MUSICIENS
Sous* Tbeodulplie , évéqne d'Orléans au temps de Charlemagnc , la musique fleurit dans les écoles épiscopales et dans les monastères de cette province, grâce à la protection de cet illustre prélat, qui était à la fois poète et musicien. Les maîtrises de Saint-Benoîtsur-Loire et de Sainte-Croix d'Orléans fournissaient aux chœurs des églises des sujets distingués. Le chantre n'était pas, comme de nos jours, un laïque portant chape et soutane et s' égosillant devant un lutrin; le cantor était un des premiers dignitaires du chapitre. Le chant grégorien, souvenir mélodieux de l'ancienne mélopée des Grecs, n'avait pas les intonations lourdes et monotones du plain-chant moderne.
Les chantres venus des écoles d'Orléans étaient très-estimés ; au X e siècle, quand l'évôque de Liège, Etienne, voulut altérer le plain-chant, ce fut un moine de Mici (Saint-Mesmin) qui prit la défense de l'office gallican.
La musique, pendant tout le moyen-âge, marcha d'accord avec la pensée religieuse. L'emploi de l'orgue contribua puissamment au perfectionnement de la musique sacrée. La danse était aussi liée a la musique : David dansait devant l'Arche en s'accompagnant de la harpe ; on disait les chanteurs de Sens, et les danseurs d'Orléans, au moyen-âge.
Le monastère de Saint-Benoit-sur-Loire était surtout renommé pour son chant d'église. Les moines y composaient des sortes de tragédies écrites en rimes latines et notées en plain-than^ espèce d'opéra mystique. C'étaient, le plus souvent, de longs dialogues
72 LES HOMMES 1LLLSTKES DE l'oKLÉANAIS.
entre Dieu et les hommes, entre les anges et les saints. L'abbé, assis sur un trône éclatant, représentait le Père-Eternel ; les moines formaient le cortège des apôtres, les novices répondaient par le cantique des anges.
Théodulphe, dans une épître à saint Benoit d'Aniane, dit, en parlant du monastère de Saint-Mesmin , dont le nom , Mici, tirait son origine du mot Mitis, doux :
Qttam benè Mitiacum. vocitavit prisca vetuslas! Quœ fuit auspicium, Mitibut, antè choru.
Que toujours parmi nous, Mici soit révéré,
Mici, ce lieu si cher, dont le vieux nom rappelle
Qu'aux saints accords Mici fut dis long-temps fidèle. t
FÉVIN (Antoine).
La musique et la danse étaient toujours en grand honneur U Orléans. Tous les Guépim de l'Université étaient en proie à une sorte de rage lyrique ; au grand désespoir des recteurs, tout était sacrifié à la musique. Martial d'Auvergne en fait un reproche aux écoliers de notre province :
Savent-ils rien ? ils viennent d'Orléans ; Qu'ont-ils appris ? à bien jouer de la flûte •
Celui qui restaura, en rivalité avec les écoles flamandes, la musique religieuse en France, fut Antoine Fcvin , né en 1481 , à Orléans. Le Conteur Orléanais lui a consacré, il y a quelques années, un article intéressant, dont nous avons extrait les détails de cette biographie. On sait peu de choses sur sa vie; on présume que ee fut à Orléans qu'il fut initié aux secrets de la science musicale. Il composa d'abord certains airs grivois qui parurent dans le Recueil de Chatisons françaises publiées par l'éditeur Attaignan. Il ne tarda pas à faire la connaissance du fameux musicien flamand Jean Okenheim, maître de chapelle de la cour de Louis XI, dont il fut l'élève. Glarean, écrivain et musicien allemand, dans un parallèle entre les anciens poètes de Rome et les musiciens du XVI« siècle, compare Févin a Claudien. Il le loue aussi pour sa modestie.
Dans un recueil de musique sacrée, édité en Italie, par A. de Montona, le premier qui à Rome établit une imprimerie musicale, se trouvent de Févin :
1° Missa de Ave Maria ;
2° Missa de mente tôt à, à quatre parties ;
3° Missa de ferià t a cinq voix.
Dans une autre collection, il y a trois messes de Févin, celle entre autres Sanctœ Trinitatis, fort appréciée par les connaisseurs.
Nous plaçons ici quelques remarques sur l'origine et les progrès de la musique instrumentale dans notre province.
L'orgue, introduit en France en 765, sous le règne de Pépin-le- Bref, n'est guère cité, dans les chroniques de l'Orléanais, que vers 1461, a l'occasion de l'entrée de Louis XI à Orléans. On voit figurer dans les comptes de la ville : « xvi sous aux enfants de cueur « qui apportèrent un buffet d'orgue et en jouèrent sur l'écbauffault à « l'arrivée du roi. »
Thibault d'Austigny, évéque d'Orléans, est le premier qui fit placer un grand buffet d'orgues à Sainte-Croix, et fit des règlements pour la musique du chœur, en 1470.
La musique instrumentale n'était pas encore bien perfectionnée a Orléans au XVI* siècle, à en juger par l'orchestre qui joua à la réception de Henri II, à Orléans, en 1551. On trouve encore dans les comptes de la ville : « xn sous aux joueurs de hautbois du roy, « aux tabours (tambours) de la ville, et aux trombeun (joueurs de « trompette). »
Émeri Bernard, d'Orléans, est le premier nom que nous trouvons parmi les musiciens de cette époque qui jouirent d'une certaine réputation. On sait peu de détails sur sa vie : il a laissé une Méthode pour apprendre à chanter la musique. — Genève, 1570.
Dans le siècle suivant, la harpe fut en honneur dans l'Orléanais. Gilbert Giboin, de Montargis, était d'une habileté proverbiale; il forma une sorte d'école vers 1618, et pendant la fin du XVII e siècle, les harpistes de l'Orléanais eurent une certaine renommée.
Dom Liron, dans sa bibliothèque chartraine, fait mention d'un bon musicien du XVII* siècle, appelé Guesdon (Nicolas), de Chàteaudun.
Quant aux musiciens-compositeurs, l'Orléanais n'a guère produit, jusqu'à Tasset et Philidor, que des artistes de troisième ordre. Cependant, deux d'entre eux méritent des notices particulières.
MOR1N (Jean-Baptiste).
Né a Orléans, en 1677, d'un père tisserand, fut d'abord enfant de chœur à Sajnt-Aignan. Le goût de la musique était assez répandu à Orléans; en 1670 , on avait établi une académie de musique dans un local construit sur l'emplacement d'un ancien cimetière de protestants, rue des Huguenots. Au-dessus de la porte était une lyre avec des cailloux sculptés, accompagnés de cette devise latine :
Et saxa moventur.
Morin, au sortir de la maîtrise, devint frère servant de l'ordre de Saint-Lazare. Madame l'abbesse de Chelles, fille du régent Philippe d'Orléans , l'attacha à sa maison en qualité de maître de chapelle. Elle lui donna une pension de 500 livres sur sa cassette, plus une autre pension de 1,500 livres sur l'archevêché de Rouen; elle lui remit aussi son médaillon frappé par le célèbre Leblanc, ainsi que son portrait en grand.
J.-6. Morin a travaillé pour le public. Il publia, en 1709, un livre de cantates françaises à une et deux voix, mêlées de symphonies de violons et de basse. Les cantates avaient alors une certaine vogue, et le poète J.-B. Rousseau en écrivit plusieurs en style pindarique pour les compositeurs du temps. Si nous en croyons le Dictionnaire de musique de Choron, Morin fut le premier qui écrivit des cantates à Paris, mais il ne tarda pas a avoir des successeurs, tels que Bernier, Philidor, etc. Il mourut à Paris en 1715, et fut enterré au cimetière des Saints-Innocents.
ÏHÉVENARD (Vincent-Gabriel).
Naquit a Orléans, le 10 août 1669, d'un père qui exerçait ta profession de traiteur. Il servit d'abord en qualité de gâte-sauce
dans la cuisine paternelle; mais des connaisseurs, frappés de la beauté de sa ( voix, lui conseillèrent d'apprendre la musique. Il devint en peu de temps une basse-taille admirable , et débuta avec succès sur la scène de l'Opéra. Sa belle prestance et son air noble le firent au premier abord juger favorablement ; sa voix, sonore et moelleuse, acheva de lui gagner les suffrages. Il joua pendant quelque temps avec M" e Rochois, ce qui contribua beaucoup à le perfectionner. A force d'étude, il trouva moyen de faire presque un agrément du défaut de grasseyer, si ridicule pourtant dans la déclamation lyrique. Du reste, ce n'était pas là son moindre défaut : Thévenard avait encore moins de succès sur la scène qu'à table, où il faisait de longues séances. Il buvait sec et dur, et la chronique scandaleuse du temps rapporte qu'on le ramena plus d'une fois chez lui ivre-mort. Sa voix n'en souffrait pas, et malgré ses excès, il la conserva pure et sonore jusqu'à plus de quarante ans.
En 1730, il se retira de l'Opéra avec une pension de retraite de 1,500 livres. A soixante ans, il devint éperdument amoureux d'une inconnue dont il avait vu la pantoufle dans la boutique d'un cordonnier. Il parvint à découvrir la demoiselle dont l'oncle était ivrogne ; Thévenard sympathisa bien vite avec lui , et au bout de trois heures passées à table, il obtint la main de celle qu'il aimait. Cette circonstance hâta peut-être sa mort, qui arriva en 1741.
Son portrait se trouve à la collection Jarry, avec ce titre : Pennonnaire du roi pour la musique. Il est gravé par Schmidt, d'après Geuslain.
Un autre portrait de Thévenard est au Musée d'Orléans. M. Leber a la gravure par Moyreau.
Ckl-V. L.
DANICAN (François-André), dit PHIUDOR.
Est né à Dreux le 27 septembre 1726, d'une famille de musiciens ; son aïeul, Michel Danican, était musicien de la chambre de Louis XIII. Le roi, enchante de son talent sur la flûte, l'avait
7(3 LES nOMMES ILLUSTRES DE L'ORLÉANAIS.
surnommé Philidor, nom d'un hautbois célèbre de ce temps. Un de ses enfants , excellent joueur de basson , fit graver quelques œuvres qu'il dédia a Louis XIV. Presque tous les membres de cette famille ont appartenu à la chapelle du roi. André Philidor vint à Paris fort jeune, et entra comme page dans la musique du roi. Il y fit de rapides progrès dans l'élude de la composition, sous la direction de Campra, alors maître de chapelle. A quinze ans il fit jouer a Versailles un motet a grands chœurs de sa composition ; le roi daigna lui en faire compliment. Étant sorti des pages, il se fixa à Paris et s'y soutint en donnant des leçons et en copiant de la musique, métier assez lucratif, alors que la gravure musicale était encore grossière. Tous les ans il allait a Versailles faire exécuter un nouveau motet. Sa passion pour le jeu d'échecs, où il était de première force, lui acquit une telle réputation qu'il résolut de s'en faire un moyen de fortune autant que de la musique. A dix-huit ans, il jouait à la fois deux parties d'échecs sans voir le damier, et gagnait deux joueurs d'une force ordinaire. Il voyagea en Allemagne , en Hollande et en Angleterre. Se trouvant à Londres, au club des échecs, il fit jusqu'à trois parties sans y voir; mais la tête faillit lui tourner. Son goût se forma pendant ses voyages, où il eut souvent occasion d'entendre les ouvrages des meilleurs maîtres d'Italie et d'Allemagne. Il essaya de mettre en musique quelques odes de Dryden, entre autres la Fête d'Alexandre et l'ode a sainte Cécile. Mais il eut pour rival le célèbre Hœndel , qui avait mis aussi en musique cette ode sublime, et son succès fut médiocre. Hœndel disait en parlant de ses airs : « Ils sont bien fabriqués, mais il y manque quelque chose. » Laissant afors de côté la composition, il publia son Analyse des Echecs (tandres, 1749). Revenu en France, il fit exécuter à la chapelle de Versailles, en 1754, un Lauda Jérusalem, qu'on trouva trop italien. Philidor se tourna alors du côté du théâtre, et, après bien des déboires, il finit par obtenir un libretto du directeur de l'Opéra- Comique. On lui donna le poème de Biaise le savetier, qui fut joué avec un grand succès en 1759, a la foire Saint-Laurent. Encouragé par ce début, il se crut assez sûr de lui-même pour aborder le théâtre Italien, où il fil jouer le Sorcier. Il s'était emparé
d'un air de l'Orphée, de Gluck, et l'on ne s'aperçut du plagiat que lorsque cet opéra fut représenté. Son Maréckal-ferrant eut cent représentations en 1764 : Totn-Jone$, qu'on commença par siffler, eut ensuite le succès qu'il méritait.
Philidor était un harmoniste très-profond, mais son chant manque quelquefois d'intérêt et de mélodie; sa manière n'a pas assez de couleur et d'originalité. Il traitait la musique comme les échecs, (iluck disait d'un de ses meilleurs ouvrages, l'opéra d'Ernelinde : « C'est une montre enrichie de quelques diamants, mais dont le mouvement intérieur ne vaut rien. » Ce jugement est peut-être un peu sévère. Les connaisseurs admirent dans cette pièce le beau chœur: Jurons sur ces glaives sanglants, que l'on retrouve avec tant de plaisir dans Y Oratorio de Saùl. On applaudit aussi beaucoup son opéra de Persée, poème de Quinault, réduit en trois actes par Marmontel, et surtout le morceau de Méduse: J'ai perdu la beauté qui me rendait si vaine. Cette phrase est regardée par les dilettanti comme un chef-d'œuvre d'harmonie. L'ouvrage le plus parfait qu'il ait produit est le Carmen sœculare d'Horace, qu'il mit en musique à Londres, en 1779. Philidor ne passait pas, du reste, pour un homme fort spirituel. On cite de lui certains mots naïfs qui lui firent essuyer mainte épigramme. On riait souvent à ses dépens au café Procope , et Laborde , un de ses plus grands admirateurs, l'entendant un jour dans un repas dire bèaucoup de trivialités , le tira spirituellement d'embarras en s'écriant : « Voyez « cet homme-là , il n'a pas le sens commun , c'est tout génie ! » Il conserva cependant jusqu'au dernier moment son organisation merveilleuse, et, quoique aveugle, il fit, un mois avant de mourir, deux parties d'échecs à la fois contre des joueurs très-habiles et les gagna. Il mourut le 51 août 1795, a Londres, où il s'était réfugié pendant la Terreur. Outre les opéras que nous avons cités on remarque encore dans son répertoire :
Le Soldat magicien, opéra-comique, 1760; Sancho-Pança, comédie-italiennne , 1762; le Bûcheron, id., 1765; les Femmes vengées, id., 1775 ; Bilisaire , grand-opéra ; Thémistocle, id.; et une multitude d'opéras-bouffes, entre autres: La nouvelle École des femmes, l'Huître et les Plaideurs, le Jardinier et son Seigneur, etc..
78 LES HOMMES ILLUSTRES DE I.'oRLEAXAIS.
A Dreux, lorsqu'on sort de la ville pour aller visiter les tombeaux de la famille d'Orléans, on voit a droite, au commencement de la montagne, une table de marbre noir placée au-dessus de la porte d'une petite maison, et sur laquelle on lit cette inscription :
Ici naquit Philidor, le 27 septembre 1726.
TASSET (Joseph).
Naquit à Chartres, en 1752. A six ans il donnait des leçons de flûte à un riche seigneur anglais ; à onze ans il débuta au concert spirituel, et tous les journaux et mémoires du temps retentirent de ses éloges. Malgré le témoignage des biographes, on pourrait douter encore de ce prodige si les élèves du Conservatoire de musique n'offraient pas de nos jours des exemples de cette étonnante précocité. Tasset passa bientôt en Angleterre, où il dut se rencontrer avec Philidor. Hœndel, déjà vieux et aveugle, voulut l'entendre et l'applaudii* avec enthousiasme. La flûte allemande était alors a la mode : on ne se souvenait plus du dédain d'Alcibiade pour cet instrument qui fait grimacer le visage, et parmi ses élèves, Tasset comptait en première ligne Milady, duchesse d'Hamilton, et la belle Miss Gardner. Les artistes Français étaient alors fort considérés à Londres; il ne tarda pas à s'y faire' des amis puissants : on peut citer parmi ses plus intimes ; Sterne, l'auteur du Voyage sentimental, le savant Ferguson et son collaborateur William Guthrie. En 1786, Tasset se relira à Nantes. La révolution le frappa dans sa fortune et ses affections , mais il supporta ces malheurs avec la constance du sage et la résignation de l'artiste. Il mourut le 5 septembre 1801 ; un architecte de Nantes, Fournier, a composé son épitaphe en style lapidaire.
Tasset avait singulièrement multiplié le nombre des clefs à la flûte, défaut que l'on reproche à nos luthiers modernes et qui nuit a la justesse des intervalles. Il jouait avec une flûte à dix-huit clefs, dont il était l'inventeur, et qu'il ne réservait que pour son usage. Cet instrument, qui fit l'admiration des connaisseurs en
Angleterre et en France , a passé depuis dans le cabinet de M. de Villenave. Il avait aussi composé une autre flûte à plusieurs clefs, beaucoup plus longue et plus grosse que les flûtes ordinaires; il s'en servait pour faire dans les trios la partie de basse. A l'aide de ces instruments perfectionnés, il pouvait jouer dans tous les tous possibles et produire des sons Absolument nouveaux avec une justesse étonnante. On a de lui plusieurs morceaux qui obtinrent les suffrages des gens de goût ; mais l'extrême difficulté de ses sonates est tellement reconnue que peut-être est-il le seul qui soit jamais frarvenu à les exécuter parfaitement.
DAUVILLIERS (Jacques-Marin).
Cbarlres avait déjà produit un musicien habile, Jean Jouet, qui, en 1652, fut nommé maître de musique a la cathédrale. Un siècle après , Dauvilliers , né a Chartres, le 21 septembre 1754, fit ses études de musique sous M. de Lalande, maître de chapelle de cette ville, parent du célèbre Lalande. Au sortir de ses mains, il fut maître de chapelle de Saint-Aignan d'Orléans, et nommé ensuite à la cathédrale de Tours. A l'époque de la révolution, il vint à Paris, puis voyagea quelque temps à l'étranger, cherchant a augmenter ses connaissances. Dauvilliers a composé des romances et un solfège dédié k Grétry, qui a été approuvé par Lesueur.
Un de ses contemporains, Giroust, né a Orléans, fut maître de musique de la cathédrale de cette ville, où il se fit connaître par le Super flumina Babylonis. 11 a fait aussi :
i* Amphion, ballet en un acte ;
2° La Guerre, divertissement;
3° Motet du chapitre de Saintes ;
4° Le Dies irœ. 11 fut le premier qui osa mettre en musique la prose de cette hymne; il obtint, en Tan III de la Convention, une gratification de 3,000 1 en assignats.