SEURRAT DE LA BOULAYE
Entre les hommes distingués que les Etats-généraux de 1789 tirèrent du fond de leur province , l'Orléanais compte plusieurs de ces savants parlementaires qui ont aidé l'assemblée nouvelle dans ses ébauches législatives.
Né k Orléans, le 2â août 1738, d'une ancienne famille originaire du Berri , Seurrat de La Boulaye conçut dès sa jeunesse un goût décidé pour l'étude des lois. En 1757, il fut nommé conseiller au présidial d'Orléans et s'y distingua par ses lumières et une haute probité. Aux mœurs les plus douces , il joignait une fermeté de caractère remarquable dont il eut l'occasion de donner des preuves dans le poste d'honneur et de conGance auquel il fut élevé par les suffrages de ses concitoyens. Vivant à une époque où le besoin d'utiles réformes se faisait généralement sentir , il entra dans les vues d'amélioration dont Louis XVI avait pris l'initiative ; mais , convaincu que le progrès ne pouvait se faire que par le pouvoir , il se
iB<mtra toujours hostile aux propositions des novateurs impatients; il eut le courage de ses opinions et ne se para pas d'un faux masque de patriotisme. Il débuta dans l'assemblée par différentes motions conservatrices, entre autres sur le droit de gruerie^ qui grevait les propriétaires de bois.
Lorsque l'assemblée rendit le décret qui anéantissait la noblesse héréditaire, M. de La Boulaye, s'éleva contre un arrêt qui brisait la chaîne traditionnelle de sa famille , et n'accepta pas une décision prise par des réformateurs qui, pour la plupart, n'avaient pas grand chose k perdre. H réclama aussi contre le décret du 28 mars 1794, comme renfermant une disposition pénale destructive de l'ûiviolabilité de la personne du roi et de l'hérédité du trône. Selon lui , attaquer la personne du roi , c'était anéantir la monarchie. Lorsque le roi consentit Vacte constitutionnel, M. de La Boulaye déclara cette acceptation entachée de violence.
Ses votes courageux lui valurent, sous le régime de la Terreur, les honneurs de l'incarcération. Rendu enfin à la lH)erté, il ne se livra plus qu^k des œuvres de bienfaisance et de charité, et mourut à Orléans le 14 février 1803 , laissant pour modèle k sa famille la noble ccmduite de toute sa vie. Son frère, M. Seurrat de Guilleville, a laissé, eomme maire d'Orléans , le souvenir d'un administrateur habile et intègre.