PRÉFACE IX
sionné de semer la liberté et le droit en cette terre ardente, stérilisée par Fombre du moine. La vie et la mort de Rizal sont à coup sûr un des épisodes les plus émouvants de l'histoire des hommes. Il se pénètre en Europe de toute la science moderne : il revient aux Philippines non pour les soulever, mais pour tenter auprès de leurs maîtres un suprême effort pour ouvrir leur esprit aux nécessités nouvelles. Mais il est saisi, jugé, fusillé : et avant de mourir, dans la nuit même qui précède son supplice, pendant que sa fiancée pleure agenouillée près de la porte de sa cellule, il écrit une poésie admirable où Tamour de la liberté se confond avec je ne sais quelle adoration panthéistique de la terre et du ciel. Turot a eu raison de nous donner le détail de ce drame : la vie et la mort de Rizal laissent dans les âmes une sorte de frisson sacré, et il paraît impossible que le peuple qui a suscité de tels dévouements, ne soit pas enfin libre.
Mais quelle ironie cruelle dans les événements! La guerre éclate, à propos de Cuba, entre les Etats-Unis et l'Espagne. Les Philippins peuvent croire que le moment est venu pour eux de l'indépendance nationale. Les Etats- Unis semblent d'abord les encourager. Mais