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et dans le conseil législatifs,
maritimes. Quatre ans plus tard, il proposait et faisait adopter une mesure autorisant l'envoi de délégués de la Nouvelle-Ecçosse auprès des deux autres provinces. La conférence eut lieu à Charlottetown ; mais elle avait à peine commencé ses délibérations, qu'elle recevait de Sir John A. Macdonald la demande de les ajourner, pour permettre aux provinces du Haut et du Bas-Canada de s'associer avec elle pour discuter la question d’une union sur une plus grande échelle.
Cette demande fut bien reçue, et Sir John \. Macdonald, l’honorable Geo. Brown, Sir E. P. Taché, Sir Georges E. Cartier et Sir A. T. Galt se rendirent à Charlottetown et plaidèrent pour une union de toutes les provinces, au lieu de trois seulement. Les délégués s’en retournèrent presque convaincus, et le premier ministre de la Nouvelle-Ecosse comprit que cette union était plus près de s’accomplir qu'il ne l'avait cru en 1860.
Plus tard, une nouvelle conférence eut lieu à Québec, où elle réunit des délégués de toutes les provinces. Après un mois de délibération, on s'arrêta, pour la création du Dominion, à un projet qui est aujourd’hui pratiquement notre constitution. La révision finale de ce projet fut faite à une troisième conférence, tenue à Londres, et c’est alors qu'il fut adopté pour être soumis à l'approbation des diverses provinces.
Sir Charles prit une part active à toutes ces délibérations et contribua grandement à concilier les intérêts contradictoires qui étaient en jeu.
Il lui restait, cependant, la tâche la plus difficile à remplir, celle de faire accepter ce projet par sa province, qui était ouvertement hostile au changement proposé. Il eut à faire face à une coalition antifédérale, composée de membres influents des deux partis. La lutte fut longue, pénible, violente, amère. Les sentiments soulevés alors étaient si forts, que l'agitation ne s’est pas tout-à-fait éteinte après la lutte et qu’il reste encore aujourd’hui, dans la Nouvelle- Écosse, des gens dont le credo politique est: guerre à la confédéra. tion. Mais le mot ‘‘ échec ” n'existait pas pour le chef conservateur, et, grâce à un travail héroïque et à l’éloquence de sa parole, ies députés se rallièrent à sa politique les uns après les autres, jusqu'au jour où, en 1866, il eut la satisfaction suprême de faire adopter la mesure en question par un vote de deux contre un dans l'assemblée
Non-seulement Sir Charles convainquit les députés, mais il accomplit une chose presque inouïe. Il se gagna l'appui de l'honorable Jose;h Howe, le grand chef libéral et son plus ardent adversaire dans la chambre pendant nombre d'années. Tous deux se rencontrèrent à Londres, où M. Howe avait été envoyé par le gouvernement de la Nouvelle-Écosse pour demander la nomination d'une commission royale chargée d'étudier le fonctionnement de la confédération et, s’il était possible, de la briser. Sir Charles, de son côté, représentait le vouvernement fédéral, qui l’avait envoyé pour combattre M. Howe.
Le résultat de leurs rencontres et de leurs longues discussions fut la conversion de M. Howe, qui comprit que sa mission devait fatalement échouer et que son devoir indiscutable était de déposer les armes, ou plutôt de vouer désormais son magnifique talent à l’œuvre de la confédération et aux intérêts de sa province.
Bien que Sir Charles tût désigné coinme un des membres du cabinet, à Ottawa, dès sa formation, il crut devoir s’effacer successivement en faveur de Sir Edward Kenny et de l’honorable Joseph Howe, pour que l’administration fût, autant que possible, composée de représentants des diverses croyances et des différentes classes du nouveau Dominies. Ce ne fut que plus tard, en juin, 1870, qu’il accepta, dans le cabinet fédéral, le portefeuille de président du conseil privé, qu'il garda pendant deux ans. Il devint alors ministre du revenu de l’intérieur, position qu’il occupa jusqu’en février, 1873, époque à laquelle il fut nommé ministre des douanes. Il garda ce portefeuille jusqu'à la chute de l’administration, au mois de novembre suivant. Ces trois années offrirent un vaste champ à l’activité de S:: Charles, et plusieurs actes importants du parlement sont dus à son esprit d'initiative, Parmi ces actes, il faut citer celui des poids et mesures, : vivement combattu à son début, mais si hautement apprécié plus tarc et la loi prohibant l'importation et la vente des liqueurs dans les territoires du Nord-Ouest.
De toutes les mesures passées par ce parlement, la plus importante est, indiscutablement, celle qui concernait le chemin de fer du Pacifique, entreprise gigantesque, à laquelle aucun nom n’est plus intimement lié que celui de Sir Charles.
Dès l’abord, des difficultés considérables se présentèrent et furent la cause directe de la chute du gouvernement «et de l’arrivée au-pouvoir du parti libéral, sous la conduite de lhonorable Alexander
Mackenzie. Cet évènement se produisit au mois de novembre, 1873. Sir Charles, simple député aux communes, se livra à la pratique de la médecine ä Ottawa et à Toronto, trouvant ie moyen, cependant, de prendre une part active à la politique, au parlement et'dans les comtés. Les libéraux avaient une majorité écrasante; pourtant son courage et ses espérances n’en étaient pas moins ardents. Il était le cri. tique financier de l’opposition et le /eader pour tout ce qui avait trait aux questions concernant le chemin de fer du Pacifique ; et l’on sait avec quelle habileté il com' ttit le gouvernement du temps sur ces questions.
Ce fut vers cette époque que Six Jchn A. Macdonald conçut et traça le programme de sa nouvelle politique fiscale, appelée, depuis, la politique nationale, politique qui fut si bien plaidée auprès du peuple aux élections générales de 1878. Le parti libéral-conservateur revint au pouvoir avec une majorité presque ausi forte que celle du gouvernement libéral après 1873. Cette majorité, toutefois, n’était pas trop considérable pour permettre à la nouvelle administration d'exécuter son gigantesque programme de protection et de chemins de fer.
Sir Charles fut fait ministre des chemins de fer et assuma le fardeau de l’entreprise du Pacifique et les difficultés que comportait la politique des chemins de fer du gouvernement. L'idée première avait été de faire construire le Paciñique par une compagnie, que le gouvernement aurait subventionnée en terres et en argent; mais certaines parties du tracé étaient reconnues comme devant coûter si cher et devant rapporter si peu, que le gouvernement crut devoir en assumer la construction. Conséquemment, ce ne fut qu’en 1831 que Sir Charles put introduire et faire passer un acte incorporant une com pagnie composée de capitalistes canauiens, anglais et européens, qui consentaient à se charger de la construction de cette grande voie, que l'on a appelée avec raison : ‘* Le chemin de la Reine de l'Atlantique au Pacifique.”
Deux autres mesures importantes ayant trait à ce chemin de fer, qui furent adoptées sutséquemment, mais que nous pouvons mentionner ici, furent: d’abord, l’acte qui accordait à la compagnie un prêt de trente millions de dollars, qui lui permirent de mener à bonne fin ce travail gigantesque plusieurs années avant l'expiration du temps déterminé par le contrat ; et puis, les arrangements à la suite