WM. RALPH MEREDITH
Le sympathique et éloquent chef de l'opposition dans l'assemblée législative d'Ontario compte déjà des états de service considérables. Sans avoir formé partie d'aucune administration, il peut réclamer une large part dans les travaux législatifs des dernières années. Son patriotisme et le soin qu'il apporte dans l'accomplissement de ses devoirs parlementaires n'ont pas été sans avantages pour sa province. Il n'a pas d'ambition personnelle ; et pourtant, depuis vingt ans, il a combattu énergiquement pour faire triompher les principes conservateurs et ses idées politiques dans le milieu libéral où il se trouve à faire la lutte. Il n'a jamais aspiré à prendre le premier rang dans le barreau du Haut-Canada, et il n'en est pas moins, aujourd'hui, reconnu comme une autorité dans les questions de lois et de jurisprudence du Dominion.
Voilà, croyons-nous, comment peut se résumer la position actuelle de William Ralph Meredith comme citoyen, comme politicien et comme avocat.
C'est près de London, Ontario, que, le 31 mars, 1840, naquit le sujet de cette étude. Son père, John Cooke Meredith, un diplômé du Tfiiiity (\)llege de Dublin, avait immigré au Canada en 1834. Son fils se distingua plus, dans son enfance, par ces qualités du cceur qui l'ont rendu si populaire dans toutes les phases de sa carrière, que par une précocité qu'on se plaît trop souvent à attribuer après coup à ceux qui atteignent un rang élevé dans le monde. Au sortir de l'école, le jeune Meredith entra dans le bureau légal de Thomas Scalchard, un politicien très connu du temps et un fervent adepte des idées libérales. C'est là qu'il acquit sa première expérience et une connaissance approfondie de la théorie et de la pratique du droit, du moins dans la limite qu'on peut attendre d'un étudiant. En 1859, il entra à l'université de Toronto, et il fut admis au barreau en 1S61.
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Deux ans plus lard, :1 recevait son diplôme de bachelier en droit. Disons de suite que l'Université de Toronto lui a conféré, en iSgo, le titre de docteur en droit.
Peu de temps avant de recevoir son diplôme de bachelier, M. Meredith avait épousé Mar\. fille unique de M. Marcus Holmes, de London.
Il fallut peu de temps au jeune Meredith, dont l'énergie et le talent se manifestaient hautement, pour s'imposer à l'attention publique et se faire une larye clientèle. Avec l'expérience et les dispositions naturelles dont il était doué vint bientôt cette éloquence digne et puissante qui lui a valu une grande réputation devant les tribunaux. Son extérieur distingué et sympathique, son habileté dans l'examen des témoins et la sincérité qu'il apportait dans l'exposé de ses causes ne pouvaient manquer de lui gagner la confiance absolue de ses clients. C'est ce qui lui valut d'être chargé de causes très importantes, dont la plus remarquable fut, peut-être, la fameuse affaire de meurtre de Biddulph, et celle de George McCabe, accusé d'avoir empoisonné sa femme. Son attention soutenue à sa clientèle ne s'est jamais démen tie. Reconnu comme une autorité en matière municipale, il fut, pendant plusieurs années, l'avocat de la corporation de London.
Les mêmes principes qu'il a professés pour l'établissement des écoles de droit dans les différentes parties d'Ontario ont trouvé chez lui un défenseur quant à l'administration de la justice. Sur les hustings autant que dans la chambre d'assemblée, il s'est souvent prononcé pour la décentralisation judiciaire. Plus que cela, il a tenté, il y a quelques années, de faire triompher l'établissement d'écoles de droit en rapport avec l'université de l'Ouest, et il organisa, plus tard l'association de droit de Middlesex, dont il fut longtemps le président. Le maintien des bibliothèques de droit dans les divers comtés d'Ontario, pour l'usage des étudiants, est une autre mesure pour le succès de laquelle il n'a cessé de travailler avec persistance. 11 n est donc pas étonnant qu'après l'attention toute particulière qu'il n'a cessé de témoigner au barreau d'Ontario, M. Meredith en ait été, à deux reprises, élu bâtonnier par le plus large vote qui ait encore été donné.
En 1875, M. Meredith fut fait conseiller de la Reine par le gouvernement provincial et, un peu plus tard, par les autorités fédérales.
Malgré la position très éminente qu'il occupe dans sa profession, c'est surtout comme politicien et comme orateur que le chef de l'oppo-
\\.\I. RALPH MKREDITH