L’ère quaternaire
L’èr e archéenne, de beaucoup la plus longue de toutes, correspond aux terrains déposés dans les mers primitives du globe. Les innombrables transformations que ces terrains ont subies, sous l’influence des masses centrales incandescentes et des phénomènes mécaniques résultant de leur contraction, ont fait disparaître à peu près complètement les fossiles qu’ils ont dû renfermer.
Les ères suivantes sont caractérisées par le développement de tels ou tels groupes d’êtres organisés et séparées entre elles par de grands changements survenus dans le monde physique : soulèvement des
(1) Boule (M.), Géologie, 6e édition. Paris, 1919. — Conférences de Paléontologie, 2e éd. Paris, 1910. Ces deux ouvrages sont très élémentaires. — Pour plus de détails voir l’Abrégé et surtout le Traité de Géologie d’Albert de Lapparent. — On lira aussi, avec autant de plaisir que de profit, les ouvrages admirablement écrits d’ALBERT Gaudry : Enchaînements du Monde animal et Essais de Palélontologie philosophique.
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chaînes de montagnes, distribution différente des terres et des mers, etc.
L’ère primaire , ou paléozoïque, commence avec la formation des premiers terrains dont les fossiles soient bien conservés. Les êtres vivants appartenaient alors aux groupes ou types inférieurs du monde organique. Les animaux ne comprenaient que des Invertébrés et, vers la fin seulement, des Poissons avec quelques Quadrupèdes primitifs.
L’ère secondaire, ou mésozoïque , marque un progrès du monde animé. C’est 1ère des Reptiles, alors beaucoup plus nombreux, plus variés et plus puissants qu’aujourd’hui.
L’ère tertiaire , ou caïnozoïque , accuse de nouveaux progrès. Les grands Reptiles ont disparu ; à leur place, dominent des animaux plus élevés en organisation, les Oiseaux et surtout les Mammifères.
Enfin, 1ère quaternaire , qui dure encore, est caractérisée par le règne du plus perfectionné des Mammifères, l’Homme.
L’apparition et le développement des grands groupes zoologiques ont donc suivi un ordre hiérarchique. Les Invertébrés ont apparu avant les Vertébrés et, parmi ceux-ci, les plus inférieurs, les Poissons, sont venus les premiers ; puis les Batraciens, puis les Reptiles, puis les Oiseaux et les Mammifères.
C’est ce que montrent les graphiques ci-joints (fig. 14 et 15), où l’importance attribuée à chaque ère est à peu près en rapport avec l’épaisseur des terrains qui lui correspondent et, par suite, à peu près en rapport avec sa durée (1). On sera frappé de la disproportion qui existe entre ces ères. Les chiffres suivants, bien que très approximatifs, en donneront cependant une idée. Si l’on représente par 1 l’épaisseur des terrains quaternaires ou la durée de l’ère correspondante, il faut représenter par 20 la durée de 1ère tertiaire, par 30 celle de l’ère secondaire, par 150 celle de l’ère primaire. Et il est probable quel’ère archéenne correspond à un laps de temps égal ou supérieur à celui qui nous sépare du début de l’ère primaire !
(1) Les chiffres placés dans la troisième colonne (Durée en années) sont purement hypothétiques. Il n’y a Heu d’envisager que leurs valeurs relatives . Au point de vue absolu, il ne faut retenir que leur ordre de grandeur. D’ailleurs, c’est probablement par centaines plutôt que par dizaines de millions d’années qu’il faut compter.
L’ÈRE TERTIAIRE L’Homme, étant un Mammifère, n’a
ET LES MAMMIFÈRES. pu apparaître avant T ère tertiaire, car
les Mammifères secondaires étaient des animaux touts petits et très primitifs. Quant aux types des Mammi-
Fig. 14. — Schéma de la succession générale des ères géologiques, de leurs durées relatives (établies d’après l’epaisseur des terrains correspondants) et de leurs
grandes caractéristiques paléontologiques.
fères plus évolués del’ère tertiaire, ils n’ont pas tous la même antiquité. Il nous faut donc examiner les divisions de l’ère tertiaire ainsi
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que le développement corrélatif des Mammifères en général, et plus particulièrement du groupe le plus élevé en organisation, les Primates, dont l’Homme est le type le plus perfectionné.
Les géologues divisent 1ère tertiaire en quatre grandes périodes :
1. La période éocèue, la plus ancienne, n’a eu, en fait de Mammifères, que des Marsupiaux ou Dipelphes, ou bien des Placentaires
QUATERNAI RE
T ERTI Al R E
Secondaire
PRI (VI Al R E
ARCHEEN N E
Homme
Oiseaux
B a traders
Poissons
ti/es
IZlasnm
' Hères
Invertébrés
Fig, 15. — Graphique représentant le développement et la distribution dans le temps de l’ensemble des Invertébrés, des classes de Vertébrés et de l’Homme,
primitifs, sortes de types synthétiques présentant un tel mélange de caractères qu’il est souvent impossible de les ranger dans aucun des ordres actuels. Certains Pachydermes, étranges et d assez
grande taille, se sont éteints de bonne heure, sans laisser de postérité. D’autres groupes ont évolué en se perfectionnant. Tous avaient de petits cerveaux.
2. Pendant la période suivante, ou oligocène , un grand travail de différenciation oriente les Mammifères vers les types actuels. Il n’y a pas encore de vrais Chevaux, de vrais Ruminants, de vrais Proboscidiens, mais des formes qui accusent des tendances très nettes vers ces divers animaux. Aucun genre de Mammifère oligocène n’a cependant survécu jusqu’à nous.
3. A la période miocène , qui vient ensuite, le travail de différenciation aboutit à la constitution des familles actuelles. Et même beaucoup de genres nous apparaissent manifestement comme les ancêtres directs de ceux d’aujourd’hui.
4. Avec la dernière période, dite pliocène , se montrent, à côté de genres anciens, de nombreux genres encore vivants et dont les espèces peuvent souvent être reconnues comme les ancêtres des espèces qui nous entourent.
Enfin, pendant l’ère quaternaire, nous constatons l’existence, avec quelques espèces éteintes, qui ne sont pas arrivées jusqu’à nous, d’un grand nombre de formes identiques aux espèces actuelles ou qui n’en sont que des variétés ancestrales.
Si nous considérons spécialement les Primates, cest-à-dire le groupe zoologique dont l’Homme fait partie, nous voyons qu’ils débutent à l’Eocène par le type le plus inférieur, celui des Lémuriens. L’Oligocène nous montre les plus anciens des Singes à queue : au Miocène et au Pliocène, il y a de nombreux Singes anthropomorphes (1). Jusqu’à présent 1 Homme fossile n’est connu avec certitude que de l’ère quaternaire. Il y a donc, encore ici, progression constante : l’Homme, le plus perfectionné des Primates, est aussi le dernier venu.
LES TERRAINS On ne saurait éprouver de bien grandes
QUATERNAIRES. difficultés pour repérer chronologique¬
ment les découvertes qui pourraient être faites dans les terrains tertiaires, dont la succession est bien établie. La tâche est plus difficile, plus délicate surtout, pour les terrains quaternaires, si riches en documents humains. Elle exige plus de
(1) Voir, pour plus de détails, le chapitre III.
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précision et je dois entrer dans quelques détails à ce sujet. La classification des temps quaternaires peut se baser :
1° sur l’étude des terrains et de leurs rapports de position (Stratigraphie) :
2° sur l’étude des fossiles (Paléontologie) ;
3° sur l’étude des monuments humains (Archéologie préhistorique).
Les terrains quaternaires sont nombreux et de natures diverses. Leur connaissance parfaite est indispensable pour les études de Paléontologie humaine (1). On peut les classer de la manière suivante :