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LES HOMMFS DU JOUR

Le 10 avril, 1891, M. McCarthy appuyait encore plus fortement à ce sujet, à Collingwood :

‘* Moi pour un, je désire des relations plus étendues avec la mèrepatrie. Le Canada ne doit pas mendier et se faire rebuter à Washington. Nous pouvons nous adresser à l'Angleterre et, en lui offrant des avantages commerciaux, en obtenir aussi sur les autres nations. Si quelques-uns de nos compatriotes ont souffert par suite des droits douaniers trop élevés, il est facile d'y remédier. Nous devrions réduire graduellement les droits sur les marchandises anglaises. Tout en soutenant nos manufactures, il faut comprendre que ce n’a pas été l'intention du parti, en 1888, de toujours maintenir le tarif élevé que réclamait alors la création d'une industrie nationale. Le jour vient, où nos industries doivent pourvoir à leur existence, indépendamment des gouvernements. Dès lors, sans vouloir embarrasser le gouvernement tant qu’il! aura espoir d'obtenir des avantages commerciar “ à Washington, je crois que notre politique est toute tracée : c’est de réduire graduellement nos droits sur les importations anglaises, d'ouvrir nos marchés à l'Angleterre, à l'exclusion des Etats-Unis, non pas tout d’un coup, mais avec le temps.”

Cette politique de relations commerciales plus étroites avec l'Empire, quelque forme qu'elle puisse prendre, fait évidemment son chemin. Les déclarations récentes de Sir Charles Tupper, celles des . hommes d'Etat anglais, les expressions d'opinions des gouvernants et des journaux australiens et l'agitation persistante qui se fait en Angleterre devront, à un moment donné, amener quelque proposition tangible et acceptable à tous pour le développement du commerce, la protection mutuelle de la mère-patrie et de ses colonies, et la création d'un conseil central délibératif, chargé de veiller à la conservation de l'unité impériale, de ces grands principes de liberté parlementaire et représentative et de cette puissante civilisation pour laquelle les Canadiens français et anglais se sont battus dans le cours du dernier siècle. Depuis 1884, M. McCarthy a toujours tâché de diriger l'opinion vers cette politique. Il s’est surtout adressé à la jeune génération, et, de concert avec le Principal Grant, l’archevêque O’Brien, d'Halifax, le lieutenant-c lonel G. T. Denison, le Dr. Bourinot et autres, il a tâché de créer un sentiment de confiance dans notre avenir comme partie intégrale de l'empire britannique, comme nation auxiliaire, pour se servir des mots de Sir John A. Macdonald, britannique en principes,

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dans sa politique et dans son administration, britannique dans l'union du pouvoir et du commerce, nais canadienne quant À son administration gouvernementale, à sa foi dans le progrès et dans sa future grandeur.

Quelque nombreux que soient ceux qui diffèrent d'opinions avec M. McCarthy, personne ne niera qu’il soit un chaud défenseur de l'union et des institutions britanniques, un croyant enthousiaste dans le brillant avenir réservé au Canada, un partisan énergique de toutes les grandes mesures que Sir John A. Macdonald et les conservateurs ont fait tous leurs efforts pour rendre populaires et mettre en vigueur. Il a une foi entière dans l'union du Canada et de l’Empire, et, sans parler des tiraillements et des discussions intérieurs, il a toujours gardé présents à l'esprit ces mots d’un brillant poète canadien :

“Forward for our cause and Canada, Forward for Britain’s Empire, Peerless arch of Freedom’s raising, Whose majestic span Is axis to the world.”

Que peut-on dire de plus ? Le rom de D’Alton McCarthy est connu dans le Dominion et dans maintes parties de l’Empire ; mais le personnage lui-même reste nécessairement plus ou moins inconnu au milieu de l'immense population d'un si vaste royaume. Petit de taille, M. McCarthy a une physionomie distinguée, avec des traits énergiquement dessinés, qui fait impression sur ceux qui le voient pour la première fois. Extrêmement populaire parmi ceux qui le connaissent, il est toujours considéré avec respect, même parmi ses adversaires les plus acharnés. Les points caractéristiques peuvent se résumer comme suit : courage, hardiesse touchant parfois à l’imprudence ; conséquence dans ses vues et dans ses actes ; vigueur et persévérance dans la défense d’une idée ou d’un principe, jointes à des moyens d'action remarquables et à une très rapide perception des différents aspects sous lesquels se présente une question. Maintenant qu'on a étudié sa vie passée, à chacun de juger M. McCa:thy selon ses vues. Ce serait folie que de faire des prédictions sur son avenir politique ; mais, quel qu’il soit, sa carrière a déjà une importance considérable, et le nom du député de Simcoe aura une place intéressante dans l’histoire de la

Confédération canadienne.

J. CASTELL HOPKINS.

Toronto, Mars 1801.

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