‹ Les hommes de révolution Aguinaldo et les PhilippinsChapitre 5 sur 33 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Courte histoire des Philippines. — La découverte par Magellan en 1521. — Invasion des ordres religieux. — La tyrannie des moines. — Leur révolte contre l'autorité civile et les archevêques. — Anarchie qui en résulte. — Nombreuses insurrections. — L'île de Mindanao. — Difficultés de la conquête. — Les juramentados.

On ne saurait pénétrer brusquement dans l'histoire des Philippines à l'époque précise qui nous intéresse le plus, et force nous est, pour bien comprendre les événements contemporains, de revenir en arrière et de rappeler, le plus hâtivement posi-Me, les grandes lignes de l'occupation espagnole depuis l'arrivée de Magellan jusqu'à l'explosion dernière qui coûta à l'Espagne la perte de sa plus belle colonie.

En parcourant, sans trop s'attarder, la suite des événements nous y découvrirons d'ailleurs les causes lointaines de la dernière insurrection, et les

motifs de l'instabilité d'une domination qui remplaça toujours la véritable énergie par la violence, la force et la fermeté par la brutalité et l'exaction. C'est le 10 mars 1521 que Magellan, en venant des Mariannes, aperçut les îles auxquelles il donna d'abord le nom de Saint-Lazare : il débarqua à Mindanao et y planta la croix de pierre par laquelle il prenait possession de la Terre nouvelle.

Quelques semaines après, Magellan et ses compagnons furent massacrés par les naturels de ille de Mactan.

Cinq expéditions successives, organisées par les Espagnols, eurent le même sort et pendant quarante ans la mauvaise fortune resta fidèle aux armes des conquérants.

Mais en 1564 une sixième escadre, placée sous les ordres de Lopez de Legazpi partit du Mexique et aborda à Gébu le 27 avril 1565.

Plusieurs années, Lopez de Legazpi travailla à étendre sa domination : en 1571 seulement il devint maître de l'île de Luçon et y jeta les bases de la ville qui fut Manille.

Bientôt les Espagnols eurent à lutter contre des coups de main organisés par les Cliinois.

En 1574, un pirate nommé Li-ma-hou essaya de s'emparer de Manille avec deux mille Chinois : ils furent mis en déroute.

En 1603, un nouveau complot fut tramé par les Chinois qui rêvaient d'exterminer tous les Euro-

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péeEs et de s'emparer des îles. Le complot fut dénoncé par une femme tagale mariée à un Chinois et la répression fat terrible. Tous les Espagnols, aidés des Tagals, se ruèrent sur les Célestes et plus de vingt mille d'entre eux périrent dans cet affreux carnage. On signale encore, en 1636, une troisième insurrection chinoise qui, elle aussi, fat noyée dans des ruisseaux de sang.

Entre temps, Manille eut à se défendre contre un coup de main des Japonais et en 1609 contre une tentative de débarquement des Hollandais ; et la prospérité de la ville n'aurait cessé de grandir si, dès cette époque, n'avaient éclaté, entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux, des dissentiments qui se manifestèrent souvent d'une façon tragique.

Lorsque les Espagnols eurent découvert les Philippines, le pape, qui disposait alors à son gré de toute la terre découverte et à découvrir, donna au roi d'Espagne les îles nouvellement trouvées, mais à une condition, savoir : que Sa Majesté planterait et entretiendrait à ses frais dans les îles la religion catholique. Vous pensez si religieux de tous ordres tinrent à faire exécuter au pied de la lettre la bulle pontificale : innombrables furent les pieux émigrants qui se précipitèrent à la curée.

Les premiers furent les Augustins qui arrivèrent en 1565, y fondèrent de nombreux couvents et fournirent des sujets à plus de cinquante cures dans la «eule province de Manille.

LgkS Pères de la Compagnie de Jésus parurent aux Philippines en 1581 : ils s'y multiplièrent rapidement, eurent bientôt huit collèges répandus dans les îles et desservirent une trentaine de cures. Mais, par mille intrigues et manœuvres sournoises, les Augustins finirent par les obliger à disparaître, à rentrer à la métropole et ils héritèrent de leurs dépouilles.

Les Dominicains fondèrent une maison à Manille en 1587 : bientôt elle renferma une cinquantaine de religieux et fournit des desservants à une douzaine de cures.

Les Récollets arrivèrent à leur tour en 1605 et bâtirent un superbe couvent où plus de deux cents religieux pouvaient vivre à Taise.

L'ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu eut permission du roi en 1627 d'envoyer des religieux à Manille. Enfin les Franciscains déchaussés parurent en 1677 et se multiplièrent eux aussi avec une prodigieuse rapidité.

Tous ces ordres se partagèrent les provinces et y régnèrent bientôt en maîtres souverains et M. Le Gentil, dont j'ai déjà cité le témoignage, s'exprime à ce sujet avec une prudence qui n'exclut pas une certaine franchise :

« Si le gouverneur est absolu aux Philippines, dit-il, les ordres religieux y forment un corps qui n'est pas moins puissant; maîtres des provinces, ils y gouvernent pour ainsi dire en souverains ; ils sont

si absolus qa'aucun Espagnol n'ose aller s y établir; s'il voulait le faire, il n'y arriverait qu'après avoir surmonté de grandes difficultés et levé les plus grands obstacles ; mais il serait toujours en guerre, les moines lui feraient tant de chicanes, lui chercheraient tant de disputes, lui susciteraient tant d'affaires, qu'à la fin il serait forcé de s'en aller; de cette façon, les Pères restent les maîtres du terrain et ils sont plus absolus aux Philippines que n'est le roi lui-même.

)) En 1*763, un alcade de Manille, zélé pour le bien public, avait fait élargir un chemin royal à 2 ou 3 lieues de la ville et fait planter des arbres sur les bords, des deux côtés, ce qui faisait un très bel effet et facilitait l'apport des denrées à Manille ; les Pères de la Compagnie intentèrent d'abord un procès à l'alcade et, voyant que l'affaire ne tournait point à leur avantage, firent abattre les arbres par les Indiens et rétablirent le chemin comme il était auparavant : on dut s'incliner.

» Selon une ordonnance du roi, renouvelée plus de cent fois, il était ordonné aux religieux d'enseigner le castillan aux jeunes Indiens; mais jamais Sa Majesté ne fut obéie et jamais cette ordonnance ne fut exécutée. On voit des écoles publiques a une demi-iieue de Manille, mais on se garde bien de leur apprendre le castillan ; la langue principale que Ton veut qu'ils parlent bien et lisent bien, c'est la langue de leur pays. Aussi allez à une lieue de

Manille, on ne vous entend presque plus si vous ne parlez la langue du pays; c'est encore pire dans les provinces.

» De cette façon les moines sont les maîtres des Indiens; un grand abus, qui suit de là, est que les Espagnols même ne peuvent prendre aucune connaissance de Tétat de ces provinces; il n'y aurait pas de sûreté pour eux de voyager s'ils n'étaient connus des religieux et s'ils ne portaient pas avec eux des recommandations de ceux de Manille; ces recommandations sont infiniment préférables aux ordres que le gouvernement pourrait donner aux alcades ou à ces religieux : ceux-ci ne les recevraient probablement point et les alcades, qui ont eux-mêmes besoin de se ménager les moines, ne répondraient que faiblement aux ordres du gouverneur.

» Avec toutes les recommandations possibles, il arrive encore que le moine chargé de la peuplade par où vous voyagez vous laisse rarement parler seul aux Indiens. Lorsque vous parlez en sa présence à quelque Indien qui entend un peu le castillan, si ce religieux trouve mauvais que vous conversiez trop longtemps avec ce naturel, il lui fait entendre dans la langue du pays, de ne point répondre en castillan, mais dans sa langue. L'Indien obéit et si vous n'êtes pas au fait de cette pratique, n'ayant point compris ce que le religieux a dit, vous ne devinez pas sa politique. »

Telles sont les constatations que fit, en 1761, un voyageur français : la situation n'avait point changé plus de cent ans après, car les mêmes choses me furent racontées lors de mon récent passage aux Philippines.

Non seulement, d'ailleurs, les moines étaient complètement insurgés contre les pouvoirs civils, mais ils ne reconnaissaient pas davantage l'autorité de l'archevêque de Manille, qui s'est toujours vu refuser par eux le droit de visite.

En 1767 l'archevêque Roxo, quoique devenu gouverneur et capitaine général des îles, ne put soumettre les moines : il écrivit au roi que les brefs du pape, les cédules de Sa Majesté seraient toujours sans force et sans vertu et que le seul moyen de parvenir à régler cette affaire était d'ordonner spécialement au général de chaque ordre en Europe de mander à leurs moines d'admettre la visite de l'archevêque. Cette lettre n'eut, bien entendu, aucun résultat.

Le successeur de Roxo, à son arrivée à Manille, écrivit à toutes les communautés qu'il se disposait à visiter son diocèse et qu'il s'était muni à cet effet des plus grands pouvoirs. Il avait bulles, brefs du pape et ordres de la Cour. Les moines n'en persistèrent pas moins à lui refuser le droit de visite.

Nous voyons ainsi les moines en révolte ouverte, d'une part contre les gouverneurs et les divers représentants de l'autorité civile ; d'autre part contre

rarchevêque de Manille. Pour augmenter encore Fanarcliie que produisait nécessairement un pareil état de choses, il y avait aussi lutte presque continuelle entre le gouverneur et Farctievêque.

Tantôt c'était le gouverneur qui, maître de l'audience royale, faisait emprisonner Tarclievêque; tantôt c'était, par ordre de l'Inquisition, le gouverneur qui était arrêté et envoyé prisonnier à Mexico.

En 1719 il y eut des faits plus graves encore. Le 11 octobre de cette année des conjurés partirent du couvent des Augustins et allèrent directement au palais où ils trouvèrent le gouverneur sans gardes. Un des conjurés le frappe d'un coup de couteau, un autre l'achève d'un coup de poignard tandis qu'un religieux exhortait à la mort la malheureuse victime.

Le fils du gouverneur était alors à la citadelle; ayant entendu du bruit et ayant vu beaucoup de monde dans la rue, il monte à cheval et Yole au secours de son père ; il est arrêté et tué par les premiers séditieux qu'il rencontre.

Ces deux assassinats accomplis, l'archevêque s'empressa de se faire proclamer gouverneur par ceux dont il avait armé la main.

Quelques années plus tard, un autre gouverneur, M. Arandia, fut empoisonné par un religieux franciscain qui s'en vanta hautement (1*759).

C'est en cet état de division que les Anglais

trouvèrent les Philippines lorsqu'en 1762 lis vinrent mettre le siège devant Manille.

Le 22 septembre ils pénétrèrent dans la baie; le 9 octobre suivant, Manille était prise et livrée au pillage.

Tandis que rarcbevêque Roxo restait à Manille et mettait son autorité au service des vainqueurs, le lieutenant-gouverneur Anda se jeta dans les provinces et soutint pendant quinze mois une guerre sans répit contre les Anglais, qui étaient sur le point d'être chassés quand fut signée la paix entre l'Espagne, et l'Angleterre.

Cette même année les Chinois se soulevèrent de nouveau tt furent massacrés par milliers; ceux qu'on épargna furent exilés en masse.

Et maintenant, à partir de cette époque, les insurrections vont se succéder les unes aux autres rendant de plus en plus précaire la domination espagnole. L'oppression qui pesait sur la colonie devenait de plus en plus intolérable et les indigènes se plaignaient par-dessus tout de la tyrannie du haut clergé et des ordres monastiques.

Les Philippines nourrissaient le clergé le plus nombreux du monde; les congrégations avaient dé-pouillé les indigènes de la plus grande partie du sol et prélevaient sur les cultivateurs des redevances écrasantes, alors qu'elles-mêmes échappaient aux impôts. Ceux des Philippins qui avaient acquis de l'instruction se trouvaient aux prises avec une

censure qui perpétuait les vexations de l'Inquisition. Ajoutez à cela les malversations des fonctionnaires, les abus de pouvoir, les dénis de justice et vous comprendrez combien durent être nombreux les soulèvements insurrectionnels.

Les plus ardents furent ceux de 1812, 1820, 1823, 1837, 1843, 1848, 1872, 1880, 1887, 1891, 1894.

En 1823, c'est le choléra qui fournit aux colères indigènes l'occasion de se déchaîner. Il y eut une véritable Saint-Barthélémy des étrangers et le sang coula à flots dans les rues de Manille.

L'insurrection de 1837 fut très importante : elle était dirigée par le pâtre Apolinario de la Cruz, soi-disant pape des Philippines et roi des Tagals, lequel fit croire à ses partisans que la Yierge était sa maîtresse et que de ces amours devait naître le premier empereur philippin.

L'insurrection dura près de quatre ans : Apolinario, enfin vaincu, fut fusillé avec deux mille de ses compagnons.

En 1872, l'insurrection ne fut pas moins terrible et l'Espagne dut envoyer aux Philippines des troupes de renfort pour remplacer les troupes indigènes, qui avaient fait cause commune avec les insurgés. Des religieux furent compromis et trois moines durent être fusillés.

Les campagnes de 1880, 1887, 1891, et 1894 auxquelles collaborèrent les généraux Correro, Weyler et Blanco eurent toutes pour but la con-

quête si difflcile des îles de Mindanao et de Jolo.

II faut croire que pareilles expéditions étaient fructueuses, car on n'a pas oublié quelle fortune le général Weyler, le conquérant tortionnaire de Cuba, rapporta de son passage aux Philippines.

Weyler avait passé trois ans dans ce commandement et son traitemeat annuel était de 200,000 francs. Sur cette somme, d'assez lourdes dépenses s'imposaient : ce qui n'empêcha pas l'intègre général de déposer à son retour, tant dans les banques de Londres que dans celles de Paris, une somme que ses compatriotes estiment à 12 ou 15 millions de francs.

Toucher 600,000 francs en trois ans et économiser 15 millions : c'est là un de ces tours de force que seul un fonctionnaire espagnol pouvait réaliser.

Si encore Weyler avait réellement obtenu la soumission de Mindanao, l'Espagne aurait pu fermer les yeux sur les profits accumulés par le vainqueur : mais jamais Tile de Mindanao ne fut réellement conquise. Cette résistance de Mindanao pendant plusieurs siècles vaut d'ailleurs d'être racontée.

L'île de Mindanao forme à elle seule un véritable petit empire. Hérissée de montagnes inaccessibles, couverte de rochers volcaniques, coupée de gorges infranchissables, elle forme, parla nature même de son sol, une sorte d'antre impénétrable dans îeque 1 nulle force civilisée n'a pu jusqu'ici s'aventurer.

Une partie des habitants, notamment la confédération des Illanos, descendants des anciens Maures, ont conservé le caractère farouche et indomptable de leurs ancêtres; ils ont gardé les mœurs et les coutumes des tribus guerrières, un sultan est à leur tête.

Aux îles Jolo et Soulou se trouvent également des Maures, aux instincts non moins féroces et qui, de tout temps, pratiquèrent la piraterie.

Tout ce que purent faire les Espagnols, ce fut d'établir un fort à Sambanangam, dans une baie de .Mindanao, mais ils ne purent jamais étendre leur domination sur l'intérieur. En 1639 pourtant, ils furent sur le point de réussir, mais à cette époque eut lieu à Manille un soulèvement des Chinois. Les Espagnols durent quitter Mindanao pour courir au secours de leur capitale. Le sultan en profita pour démolir le fort, s'emparer des canons et renvoyer les moines ; et la piraterie put alors se développer de plus en plus.

Comme leurs coreligionnaires d'Algérie avant 1830, longtemps lesMoros écumèrent les détroits de la Sonde et de San Bernardino, razziant les villages chrétiens soumis à l'Espagne, capturant hommes et femmes, les uns pour ensemencer leurs rizières et pêcher l'huître perlière, les autres pour peupler leurs harems.

Une expédition fut organisée contre eux en 1849 : mais elle n'eut aucun résultat. En 1858, la reine

d'Espagne espéra mettre fin à la piraterie en payant tribut au sultan de Soulou : Tillusion fut de courte durée, et, en 1876, on dut de nouveau faire campagne contre les redoutables indigènes Cette fois le sultan fut vaincu et dut permettre l'occupation de Soulou, sa capitale.

Mais dans cette ville jamais les Espagnols ne furent en sécurité, tant était irréductible la haine de ces maliométans. La secte des Juramentados était surtout terrible : elle se composait de fanatiques qui se vouaient à une mort certaine en faisant vœu de tuer autant de chrétiens qu'ils en rencontreraient. Leurs prêtres, au préalable, leur assuraient une entrée d'emblée au paradis de Mahomet s'ils succombaient en accomplissant l'œuvre de sang.

Le docteur J. Montano, chargé en 1886 par le ministre de l'instruction publique d'une mission scientifique aux Philippines, fut témoin, à Soulou, des tristes exploits de plusieurs de ces juramentados.

c< Je me trouvais, a-t-il raconté, sur la place du Marché, lorsque j'entends des coups de fusil, puis des cris confus, puis, plus rien, un silence de mort; le marché se vide et je me trouve seul sur la place déserte, à quelques pas de deux factionnaires qui s'adossent à une case en armant leurs remingtons. A ce moment, une femme accourt, échevelée, suivie d'un Soulouan sale comme un peigne et tellement

pâle qu'il paraît vert; il tient à la main un kriss dégouttant de sang. La femme me crie : ios juramentadosl et, lancée comme un boulet de canon, me renverse en passant; deux coups de feu passent au-dessus de ma tête; je me relève et vois tomber le juramentado atteint à la poitrine; mais il se relève à son tour et s'élance, le kriss levé, sur les factionnaires; transpercé par une baïonnette, il se tient encore debout, essayant d'atteindre le soldat qui le maintient au bout de son fusil; l'autre factionnaire recharge son arme et abat définitivement cet enragé. Une grêle ce coups de fusil éclate de tous côtés : en passant dans la grand'rue, je vois quelques hommes gisant dans une mare de sang; au milieu de la chaussée, trois juramentados, le front haut, le kriss levé, s'avancent résolument à la rencontre d'un peloton de soldats philippins. Les remingtons s'abaissent ; quand la fumée du peloton est dissipée, les trois juramentados sont étendus en ligne, la face contre terre. Enfin, nous sommes délivrés de nos agresseurs. »

On comprend que de pareils gaillards rendent une conquête difficile : en 1896 le maréchal Blanco était encore aux prises avec eux quand éclata l'insurrection tagale à laquelle nous voici enfiu revenus après un long détour.

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