GH.-F. L
Maison de COLIGNY-CHxVTlLLON.
Blason: De gueules, àVaigle d'argent, membre, becqué, et couronné d'azur.
Cette famille a tiré son nom du fief de Coligny, petite ville située sur la frontière de la Bresse et de la Franche-Comté ; elle prétendait descendre des anciens comtes de Bourgogne (1).
Elle habita, dès le XI« siècle, le pays de Revermont, et acquit au Xin* la seigneurie d'Andelot, qui devint par la suite un des noms patronymiques de la famille.
GmLLA¥ME n de Coligny épousa, en 1457, Catherine de Saligny, dame de Châtillon-mr-Loing, et, dès lors, cette opulente maison quitte le comté de Bourgogne et vient se ranger sous le vasselage des rois de France.
Jean III de Coligny combat k Montihéry (1465), dans Tannée de Louis XI, contre le comte de Charolais, fils de son Suzerain. H fut inhumé dans l'église collégiale de Sàint-Pierre-de-Châtillon.
Gaspard I, capitaine de cent hommes d'armes, suivit le roi Charles' Yin dans son expédition d'Italie, et se signala à là bataille de . Fornoue (1495). SoUs Louis XII, il combattit à l'avant-garde de l'armée française, à la bataille d'Âignadel (1509). François h^ le récompensa de la valeur dont il fit preuve k la bataillé de Marignan (1515) par. le grade de maréchal de France. Il assista en cette qualité k l'entrevue du camp^ du Drap-d'or, et fut ensuite créé lieutenant de Champa^e et de Picardie. Le roi lui donna fô principauté d'Orange, en échange de celles de ses terres qui relevaient de l'Empire, et dont il ne jouissait point. Nommé lieutenant-général de l'armée française
(1) Voy. Preuves de la maison de Coligny, par Du Bouciiet^
574 ' LES UOllMES ILLUBTAËS DE L'OKLÉAMAIS.
eûYoyée au secours de Fontarabie , il tomba malade en Gascogne et Qiourat le 24 août 1^22. Son corps fut enterré dans la du^Ue du château de Ghàtillon-sur-Loing: Brantâme lui rend ce témoignage que <c c'était un bon et sage capitaine, du conseil duquel le ro; s'est <c fort servi tant qu'il a vescu, car il avait bonne teste et bon bras, b
De son mariage avec Louise de Montmorency, sœur du connétable et dame d'honneur de la reine Anne de Bretagne, il eut plusieurs enfants, savoir;
\o Pierre de Coligny, né k Chàtillon en 1515; il mourut à dixneuf ans, page du roi François l^^,
2o Odet de Coligny, plus connu sous le nom de cardinal de Chàtillon, naquit le 10 juillet 1517. Chanoine de la Sainte-Chapelle à dix-sept ans , il devint successivement abbé de Saint-Euverte d'Orléans, de Saint-Benoit-sur*Loire , de Ferrière-en-Gàtinais, &c. , &c. Il employait ses riches bénéfices d'une manière honorable, el Brantôme dit <r qu'il faisait plaisir à tout le monde , et jamais ne refusa <K homme k lui en faire, et jams^is ne les abusa ni vendit de la fumée « de cour. »
 dix-huit ans, il fut nommé cardinal par le pape Clément VII, et le roi lui donna successivement l'archevêché de Toulouse et Févécbé de Beauyais, qui était une des comtés-pairies du royaume*
La lecture de quelques ouvrages de Calvin , mais surtout l'ascendant de son frère Dandelot, commencèrent à ébranler la foi du cardinal, qui bientôt se déclara ouvertement pour la réforme. Le pape Pie rV l'excommunia et le raya de la liste des cardinaux; mais l'évéque-comte de Beauvais n'en continua pas moins de siéger dans les conseils, revêtu de la pourpre romaine. En 1564, il épousa publiquement Elisabeth de Hauteville, qui fut présentée à la cour sous le titre de madame la cardinale. Dès lors, il fut un des chefs les plus ardents du parti calviniste et assista à la bataille de Saint-Denis (1567). a II « y fit très-bien , dit Brantôme, et montra au monde qu'un noble et « généreux cœur ne peut mentir ni faillir, en quelque lieu qu'il se <( trouve, ni en quelque habit qu'il soit. » Craignant d'être arrêté, il se réfugia en Angleterre, déguisé en matelot, et y fut bien accueilli par' la reine Elisabeth. Le parlement de Paris rendit un arrêt qui le àéchnii rebelle et criminel de lèze-majesté au premier chef, déchu de ses titres et bénéfices, et condamne en 200,000 livres d'amendt envers le
roi. Son frère Tamiral Tayant invité à revenir en France, après la pacification de 1570, il se rendit k Hampton pour s'y embarquer; mais il mourut empoisonné par son valet-de-chambre le 14 février 1571, et fut enterré à Cantorbéry. L'historien de Thou dit que le cardinal de Chàtillon <c avait peu de semblables par sa grandeur d'âme , par a sa candeur, son équité, sa fidélité k tenir sa parole et son juge- « ment solide et pénétrant. »
5<> Gaspard II de Coligny, amiral de France (1).
4® Français de Coligny, plus connu sous le nom de Dandelot, frère puiné de Famiral, né k Ghàtillon-sur-Loing en 1521 , fit ses premières armes en Italie , et se distingua tellement k la journée de Ce-* risoles, que le comte d'Enghien l'arma chevalier sur le champ de bataille. Il fut nommé, en 1547, inspecteur-général de l'infanterie, et eut le coounandement des troupes envoyées en Ecosse pour soutenir les droits de l'infortunée Marie Stuart. 1^ guerre ayant éclaté de nouveau en Italie, il y retourna, et fut fait prisonnier au siège, de Parme; pendant sa captivité, il se fit calviniste. A son retour en France, l'amiral lui résigna sa charge de colonel-général de l'infanterie, et il prit une part glorieuse au siège de Saint-Quentin. Il aida le duc de Guise k reprendre Galais et revint k la cour après le traité dé Cateau-Cambrésis(1559). Persécuté k cause de sa religion, il entraîna ses frères dans le parti calviniste, et, lorsque la guerre- civile éclata, il vint se ranger dans l'armée protestante, sous le commandement du prince de Condé. U assistait k la bataille de Dreux, et surprit Orléans, dont il ouvrit les portes au prince de Gondé. La paix qui suivit la reddition de cette ville le rétablit > dans ses emplois; mais il fut de nouveau disgracié, k la suite de la seconde guerre de religion,, et; se retira dans ses terres de Bretagne. La guerre s'étant rallumée en Anjou, il passa la Loire, s'empara de plusieurs villes, et assista k la bataille de Jarnac , où mourut le prince de Gondé. U put cependant rallier une partie de l'armée protestante et se retira k Saintes, où il mourut d'une fièvre violente le 27 mai 1569. Les protestants crurent qu'il avait été empoisonné , comme son frère , ce qui faisait dire au chancelier de Birague que cette guerre finirait, non par les armes,
(i) Voir sa Biographie, tome II , page 162.
mais par les cuisiniers. La vie de Dandelot, écrite par l'abbé Pérao, se trouve dans le tome XYI de Tancien PltUarque français,
La famille de Ck>ligny poussa encore quelques rejetons ; mais ce tponc, arrosé du sang des guerres civiles, ne put reverdir et recouvrer sa splendeur première.
François de Coligny, fils de l'amiral et seigneur de Cb&tillon-sur- Loing, né le 28 avril 1557, échappa à grand'peine au massacre de la SaintrBarthélemi et dut se réfugier à Genève, puis k Bâle, où il séjourna deux ans. Grâce à Tappui des politiques, il put rentrer en France; la mémoire de son père fut réhabilitée et on lui rendit ses biens. D n^en continua pas moins de prendre part aux guerres de religion qui agitaient le Languedoc, et, en 1577, il força le maréchal de Bellegarde à lever le siège de Montpellier.' Pendant les guerres de la Ligue , il prit parti pour le Béarnais , qui le récompensa de ses services par le grade de colonel-général de Tinfanterie, en survivance de son père qui avait porté ce titre. Henri lY, à son avènement, le nomma amiral de Guyenne. Il mourut en 1591.
Son fils aîné, Henri de Coligny, seigneur de CMtillon^ capitaine de cinquante hommes d'armes , les conduisit en Hollande pour soutenir la république des Provinces-Unies contre les Espagnols. H mourut au siège d'Osténde en 16D1.
Gaspard III de Coligny, secondfils de François, amiral de Guyenne, né le 26 juillet 1584, fit ses premières armes en Hollande contre les Espagnols. Nommé colonel-général de l'infanterie, chargé qui semblait héréditaire dans sa famille , il montra beaucoup de zèle pour le inaintien de la discipline. En 1622, il fut fait maréchal de France et prit part k toutes les guerres du règne de Louis XIII. Il mourut au château de Châtillon le 4 janvier 1646.
Gaspard IV de Coligny, fils dû précédent, duc de Châtillon, lieutenant-général des armées du roi, abjura le calvinisme en 1645, et obtint en récompense un brevet portant érection de la terre de Châtillon en duché-'pairie. Il prit part aux troubles de la Fronde, et mourut, en 1649, d'un coup de mousquet qu'il reçut à l'attaque de Charenton. Sa veuve, Angélique de Montmorency, donna naissance à un fils posthume, Henri'-Gaspard de Coligny, en qui s'éteignit la postérité de l'amiral.
Les branches collatérales et les familles avec lesquelles la maison de Coligny avait établi des alliances, les Dandelot, les Laval, les de Cressia, n'offrent plus dlntérét historique. Un seul personnage intéressant se détache du rameau de Saligny, c'est le comte Jean de Coligny, gouverneur d'Autun et lieulenant-général. Il embrassa pendant la Fronde le parti du prince de Condé, et co^nbattit contre les Turcs k la bataille de Saint-Gothard , en 1664. L'empereur lui en marqua sa reconnaissance par plusieurs lettres autographes et par le don de son portrait. Ce dernier rejeton d'une race iHustre mourut le 16 avril 1686. Jl a laissé dès Mémoires manuscrits, signés de sa main, et écrits sur les marges d'un Missel, dont le célèbre Mirabeau avait fait l'acquisition.
Le duché-pairie de Châttllon passa k Paul-Sigismond de Montmorency-Luxembourg, en vertu de lettres-patentes données k Versailles le 1€ février 1696. Cette pièce, recueillie dans V Histoire généa-logique du P. Anselme^ contient une histoire succincte de la maiscn de Coligny.
Maison HURAULT DE CHEVERNY.
AftMOUtiES : D'or à la croix d*azur, cantOBoée de quatre ombres de soleil de gaeules.
n résulte de lettres-patentes, signées k Cléry par le roi Louis XI, en 1482, que Philippe Hurault, premier du nom, avait été bien et dûment anobli par Philippe de Valois, pour services par lui rendus dans la guerre contre l'Angleterre. Les habitants de Blois ^'en continuèrent pas moins de taxer et imposer les Hurault comme de simples bourgeois, et ils durent s'adresser au roi pour obtenir la confirmation de leurs titres et privilèges. Ils tenaient en fief, du duché d'Orléans, les seigneuries de^aint-Denis-^snr-Loire et de la Grange, en Sologne. Jean Hurault fut raaitre-d'hôtel de Charles, duc d'Orléans ; Denis Hurault, son fils, capitaine de la ville et du château de Blois, mourut en 1558.
Mais le rameau de Cheverny ne tarda pas a éclipser la branche ainée des Hurault. Jacques Hurault, seigneur de Cheverny, quitta la maison de Charles de Guyenne, frère de Louis XI, pour se mettre
378 LES HOBtMES ILLUSTRES DE l'ORLÉÂKAIS.
au service de ce prioc^ qui Je fit trésorier de ses guerres et le chargea de solder les subsides dus ^ifx troupes suisses. H fut ensuite général des flnances soûs Louis XII, qui l'établit bailli et gouvemear de Blois. Il mourut dans cette ville en 1517, et fut enterré dans l'é-* glise de SaintWacques, qu'il avait fondée. Son tombeau y fut détruit par les soldats huguenots, en 1568. Raoul Hurault, deuxième du nom, était secrétaire du roi en 1501, et obtint, en survivance de son père, l'office de général des finances. Il servit pendant les guerres d'Italie et mourut au siège de Naples (août 1527). Ce fut lui qui fit bfttir le château de Chlvemy, k quatre lieues de Blois, dans la Sologne.
Par son testament, le comte Raoul, craignant que ses biens, trop divisés, ne permissent plus à ses enfants de vivre honorablemait, fit entrer deux ou trois de ses fils dans les ordres, et fit prendre le voile îi ses deux filles. Or ce fut précisément le dernier né de la famille qui rendit célèbre le nom de Gbeverny.