TOME II. SI
522 LES HOMMES ILLtSTUES DE L'OULÉANAIS.
Toute sa vîe il fùl rescbve du devoir ; De la liberté vraie il entretint la flamme; Et, n'abusant jamais du sabre et du pouvoir, U conserva toujours la blancheur de son âsne.
Un vieillard nous a raconté que, voyageant aux environs de Coblentz, pendant l'émigration, il entendit chanter dans une famille de paysans une ballade allemande sur la mort de Marceau. En voici une strophe traduite de son album :
Il était jeune, il était beau, Celui qui dort sous ce tombeau !
Qu'il demeure sur notre rive, A Tabri de nos fiers doigons, Et que la terre des Saxons Reste sa patrie adopiive !
Elle est indigne des héros, La France, qui, dans ses entrailles, Ëgorge, avant qu'ils soient éclos, Les aiglons, espoir des batailles !
Il était jeune, il était beau, Celui qui dort s6us ce tombeau!
Marceau est, sans aucun doute, un des généraux français qui , par leurs talents, leur courage et leurs vertus, ont le plus honoré leur patrie; sa belle âme semblait se peindre sur ses traits : il était d'une taille élancée , d'une physionomie douce et noble ; généreux , humain , désintéressé envers ses inférieurs ; il était avec ses égaux fler et d'un caractère peu endurant ; mais il avait ce ton décent qui annonce la bonne éducation et cette exquise délicatesse du cœur qui, en épurant les mœurs , élève les passions elles-mêmes à la hauteur des vertus.
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