‹ Les hommes de la Commune: biographie complète de tous ses membresChapitre 57 sur 58 · VIARD · texte numérisé non relu

VIARD

20* arrondissemenU — 6^968 voix.

Viard était un homme d'environ trente ans, gros, large d*épaules; sa tête était campée sur un énorme cou que couvraient ses longs cheveux et son épaisse barbe blonde; il avait la carrure d'un taureau.

Viard était parent de l'inventeur du siccatif qui porte son nom et avait été lui-même négociant. Son élection au Comité central fut le début de sa cjarrière politique et lui servit d'entrée à la Commune.

Élu aux élections complémentaires du 20* arrondissement, Viard fut nommé délégué aux subsistances et consacra tout son temps à ces difficiles fonctions.

Il s'est ju^é lui-même par ces paroles empreintes d'une certame naïveté : « Je suis jeune, mais je suis pratique. » Viard en effet prouva qu'il n'était pas dénué d'intelligence et de bon sens en déclarant, dans la discussion sur la boulangerie, qu'on n'avait pas à intervenir dans une question entre patrons et employés, et en demandant le rapport du décret prohibant le travail de nuit.

En proposant que le public fût admis aux séances de la Commune, Viard se montrait également plus libéral que la plupart de ses collègues, qui cnerchaient à restreindre autant que possible la publicité des discussions.

Nous devons cependant constater que Viard vota sans réserves pour le Comité de salut public et resta jusqu'au dernier jour rallié à cette majorité inepte et souvent cruelle qui dominait dans la Gom-

mune et qui y étouffa la voix d'une minorité intelligente et relativement modérée qui n'aurait jamais commis les actes abominables dont tous les membres de la Commune ont endossé, par leur silence ou leur assentiment, la redoutable responsabilité.

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