L. R. MASSON
Ja comparaison avec celle de M. Masson. La perle de la bibliothèque de Terrebonne est la correspondance intime échangée entre M. Alexander Mackenzie et M. Roderic Mackenzie, ces deux MVor- Westers, aux plus beaux jours de la compagnie.
Historien, bouquiniste, M. Masson avait des goûts qui lui permettaient d'oublier le pouvoir, sans compter que, depuis sa retraite du cabinet fédéral, il a été tour à tour sénateur, lieutenant-gouverneur de Québec, puis encore membre du séna.. Il est aussi du conseil de l'instruction publique, où il avait sa place toute marquée, grâce à ses hautes qualités intellectuelles et à l'intérêt qu'il a toujours porté à l'avancement du pays. Il ne s’est pas contenté d’y paraître comme figurant, et les journaux nous ont, au cours de l’automne dernier, fait connaître une petite scène de famille qui s'était passée au sein de cette assemblée et dans laquelle avaient brillé son indépendance de caractère et son franc parler. On a tenté quelque part de donner à son attitude en cette occasion un air d’hostilité à notre système d'éducation. C'était défigurer sa pensée ; ilne demandait pas une révolution, mais seulement des modifications de détail propres à mettre notre enseignement au niveau: des progrès modernes.
Toutes ces rares qualités du cœur et de l’esprit, M. Masson les tient de sa famille. Son père, qui a amassé dans les affaires une fortune très grande aujourd’hui, très grande surtout pour l'époque où elle s’est accumulée, son père était un homme d’affaires hors ligne. Il a fondé la maison Thomas, Bruyère & Masson, devenue plus tard la maison Thomas & Thibaudeau. En feuilletant des missives qu’un ami nous avait données pour notre collection d’autographes, nous sommes tombé sur des lettres de M. Masson ; elles révèlent une intelligence active et des vues profondes. C'était un homme aux idées larges, et on nous assure que, peu de temps avant de mourir, il avait conçu les projets de fonder une bibliothèque publique et de relier Terrebonne à Montréal par une voie ferrée.
L'honorable Edouard Masson, un frère du sujet de cette biographie, mort jeune encore, aprés s’être distingué dans la politique, a laissé au milieu de notre population la réputation d’un esprit très brillant. Le nom de la Sesgneuresse Masson est resté légendaire parminor comme synonyme de charité inépuisable. Elle avait compris que, sans la générosité, la richesse est une monstruosité dans une
société pleine de souffrances à soulager et de détresses à secourir.
Depuis quelques années, la santé de M. Masson est devenue meil. leure : espérons qu'il retrouvera sa vigueur d'autrefois, pour qu'il reprenne une part active à la politique. Il est du petit nombre d'esprits d'élite qui comptent au milieu de nous. De même que, dans nos forêts dévastées, on ne rencontre plus que de loin en loin les grands chênes, de même les grandes individualités se font de plus en plus rares sur le terrain de la vie publique. Fasse la Providence que nous puissions, du moins, utiliser les facultés de ceux qui semblent avoir été créés pour diriger le peuple !