs contentant de les compléter en quelques lignes. Nous n'avons pas voulu les modifier, et nous avons maintenu le jugement impartial que nous avions porté sur les membres de la Commune lorsqu'ils étaient maîtres absolus de Paris. Nous n'avons, du reste, consigné dans ces biographies que des faits dont nous étions sûr, préférant rester en deçà qu'aller au-delà de la vérité dans une œuvre aussi délicate que celle que nous avons entreprise.
Juin 1871.
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