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desquels la compagnie échangeait les droits de monopole que lui accordait la charte contre une garantie du gouvernement d’un intérêt de trois et demi pour cent, pendant cinquante ans, sur des obligations de quinze millions de dollars, cet intérêt devant être employé à des fins déterminées.
Comme nous l'avons déjà dit, le chemin de fer fut complété plusieurs années avant le temps fixé. Il a atteint une extension et une prospérité bien plus grandes que ne l'avaient rèvé ses promoteurs et ses propriétaires, et à personne plus qu’à Sir Charles Tupper ne revient tout l’honneur de cette entreprise.
L'acte du chemin de fer canadien du Pacifique, en 1879, et dell
des subsides aux chemins de fer, en 1883, n'attirèrent pas seuls son
attention. Il facilita l'extension du système des voies ferrées en général, et la sollicitude qu'il apporta à la question du chemin de fer Intercolonial, qui unit les provinces maritimes au reste du Canada, convertit un déficit annuel de trois quarts de million dans les dépenses en un surplus, peu élevé, si l’on veut, mais qui n’en est pas moins plein de promesses pour l'avenir.
En 1883, il fut nommé haut-commissaire du Canada en Angleterre. Il remplit ses nouvelles fonctions, la première année, tout en gardant son siège au parlement ; mais, durant les quatre années suivantes, il se consacra tout entier aux intérêts de notre pays dans le vieux monde.
En 1885, il fut commissaire exécutif du Canada à l'exposition d'Anvers, puis, l'année suivante, à l'exposition coloniale et indienne de Londres. Sa Majesté le nomma aussi commissaire royal à cette dernière exposition. Dans ces deux occasions, mais plus particulièrement dans la seconde, il déploya une énergie, un zèle indomptables, pour sauvegarder les intérêts canadiens. Aussi, tel fut son succes, que l’on estima alors que le Canada avait eu la part du lion pour ce qui avait trait à l'installation des articles exposés, ainsi qu'aux avantages, toujours ardemment disputés, qui résultent d'une exposition de ce genre.
Un service considérable, reñdu par Sir Charles vendant ces dernières années, a été de faire exempter les animaux canadiens de la prohibition imposée par le gouvernement impérial sur les animaux importés de l'étranger, prohibition dont l'objet était de mettre l’Angle terre à l'abri de cette maladie destructive, connue sous le nom de
pleuro-pneumonie, que le bétail des États-Unis contracte si facilement. Le commerce d'animaux vivants entre le Canada et la Grande- Bretagne va toujours croissant en nombre et en valeur, et la défense de leur importation dans la mère-patrie serait une véritable calamité poui le Dominion. Le but du haut-commissaire a toujours été d’empêcher cette calamité, et on l’a vu, dans les occasions critiques, ne pas hésiter à entrer lui-même dans les parcs à bestiaux et à examiner les animaux soupçonnés d'infection, afin d’être en état, lorsque les soupçons n'étaient pas fondés, d’en donner la preuve la plus irréfutable.
En 1887, au moment d’une autre élection générale, Sir Charles, désireux de prendre sa part du combat, se démit de sa position de haut-commissaire et entra de nouveau dans le cabinet comme ministre des finances. 11 prit une part très active à la campagne, dont le résultat fut le maintien au pouvoir, par une bonne majorité, de l'administration libérale-conservatrice. Il continua d'agir comme ministre des finances jusqu'en 1888, et, pendant le temps qu'il siégea sur le banc de la trésorerie, mit en vigueur l'acte des douanes, qui inaugurait une politique de protection et d'encouragement pour les manufactures de fer et d'acier. On lui doit encore des résolutions pour faire transférer au gouvernement certaines responsabilités encourues par les commissaires du hâvre de Montréal pour l’élargissement du chenal du Saint-Laurent, ainsi que des engagements contractés par les commissaires du hâvre de Québec au sujet du bassin de radoub et du hâvre de cette ville.
C'est encore lui qui, de retour à Londres, en 1888, lança et plaça sur le marché un emprunt de 44.000.000, à trois pour cent d’intérêt, premier emprunt colonial contracté à ce taux. Et cependant, en dépit du faible montant d'intérêt, le crédit du Canada était si ferme, que l’on reçut des offres pour douze millions sterling, et le prêt fut contracté au taux de £95,1 pour cent.
Sa Majesté conféra à Sir Charles un honneur aussi grand que rare en le nommant, à la fin de l’année 1887, l’un de ses ministres plénipotentiaires à la conférence relative aux pêcheries qui se tint à Washington et qui, de bonne heure, l’année suivante, amena la signature d’un traité destiné à régler la dispute entre le Canada et les États-Unis au sujet des pêcheries sur l'Atlantique. De retour à Ottawa, Sir Charles proposa un bill pour la ratification du traité
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