‹ Les hommes de lettres au 18e siecleChapitre 3 sur 186 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Disons d'abord, pour prévenir toute méprise, qu'il ne s'agit ici ni de critique, ni d'histoire littéraire : les objets que nous avons envisagés dans notre étude sont d'ordre moral, surtout d'ordre social.

On sait très bien que la condition des hommes de lettres s'est relevée au xviii® siècle. Mais, à travers quelles difficultés et comment ce progrès s'est accompli, c'est, nous a-t-il semblé, ce que l'on n'a pas examiné d'assez près.

On paraît disposé à croire qu'il est dû au cours inaperçu des choses ou, si l'on veut, au développement de la culture générale. Et il est vrai, en effet, que des circonstances heureuses n'ont pas peu contribué à le favoriser. Pourtant on ne s'avise pas assez, à notre sens, que les hommes de lettres ont été alors dans une large mesure les artisans du relèvement de leur fortune. Ils ne suivirent pas sans doute un plan concerté ; sans doute il y eut entre eux des divisions. Mais, malgré les rivalités d'amour-propre, malgré les querelles personnelles, malgré les disputes de secte et d'école, ils ont, avec une conscience plus ou moins claire, visé un but commun : ils ont cherché à former, sinon une classe, du moins un

Pellisson. 1

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