‹ Les hommes de la Commune: biographie complète de tous ses membresChapitre 7 sur 58 · ARTHUR ARNOULD · texte numérisé non relu

ARTHUR ARNOULD

4» arrondissement. — 8,608 voU.

Le nom d'Arthur Arnould est connu dans la

Î tresse; ses campagnes dans la Marseillaise contre 'Kmpire l'ont rendu populaire. C'est un homme intelligent, à l'œil vif, au front élevé, qui eut été dans une Assemblée législative un orateur disert, élégant, agréable à entendre, mais qui n'est ni un homme de principes, ni un homme d'action.

Arthur Arnould, né à Dieuze (iMeurthe), le i3 avril 1833, est le fils d'un professeur de littérature au Collège de France. En sortant du collège à dix-huit ans, Arnould étudia la médecine qu'il délaissa bientôt pour entrer comme employé à riIôtel-de-Ville,

Après la mort de son père (1861), Arthur Amould entra comme secrétaire de la rédaction à la Revue nationale, publiée par M. Charpentier, Revue dont son père avait été un des principaux collaborateurs. Après la Revue nationale, Arthur Amould écrivit à VOpinion nationale, où il accentua son libéralisme, puis à V Epoque avec M. Clément Duvernois, où il tut condamné, vers 1867, à une amende pour difiFamation envers les sergents de ville. Arthur Arnould publia ensuite une sorte de lanterne, la Foire aux sottises, petit pamphlet illustré, à propos duquel il eut quelques démêlés avec la censure. La politique d'Arthur Arnould s'aigrit de ces taquineries, et q.uand il écrivit à la Presse libre, il se rallia hautement à la gauche tout en restant très hostile aux socialistes. Son entrée au Rappel marqua une phase ascendante dans le progrès de ses idées, et quand Rochefort fonda avec lui la Marseillaise, A. Arnould devint un radical absolu et un socialiste convaincu , d'autant plus fanatique et intolérant qu'il avait à se faire pardonner, par son nouveau parti, ses tâtonnements et ses attaques d'autrefois.

11 eut à subir plusieurs jours de prison pour un article de la Marseillaise, et se crut depuis un martyr de la cause républicaine. Arnould fonda avec les anciens rédacteurs du journal de Rochefort une feuille assez insignifiante, le Journal du Peuple, et après la révolution du 4 septembre il écrivit à VAvant- Garde.

La popularité que lui donna ce journal si répandu le fit porter aux élections de l'Assemblée, où il obtint un nombre honorable de voix.

Lors de l'élection de la Commune, il fut nommé par le 4® arrondissement, dont il avait été un des adjoints pendant le siège. Membre de la Commission des relations extérieures , il passa ensuite dans la Commission des subsistances. Il a voté contre la

validation des élections à la majorité absolue des votants, et contre'le Comité de salut publie.

D'une nature impressionnable, peu fait pour la politique d'action, A. Arnould a d'abord été à la Commune partisan de toutes les mesures violentes. Mais il s'effraya bientôt de la responsabilité qui lui incombait, et devint plus modéré, surtout depuis la pid)licité des séances. A. Arnould prenait la parole dans les discussions de peu d'importance^ il se réservait pour les lieux communs. En un mot, il disait de grandes choses dans de petites discussions, ce gui n'était pas sans habileté, il a parlé pour l'abolition du secret et a prononcé à ce propos des paroles d'une éloquence réelle.

En. résumé, A. Arnould était un littérateur et non on homme politique.

Arthur Arnould qu'on a dû être bien étonné de voir rester si longtemps dans la Commune d'où son intelligence et sa moctération auraient dû l'écarter dès le premier jour, est certainement resté étranger i toutes les mesures violentes et cruelles exécutées par ordre d'une partie de cette assemblée. On n'îj point de renseignements certains sur le sort d'A. Arnould, mais on suppose qu'il s'est enfui en Angleterre peu de temps après l'entrée des troupes.

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