‹ Les Hommes illustres de l'Orléanais (volume 2)Chapitre 20 sur 85 · D. DE B · texte numérisé non relu

D. DE B

WOLDEMAR (Michel).

Conuu dans le monde artistique sous ce nom allemand , il était d'une riche famille de commerçants d'Orléans : son vrai nom était Michel.

Né en 1 750, il avait reçu une brillante éducation et se livra particulièrement à l'étude de la musique : il eut pour maître de violon Lolli.

Quelques folies de jeunesse lui valurent une correction peut-être trop sévère de la part de ses parents; de cette époque datèrent tous ses malheurs. Il avait placé sa fortune dans la maison de commerce de son frère; des pertes successives amenèrent la liquidation de cette maison, et par suite la ruine complète de Woldemar.

Il songea alors a utiliser le talent d'amateur qu'il avait acquis sur le violon; bon musicien, artiste habile, il s'attira quelque réputation, et parvint a se créer de modestes ressources. Il a composé et exécuté des concertos pour le violon, et fait paraître une méthode de hautbois et diverses œuvres musicales. Ses Commandements du violon, conception bizarre, eurent alors quelque succès ; en voici un échantillon :

Le son Jamais ne hausseras Ni baisseras aucunement ; Mesure tu n'altéreras Mais conduiras loyalement ; Symphonie tu sabreras Attaquant vigoureusement ; En quatuor ne forceras Que pour la chambre seulement ; Doucement accompagneras La femme principalement ; La romance tu chanteras Tendrement, amoureusement ; Le rondeau tu caresseras Vivement et légèrement.

Woldemar termine son œuvre poético-musicale par ce dernier commandement :

En public tu ne trembleras

Ni devant les rois mesmement.

La jalousie de ses confrères le força de quitter la ville : il fut, dit-on, acteur, puis finit par accepter, a aermont-Ferrand , où il mourut en 1816, une place a la maîtrise de la cathédrale.

Cm. -F. L.

Page 1