‹ Les hommes de révolution Aguinaldo et les PhilippinsChapitre 4 sur 33 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Les héros obscurs. — Aguiualdo. -~ Ses orip;ines et sa naissance. — Les races aux Philippines. — Tagals et Japonais. — La jeunesse d'Aguinaldo. — Sa popularité. — - Aguinaldo et Washington.

Depuis bientôt deux ans nous assistons au spectacle le plus tragique et le plus passionnant qu'il soit possible d'imaginer : la lutte étrange et sans merci d'un petit peuple pauvre, mal armé, décimé par de longues insurrections et une guerre récente, contre une grande République qui peut lever sur son sol des milliers de combattants et sortir de son trésor des millions de dollars,

Et il se trouve, qu'après de longs jours de continuelles alarmes et de combats acharnés, c^est la grande République qui paraît lasse et découragée, tandis que le petit peuple semble plus alerte, plus yaillant, plus entêté que jamais dans sa yolonté de Yivre indépendant.

Si bien qu'on se reprend à espérer dans la justice immanente des choses et qu'on se croit mieux fondé à affirmer que le sentiment d'une juste cause peut donner aux hommes qui la défendent l'héroïsme et l'endurance nécessaires à venir à bout des pires obstacles, à résister aux plus formidables assauts.

Que de dévouements obscurs, que de héros inconnus auxquels l'histoire, toujours injuste, n'apportera môme pas, hélas! l'aumône d'un peu de gloire. Combien de vaillants et modestes soldats de la liberté seront tombés sur les champs de bataille, sans que jamais leurs noms puissent être vénérés par les générations futures. Combien auront arrosé de leur sang le sol de la patrie, combien auront jusqu'à la mort, lutté pour l'indépendance de leur pays, qui resteront ensevelis dans l'éternel oubli.

C'est à ceux-îà, c'est à cette foule anonyme des prolétaires philippins^, c'est à toutes ces victimes du devoir accompli que veulent aller au début de cet ouvrage, notre salut fraternel, notre hommage respectueux.

Quelle que soit l'issue de la lutte présente, leurs efforts n'auront pas été vains.

Sans doute nous sommes loin d'en avoir fini avec de telles aventures et bien des pages de rtiistoire de l'humanité seront vraisemblablement encore déshonorées par le récit des crimes commis contre les peuples épris de liberté. Pourtant les opprimés auront tour à tour donné au monde de tels exemples de vaillante opiniâtreté; Cretois, Cubains, Philippins et Boers auront fait payer- si cher aux agresseurs une victoire tardive, que peut-être ils éviteront à d'autres les mêmes périls et les mêmes épreuves.

Aussi est-ce un devoir, pour ceux auxquels une heureuse fortune permit d'être témoins, de faire connaître et les faits trop souvent ignorés, et les hommes qui méritent certes mieux qu'un vague et confus souvenir.

Tel est, ainsi caractérisé en quelques mots, le but de ce modeste livre où j'essaierai de rappeler les grandes lignes de Flnsurrection des Philippines, de la guerre engagée contre les Etats-Unis et de faire ressortir, parmi la complexité des événements, la grande et noble figure d'Aguinaldo.

Tous les lecteurs en savent déjà certainement assez pour éprouver à l'égard de l'infatigable révolutionnaire une sympathie profonde : mais à mieux le connaître ils apprendront encore à Taimer davantage.

Innombrables sont les hommes célèbres dont on ignorera toujours sans doute le vrai pays d'origine et la date exacte de naissance : presque inévitablement des polémiques s'élèvent à ce sujet et les historiens sont le plus souvent condamnés à demeurer incertains devant les documents contradictoires.

Alors qu'on peut facilement, d'ordinaire, établir la filiation d'un simple citoyen, dire en quelle ville ou en quelle bourgade il vit le jour, fixer l'époque certaine de sa naissance, on se heurte tout à coup à des difficultés sans nombre si ce citoyen devient fameux. Aussitôt il est revendiqué par plusieurs cités et, la légende s'en mêlant, on finit bientôt par se débattre en pleine obscurité et confusion.

Emilio Aguinaldo y Famy ne semble pas devoir échapper au sort ainsi réservé à tant de personnages illustres.

D'aucuns le font naître à Imus (province dé Cavité, en 1871 : d'autres à Kauit le 22 mars 1869. Les uns disent qu'il est de pure race tagale, les autres déclarent qu'il est métis d'Espagnol et de Tagale. Ces derniers cessent toutefois de s'entendre sur la qualité de son père : c'était un général, disent quelques-uns : c'était un jésuite, déclarent quelques autres.

La vérité est beaucoup plus simple et voici les renseignements que j'ai recueillis aux Philippines, chez des Tagals amis intimes d'Aguinaldo :

Don Emilio Aguinaldo y Famy est né le 29 mars

1869 dans le bourg de Kauit, province de Cavité (Iles Philippines).

Son père, don Carlos Aguinaldo, était principal de ce bourg et y exerçait les fonctions de première autorité locale et municipale; sa mère se nommait Trinidad Famy, C'étaient de riches cultivateurs très honorés et respectés de leurs voisins.

Aucun événement notable ne signala la jeunesse du héros philippin, sinon la variole dont il souffrit à rage de deux ans; pendant cette maladie il reçut i€S soins vigilants de son père qui, prophétiquement, disait son fils destiné par Dieu à donner de la gloire aux Philippines.

Aguinaldo commença à étudier à Técole publique de son pays natal; il continua à l'Ecole normale de Manille, dirigée par les jésuites. Il ne put malheureusement terminer ses études, car ses parents avaient subi des revers de fortune et il se voyait obligé, très jeune encore, à gagner sa vie. 11 voyagea, portant des marchandises d'un point à un autre, traversant des mers orageuses en de fragiles Paraos. Navigateur intrépide, rompu à la lutte contre les éléments, dès sa jeunesse son âme devait acquérir ce tempérament d'acier et ce désir de grandeur qui se traduisent dans ses actes quand il agit de lui-même.

Au physique, Aguinaldo présente bien les traits caractéristiques du type tagal : les cheveux en brosse, noirs, épais et durs, le teint olive, les yeux

légèrement en amande, les sourcils arqués, le nez un peu épaté, les lèvres épaisses, on retrouve chez lui Torigine malaise de tous les individus de sa race : et rien ne saurait mieux nous préparer à l'étude de ce caractère qu'une courte mais indispensable digression sur les questions de races aux Philippines. A cet égard j'ai trouvé des indications précieuses dans un volume fort rare, édité en 1781, et dont Fauteur, M. Le Gentil, fut, eu 1761, chargé par l'Académie royale des Sciences d'une mission dans les mers des Indes « à l'occasion du passage de Vénus sur le disque du Soleil )).

M. Le Gentil a passé de longs mois aux Philippines et il s'est renseigné avec- grand soin aux meilleures sources : nous pouvons donc accepter ses conclusions avec quelque confiance.

D'après lui, on peut réduire à trois classes différentes les habitants que les premiers conquérants espagnols rencontrèrent aux Philippines en y abordant (1521).

La première classe était composée de ceux qui gouvernaient comme seigneurs absolus : ceux-là étaient policés à leur façon. La seconde classe était constituée par de noirs et barbares montagnards. La troisième classe n'était ni si barbare ni si policée, comprenant des gens paraissant aimer le commerce et vivant de préférence dans les plaines.

Tous les vieux historiens castillans présument que les différents peuples habitant les îles tirent

leur origine des diverses nations qui les environnent.

« En effet, ajoute M. Le Gentil, si on considère les traits du visage de ces insulaires, la forme de leur corps, leur maintien et leur couleur, on y croit Toir les marques évidentes de métis japonais, chinois et d'autres de race indienne ou malabarde : c'est une chose de fait que j'ai bien examinée. »

Signalons en passant une singulière affirmation rapportée par un religieux franciscain, origine probable d'une légende qui a couru le monde, celle des hommes à queue.

« On assure, dit ce franciscain, qu'il y a dans Vile de Mindoro une caste d'hommes qui ont une petite queue comme les singes : plusieurs religieux en furent témoins et Font assuré; et il n'y a pas longtemps qu'à notre contre-côte de Valer on trouva une femme qui avait une queue comme me l'a affirmé le missionnaire qui était présent : on n'a jamais pu vérifier l'origine de cette caste, si ce n'est qu'elle est de race juive. »

Il va sans dire qu'on ne peut accorder la moindre créance à cet étrange racontar du religieux franciscain, qui ne peut certifier l'existence de ces hommes et de ces femmes à queue, mais qui n'en affirme pas moins le plus sérieusement du monde leur origine judaïque.

Je ne l'enregistre que pour fixer, je le répète, le point de départ probable d'une légende qui a fait son

chemin, car sur tous les continents nouvellement explorés certains voyageurs ont cru voir, eux aussi, des hommes à queue.

Revenons maintenant à de plus sérieuses constatations. M. Le Gentil signale deux sortes principales de m élis, les métis provenant de l'union d'un Chinois et d'une Indienne, les métis provenant d'un Japonais et d'une Indienne.

Ces dernières unions durent être manifestement très fréquentes, car on est frappé, en arrivant aux Philippines, de la ressemblance des indigènes avec les Japonais.

Il y a entre les uns et les autres, non seulement des analogies physiques, mais aussi de caractéristiques affinités morales : cela explique la sympathie très grande qui unit les deux peuples et qui se manifesta de part et d'autre pendant tout le cours des récentes insurrections et de la guerre actuelle. A maintes reprises les Philippins envoyèrent des émissaires au Japon pour essayer d'obtenir une intervention.

Les hommes d'Etat japonais ne se crurent pas en mesure de lutter directement avec les Etats-Unis, mais Aguinaldo n'a peut-être pas encore tout à fait renoncé à l'espoir d'obtenir satisfaction de ce côté et il compte, avec quelque raison, sur la pression de l'opinon publique au Japon.

Japonais et Tagalsont en tous cas une commune origine, car les uns et les autres descendent des

Malais : c'est du moins une conviction bien arrêtée chez les Tagals. Une tradition est établie chez eux de père en fils, savoir que les Malais passèrent à Bancé et que de Bancé, ils sont allés peupler Manille et son district, qu'ils prirent le nom de Tagalog, Tagalog étant le même motque Tagag-log, ce qui signifie en malais « habitants sur les bords d'une rivière ».

Et puisque nous sommes en train de fixer des étymologies, signalons aussi celle de llle de Luçon.

Cette appellation, d'après certains auteurs espagnols, lui aurait été donnée par les Chinois et les Japonais qui commerçaient aux Philippines avant l'arrivée de Magellan. Ces auteurs expliquent ainsi l'origine du mot : « La nourriture des gens du pays est le riz cuit dans l'eau sans autre assaisonnement : on Tapprête tous les jours à chaque repas et les insulaires ne pilent que ce qu'il leur en faut quotidiennement ; ils se servent pour cela de mortiers de bois qu'ils appellent en leur langue c< lofongs ». Ces mortiers sont si communs qu*on ne voit pas une petite case sans qu'il y en ait plusieurs. Les premiers navigateurs qui ont abordé à Manille ayant vu une si grande quantité de ces pilons auront sans doute demandé comment cela s'appelait, et sur la réponse des insulaires, ils auront baptisé les îles, Iles des Lofong ou Luzons par corruption. »

Je me garderai bien de reprendre pour mon compte et d'accueillir sans réserve une déduction

aussi fantaisiste : mais il en est de cette étymologie comme de beaucoup d'autres : les explications données sont pres(}ue toujours plus ou moins étranges et celle-là en vaut une autre.

Nous Yoici bien loin d'Aguinaldo» semble-t-il, et pourtant nous avons pu faire en chemin quelques constatations utiles. Nous avons établi que dès le xvi^ siècle, les Tagals constituaient une caste relativement policée, en tous cas indépendante. Jamais ils ne furent esclaves, et on comprend avec quelle impatience ils supportèrent le joug espagnol et la tyrannie des moines.

xiguinaldo paraît donc avoir Famé d'un révolté, sur laquelle ne pesait point Finfluence néfaste d'une servitude atavique. Et cela a son importance. Les anciens esclaves, les descendants d'esclaves ont toujours plus de difficultés à redresser l'échiné : j'en eus l'impression très forte, lors de mon séjour au Cambodge, par exemple.

Les Cambodgiens sont de beaux hommes, grands, bien découplés et forts. Ils ont les cheveux coupés ras et Tallure virile, ce qui fait un contraste frappant avec les Annamites minuscules, à l'aspect efféminé, aux longs cheveux roulés en chignon.

Et pourtant les Cambodgiens ont des attitudes serviles; ils prennent sans cesse les postures les plus humbles, le corps profondément incliné et les mains jointes : c'est que, depuis longtemps, ils ont l'habitude de l'esclavage, tour à tour violentés

qu'iis furent par les Siamois et les Annamites.

Ces derniers, au contraire, ont infiniment plus de dignité dans Fattitude, plus de fierté dans le maintien : c'est qu'ils traversèrent des siècles sans se laisser asservir.

Il en va de même pour les Tagals, je le répète, et le long et tragique effort qu'ils viennent d'accomplir pour la sauvegarde de leur indépendance témoigne suffisamment qu'ils appartiennent à la race des hommes libres.

Hélas î nous verrons plus tard ce qu'était devenue la liberté des Philippines entre les mains espagnoles, mais nous constaterons aussi que jamais les insulaires n'acceptèrent avec résignation le sort auquel les condamnait la brutalité des conquérants.

Toujours ils aspirèrent à l'émancipation définitive, et Aguinaldo, plus qu'aucun de ses compatriotes, la souhaitait avec ardeur ; tout jeune il sut montrer quelle était sa hâte d'échapper à toute tutelle.

A vingt et un ans c'était déjà un jeune homme sérieux et vaillant, ce qui le fit choisir comme cabeza de Barangay (électeur) et, à vingt-six ans, il fut, à l'élection populaire, nommé capitaine municipal, chef du village.

En ces différentes charges il montra du zèle, de l'intelligence, de la droiture et surtout un grand amour du bien pubhc. Aussi fut-il très estimé de

ses supérieurs espagnols, très aimé de ses concitoyens, et très mal tu par les moines et les gardes civils qui, toujours, ont été les ennemis des Philippins honorés et intelligents.

A cette époque, la grande société du Katipunan ^ reconnut les excellentes qualités d'Aguinaîdo et le nomma chef de la zone nord de Cavité ; en cet emploi son amour civique gagna promptement plus de relief; il augmenta le nombre des affiliés.

Inutile de dire que les membres du Katipunan étaient en toutes circonstances menacés et persécutés par les autorités civiles et religieuses : à peine affilié, Aguinaldo eut à subir des vexations auxquelles il résolut d'échapper par l'exil et il alla s'installer à Hong-Kong au milieu d'un important groupe de jeunes hommes, qui avaient presque tous fait en Europe de fortes études et rapportaient, de leur séjour en Occident, la yolonté opiniâtre de conquérir la liberté ou de mourir pour elle.

C'est dans ce cercle dliqmmes jeunes, instruits^ enthousiastes, qu'Aguinaldo put achever son éducation morale et intellectuelle : c'est là qu'il put se former une âme très vaillante et un caractère très ferme, et qu'il se prépara au rôle prépondérant que devaient lui assigner les circonstances.

Nous allons le voir à l'œuvre ; nous pourrons le

1, Sociéié de franc-maçonnerie.

juger à loisir par ses actes, par ses écrits et au far et à mesure que nous avancerons dans cette étude, nous comprendrons mieux la popularité sans bornes dont il jouit et nous verrons se justifier l'apologie un peu pompeuse mais vraiment très méritée que faisait, au lendemain de la proclamation de l'Indépendance, la RepuUica Filipina.

L'article est intitulé : « Washington et Aguinaldo » ; il mérite d'être reproduit :

« Aujourd'hui, dit le journal philippin, commence pour les Philippines une nouvelle ère : aujourd'hui l'on proclame leur indépendance. A l'occasion de cette fête civique, symbole de notre liberté conquise, couronnement de nos efforts, dans ce jour-ci, peuple, ouvre tes bras pour embrasser tous les autres peuples.

» Peuples ! Nous sommes vos frères I

» Une figure géante pour ses grandes vertus apparaît aujourd'hui sur le Sinaï de la grandeur avec cette majesté olympienne, avec cette grandeur du libérateur. C'est Emile Aguiaaldo.

■>■) Hosanna ! Hosannal Ce fut lui qui leva à Cavité le drapeau de la Liberté ; qui groupa autour de lui les enfants de la révolution; qui raffermit les esprits de tous ceux qui avaient conscience de la dignité du citoyen ; qui inaugura devant le monde entier notre histoire et qui, avec son sang, traça dans les premières pages une véritable épopée.

» mânes de nos morts, aujourd'hui le chœur

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de nos hosannas se confond avec le vôtre, ià sur les hauteurs.

>:> Lorsque le tourbillon des passions sera calmé et que Fimpartialité, la sérénité du jugement auront pris le dessus , Thistoire placera le nom d'Aguinaldo à côté de celui du fondateur de la grande fédération américaine, Georges Washington. La gloire des deux est pareille : leurs qualités morales ont beaucoup de ressemblance, de même que leur modération dans les assemblées politiques.

» C'est pour cela que dans Tapothéose d'aujourd'hui ils nous apparaissent Tun à côté de l'autre ayant à leurs pieds le temps et autour de leur front une espèce d'auréole, le reflet du sourire de Dieu.

» L'un et l'autre sont issus de famille très modeste. Tous les deux ont senti depuis leur jeunesse les frémissements d'un patriotisme sans bornes et si le génie n'a pas marqué de son aile les pensées de Washington et celles d'Aguinaldo, tous les actes, cependant, de leur vie s'inspirent à une praticité et à une intégrité qui satisfont aux exigences de leur mission. Il est difficile de mener à bonne fin une entreprise héroïque sans trébucher jamais, sans qu'il y ait un crime, sans commettre une faute quelconque, en n'ayant d'autre ambition que le bonheur de la patrie et sans autre satisfaction que celle du devoir accompli.

» Tous les deux ont été mus par leur patrie-

tisme. Qu'importe que les connaissances scientifiques de Wasiiington aient été des plus médiocres, de même qu'elles sont fort restreintes chez Aguinaldo ? Et que tous les deux sont modestes 1 La destinée les a placés bien haut, au-dessus de deux grands peuples et cependant pas la moindre vanité.

» Washington a mené à bonne fin une guerre juste avec l'aide de la France et de l'Espagne : Aguinaîdo a achevé une autre guerre aussi juste que la première avec l'aide de la République Nord- Américaine.

)) Philippins, groupons-nous et ainsi groupés demandons au ciel qu'enfin brille Tiris de paix sur cette patrie chérie. »

Le morceau a de l'allure, malgré son style un peu trop ampoulé : il témoigne en tous cas de l'enthousiasme que sut soulever Aguinaîdo autour de lui, et de la confiance qu'il inspire à ses partisans. Aurait-il pu sans cela entreprendre et faire durer si longtemps la lutte gigantesque dont nous allons essayer de retracer ici les phases les plus importantes ?

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