‹ Les hommes de la Commune: biographie complète de tous ses membresChapitre 26 sur 58 · DURAND · texte numérisé non relu

DURAND

2' arrondissement. — 2,874 voix.

Durand (Jacques), ouvrier cordonnier, âgé de cinquante-cinq ans environ, est l'organisateur de la société des coupeurs en chaussures.

Durand, très-connu, paraît-il, dans le monde ouvrier, s'est mêlé très-activement au mouvement des réunions publiques, dans lesquelles son esprit humoristique lui valut de nombreux succès. Le sujet habituel de ses discours, si l'on peut appeler ainsi

des causeries familières pleines de saillies d'un goût plus que douteux, était le clergé sur lequel il frappait à cœur joie.

A un point de vue plus sérieux, J. Durand ne nous semble pas avoir représenté d'autres idées que celles que peut avoir un ouvrier peu instruit, qui ne sort pas de quelques thèses favorites bien rebattues. Durand, qui pouvait être un orateur très-goûté des réunions publiques, n'avait rien de ce qu'il fallait pour représenter un parti quelconque à la Commune.

Il fut placé dans la Commission de la justice, qui possédait déjà un confrère de Durand, le cordonnier Dereure, sans avoir aucune des capacités nécessaires pour l'étude des questions que cette Commission était appelée à résoudre.

J. Durand vota pour le Comité de salut public parce qu'il avait, dit-il, conscience de la situation et qu'il tenait à rester conséquent avec les engagements pris par lui devant les électeurs. C'est, du reste, cette dernière excuse qui a servi à plusieurs membres pour justifier un vote dont ils semblaient redouter la responsabilité qu'ils renvoyaient ainsi à leurs mandants. C'est l'excuse des lâches et des incapables.

J. Durand n'a point été arrêté, mais on ne signale point jusqu'ici sa présence dans un des refuges choisis à l'étranger par beaucoup de ses collègues.

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