ARNOLD
18* arrondissement. — 5,402 voix.
G. Arnold est un homme de trente-deux ans; il est grand, mince et portait avec désinvolture l'uniforme de commandant du 64"" bataillon. C'était un des membres les plus actifs du Comité central, un des combattants (le la butte Montmartre, un de ceux qui ont assuré le triomphe de la Révolution du i8 mars.
Arnold est originaire du département du Nord ; il étudia le dessin à l'Ecole des beaux-arts de Lille. Après avoir échoué pour le grand prix de Rome
dans la section d'architecture, il obtint une place de sous-inspecteur des travaux de la ville de Paris. Ses camarades d'atelier n'ont pas conservé de lui d'excellents souvenirs; son ton sec et cassant blessa plus d'une fois ceux qui le fréquentaient.
Au moment de la guerre, Arnold était architecte, et q uand on forma la garde nationale il fut élu se rgent-major, grade qu'il conserva pendant toute la durée du siège.
Arnold était doué d'une vive intelligence, qu'il mit au service d'une ambition démesurée. Il fréquenta pendant la guerre les clubs et les réunions, dans lesquels on attaquait avec beaucoup de violence le gouvernement du 4 septembre et la capitulation. Il se trouvait ainsi désigné pour recueillir la succession de ceux qu'il contribua à renverser le 18 mars. Arnold était alors commandant du 64® bataillon et membre du Comité central, qui lui confia la défense de la Butte.
Ce fut Arnold qui signa, avec Ranvier, la convention intervenue entre le Comité central et les maires de Paris pour les élections de la Commune.
Arnold, qui était resté l'un des chefs du Comité central, fut, aux élections complémentaires du 16 avril, porté avec Cluseret, par le Comité, dans le 18® arrondissement, contre les candidats socialistes Jaclard et Regnard.
Il fut élu grâce à la prépondérance de l'esprit militaire dans cet arrondissement ; et après son élection à la Commune, il chercha à ressaisir au profit du Comité central la direction des opérations militaires.
Nommé membre de la Commission de la guerre, Arnold réussit, après l'arrestation de Cluseret, à soumettre son sucriesseur Rossel au contrôle du Comité, avec lequel il dut partager ses pouvoirs. Cette victoire du Comité central fut certainement
l'œuvre de l'esprit inventif et intrigant d'Arnold.
Ce nouveau venu dans la scène politique y arriva avec des qualités et des défauts peu communs. Hautain, arrogant dans ses rapports, même avec ses collègues, il crut suppléer à Tabsence d'études politiques et sociales par des intrigues dans lesquelles il lit preuve de beaucoup d'habileté. C'était un ennemi dangereux pour ceux auxquels il s'attaquait, et un ami redoutable pour ceux avec lesquels il jugeait bon de s'unir un moment. La Commune ne sembla pas avoir beaucoup de sympathie pour cet homme, dont elle ne connaissait guère le passé et dont elle redoutait probablement 1 ambition,
Arnold qui avait réussi assez longtemps à se cacher, a été arrêté un des derniers jours du mois de juillet dans une maison du village de Sèvres, aux environs de Paris.