‹ Les Hommes illustres de l'Orléanais (volume 3)Chapitre 9 sur 51 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

KO LES HOMIIES ILLUSTRES DE l'oRLÉANAIS.

et en parcourant ses ouvrages , on balance à croire s'il fut plus l'ennemi des catholiques'^que des luthériens. Il écrivit contre les uns et les autres, toujours avec un esprit chagrin, et souvent avec un emportement qui tsnait à son caractère.

eu B« PAPIN (ISAAC).

Il naquit à Blois, le 27 mars 1557 , d'une famille protestante. Son père, receveur général des domaines, avait épousé Biadeleine Pajon, sœur de Claude Pajon, ministre des calvinistes d'Orléans. Comme il était très-faible et valétudinaire, on ne lui permit d'apprendre le latin qu'à l'âge de dix-sept ans. Mais il fit alors de si grands progrès dans l'étude qu'à l'âge de vingt ans, lorsqu'il étudiait la philosophie k Gepève, il écrivit à M. Pajon une lettre remarquable sur l'exi^nce de Dieu. Genève était alors divisée, entre les univarsalistes et les particularistes-, sur la question si délicate de la grâce. Les pre» miers demandaient seulement qu'on les tolérât , et le ministre Claude exhortait les Genevois à là tolérance; Desmarets, professeur de Groningue; les pressait, %u contraire, de ne point souffrir les défenseurs de la grâce universelle.» . •

Né protestant et habitué à raisonner sa religion, Isaac Papin formulait, comme point de départ, que sa croyance était la seule véritable. Mais, comme le premier principe de la réforme est qu'on nedoit prendre pour règle de foi que la parole de Dieu, il soutenait l» parti de la tolérance envers tous ceux qui prenaient l'Ecriture-Sainte pour règle. Ce fut ce principe de la tolérance qui, peu k peu, le ramena au catholicisme. «*

L'an 1679, il revint à Blois, puis k Orièans, étudier, auprès du ministre Pajon, la théologie et les langues grecque et hébraïque. Il se perfectionna dans ses études k l'école protestante de Saumur, en 1683; mais comme les ennemis du pajonisme étsiient devenus les plus forts, l'Académie voulut faire signer k Papin «un acte qui condamnait la doctrine de Pajon , ce qu'il refusa courageusement. Cefte conduite le porta k examiner et k approfondir la question de la tolérance; il considéra que, chez les protestants, le premier devoir de

chaque particiilier est de lire rÉcriture-Saiiile , de ^interpréter 0k, de choisir parmi les interprétations celle que Ton juge la meilleure, n eo conclut que les articles sur lesquels ils ne s'accordent pas le sont pas clairs, ni par conséquent nécessaires au salut, et qye cew qui les entendent et les expliquent différemment sont oblige de se tolérer mutuellement.

De Saumur il alla k Bordeaux, sur l'invitation de Pople, gentibonmie anglais, qui, bien que négociant, avait une littérature et une capacité au-dessus du vulgaire. Il voulait lui persuader 4'appren-^ dre le n^ce et lui promettsdt une de ses filles en mariage. Hais le j^me théologiai , qui ne songent qu'à la religion , se borna k une estime réelle pour le père et pour les filles. Le dogme de la tolérance, qu'il regardait commâ le Ibndement du christianisme, l'occupait tout entier. D en applî§pait les conséquences aux Bordelais qui s'étaient réunis par force k l'Église catholique, et il écrivit pour" les consoler «n traité intitulé : La loi renfemnée dam ses justes bornes et réduite à ses véritables principes. D y soutient que les protestants les plus zélés nt doivent pas exclure les catholiques de leur tolésance. Ce tra^ tomba entre les mains de Bayle, qui y ajcfUta quelques pages et le fiiimprimer k Rotterdam, en 1687. Tout cela lui attira la haine des ministres protestants,^ et surtout de son compatriote Jurieu.

Ei^^ ses méditations continuelles ne pouvant s'accommoder du o^oce, il passa en Angleterre, et reçut les ordres de diaconat et de prêtrise de M«r l'évéque d'Ely. L'état de l'Église anglicane augmenta le pendiant qu'il avait pour l'Église catj^q)ique : cette secte , qui conserve l'épiscopat et le principe d'autorité , était une sorte de compromis entre le catholicisme et la réforhie. L'animosité des ministres protestants s'augmenta davantage par la publication des Essais de théologie, dans lesquels Papin insistait encore sur le dogme de la tofèrance qu'il regardait comme l'âme de la réforme. Inquiété par ses ennemis, Papin quitta l'Angleterre et se rendit k Groningue, puis k Rotterdam. Sur la fin de 4687, il voulut aller k Berlin voir deux de ses sœtirs, qui s'y étaient réfugiées après la révocation de l'édit de Nantes; mais il n'acheva pas ce voyage, car, étant arrivé k Hambourg, il y fut retenu pour prêcher et y demeura neuf mois. Il convertit en cette ville M"* AnneViard, qui y était réfugiée et qu'il épousa depuis.

lurieu continua k le poursuivre sons prétexte d'hétérodoxie; il le fil condanuier dans son syiiode et l'obligea de quitter Hamboui^. Papiu accepta alors la chaire de Dantzick, où il prêcha en 1689. Au bout de quatre mois, l'intolérant Jurieu écrivit contre lui au consistoire de cette ville: Toutes ces persécutions ne firent que le rapprocher davantagil du catholicisme. Effrayé des conséquences du libre examen^ et déjà converti dans le cœur, il forma sérieusemaat le projet de rentrer dans le sein de l'Église romaine , et il écrivit ^n ce sens k l'illustre Bossuet, alors évéque de Meaux, dont il reçut des réponses pleines de lumière et de charité. Il reviift k cette époque k Hambourg, où il épousa JMi^i® Anne Viard. Quinze jours a'près son mariage, il s'embarqua- poi^r l'Angleterre, et comme ce pays était alors en révolution , il se détermina k revenir en Franœ. Mais sa inversion n'était pas encore ofiQcielle et il fut arrêta k Calais ^ar ordre du gouverneur. Huft jours après, M. de Yaub*^ le fit remettre en liberté; sa femme vint le rejoindre, et tous d4ix firimt une abjuration solennelle entre les mains de Bossuet, dans Téglise des Pères de l'Oratoire, le ,15 janvier 1690. Papin séjourna ensuite quelque (Bmps k Orléans, ch)Bz la veuve de Pajon , sa tante;, enfin, il révint k Blois^ sa patrie, où le roi lui rendit ses biens et lui procura un établissement honorable.

L'évéque de Blois adressa au nouveau converti de son diocèse une lettre pastorale portant approbation des nouveaux ouvrages que Papia composa en faveur de sa nouvelle religion. De son côté, Jurieu, qui n'avait pas oublié sa vieille rancune , écrivit aussi une lettre pastorale sur cette conversion, qu'il 'traitait de scandale et d'hypocrisie. Papin répondit k ce libelle par un livre intitulé : La toUrcmce des protestants et Vautorité de VÉglise. Bossuet jugea cet ouvrage digne d'être publié ; c'était une bonne fortune pour l'Église romaine que de se voir défendue par ses anciens ennemis.

Au mois d'avril 1709, Papin tomba malade pendant un voyage qu'il fit k Paris. Il était d'une santé très-déUcate , et la polémique religieuse, les fatigues d'une vie si agitée avaient épuisé ses forces. Il mourut le 19 juin 1709, et fut enterré dans l'église paroissiale de Saint-Benoit.

Sa veuve a communiqué les manuscrits qui ont servi k faire une

Douvelle édition de ses ouvrages. Elle-même a écrit une histoire abrégée de la vie, delà conversion et de la mort de Papin, dont nous avons extrait cette notice biographique.

Bossuet et les auteurs du Journal des Savants ont fait aussi l'éloge de ce théologien. Il avait l'esprit pénétrant, juste et net, et poussait les principes jusqu'à leurs dernières conséquences; mais son plus bel éloge a été fait par Jurieu, son ennemi morteU qui , 4)0ur marquer la clarté et la précision de ses écrits,, disait, du ministre Isaiac Papin, qu'y écrivait avec les rayons du soleiK

PAJON (Claude).

Le père de Claude Pajon, calviniste, exerçait la charge d'élu k Romorantin; ce fut dans cette ville que naquit, en 1626, l'un des défenseurs les plus acharnés de la religion protestante. Son père, quifutson premier maître, put apprécier bientôt son intelligence et ne négligea rien de ce qui pouvait la développer. Il l'envoya 4'abord à l'Académie de Sanmur : un jugement sûr, une grande pénétration et une vivacité d'esprit qui se manifestaient jusque dans les études leaip^s abstraites, le firent bientôt distinguer de ses maîtres qui encouragèrent ces heureuses dispositions. Ce fut ainsi qu'il apprit les langues grecque et hébraïque, et qu'il fit en théologie des progrès si rapyies*qu'k l'âge de 24 ans les premiers du synode crurent devoir le nommer ministre à Marchenoir, en Beauce.

Ses qualités morales lui firent beaucçup d'amis, même parmi les catholiques. Mais en matière de dogme , se» opinions particulières lui attirèrent des tribulations de la part des docteurs de sa communion. Il s'était lié avec Jurieu, alors ministre à Mer. Ces relations, provoquées d'abord par le voilage, dégénérèrent en intimité et même en communauté d'idées. et de principes. Italheureusement Pajon pensait comme Ârminius sur la prédestination, sur l'universalité de la rédemption, sur laicorAplîon de l'homme et sur la persévérance. Jurieu , après quelques avertissements pacifiques, se déclara ouvertement l'enneispîideson collègue, -et le discours que celui-ci prononça en 1665, à Saumur, dans l'assemblée du synode d'Anjou , ne contribua pas peu b en\^nimer la controverse.

54 LES UOBIMES ILLGSTKËS DE L'oRLÉANAIS.

Au mois d'avril 1668, Pajon fut appelé au ministère de l'église protestante d'Oriéans. Là il persévéra dans sa doctrine et s'y montra inébranlable dans une conférence qu'il eut avec le ministre Claude , en 1676. Jurieu , dont l'opposition était devenue presque de la haine, eut assez de crédit pour le faire citer devant le synode d'Anjou. Claude Pajon vint y rendre compte de sa conduite, et après de longs débats, il fut renvqgfé absous.

Jurieu ne se tiiU pas pour battu ; il fit de nouveaux efforts. En 1677, il provoqua, à Paris, une réunion à laquelle assistèrent Dubosc, Claude et Mesâard. Le résultat de leur conférence prépara la disgrâce de la doctrine pajoniste. Peu de temps après, les synodes de l'Ile-de- France, de Normandie et d'Anjou, condamnèrent les nouvelles opinions, mais avec ce ménagement que le nom de l'auteur ne fut pas prononcé dans leurs décisions.

L'Acadiémie de Sedan à laquelle le consistoire de Charenton communiqua ce que le synode de l'Ue-de-France avait résolu, rendit ensuite un décret sur cette matière, l^us ces événements affligèrent Pajon, mais il n'en fut pas découragé; Il estimait assez peu Jurieu pour voir avec une sorte ^de résignation philosophique k la tète de ses antagoAstes l'holnme qui* n'avait jamais pu lui pardonner d'être plus considéré que lui. Il avait épousé successivement Catherine Testard, fille du mfaistre de Blois , et la fille de Pereaux, son prédécesseur k Orléans. Deux de ses ftls se convertirent; le second devint curé de Notre-Dame de la Rochelle. Claude Pajon mourut en 1685, k Carré, près d'Orléans.

Ses écrits jouissent d'upe gi*ande réputation parmi les calvinistes. Ce sont: 1<» Examen des préjugés légitimes contre les calvinistee, en réponse au livre publié par Nicole ; — 2« Remarques sur Vavertisse-ment pastoral. Lors des discussion^ occasionnées par les doctrines de Pajon , le dergé catholique publia un avertissement à tous les cotksistoires, dans le but de prouver aux calvinistes qu'ils avaient eu ton de se séparer de l'église romaine. Ce fut à ce sujtt qu| le ministre d'Orléans publia sa réponse. On a prétendu aussi qu'il niah le concours particulier de la providence. Quelle qu!eût été la singularité des opinions émises par ce ministre, il est difiicile de les concilier avec la réputation qu'il afait non-seulement parmi ses co-religionnairesf mais

encore dans le dei^é catholique. Il est probable que ses disciples, couvrirent leurs erreurs de l'autorité de son nom , surtout à l'époque où on les accusait d'avoir dmné dans le pélagianisme le plus outré. On lui attribue aussi une réponse au traité de Bossuet $ur la commumon; mais ce livre est très-rare, sinon inconnu. Son principal ouvrage est sa réponse à Nicole; on y remarque une graùde force de rai- 8(Minenient et beaucoup de concision. C'est au sujet de ce -livre que Jarieu, son adversaire, qui cependant ne put s*empêcher defeiiendre justice , dit de Pajon : « // écrivait bien , U avait beaucoup de a finesse et de délicatesse dans son tour et dans ses manières : les écrits « que nous avons de lui en font foi. »

Cb.-F.Im

JURIEU (Pierre).

On peut îuaer du mérite des théologiens protestants par les réftita-, tiens des docteurs et des prélats de l'église catholique. Jurieo , à co compte, doit passer pour un des plus rudes champions de la xéforme , puisque Bossuet lui fit l'honneur d'une polémique acharnée dans son Histoire des variations des églises protestantes.

n était né le 24 décembre 1657, à Mer, petite ville du Blésois. Son père, Daniel Jurieu, était ministre de ce lieu; sa mère était fille de Pierre du Moulin, pasteur évangétique à Sedan. Bercé dès son enrance dans le calvinisme, dont il avait sucé les principes avec le lait maternel , il alla fort jeune faire des études au séminaire protestant de Saumur, d'où il sortit à dix-neuf ans avec le grade de maître ès-arts. D passa ensuite en Hollande et en Angleterre, où il continua ses études sous MM. Rivet et P. Dum^in, ^aoncles maternels, n reçut même les ordres dans l'église anglicane; mais il ne tarda fss k être rappelé en France pour succéder à son père dans, les fonctions du pastorat. Pendant qu'il exerçait son ministère à Mer, l'église wallone de Rotterdam jeta les yeux sur lui et lui adressa unç voca^^ fûmau mois de novembre 1666. D Irefusa par attachemenl^pour le troiyieau qui lui était confié. «

Son Traité de la dévotion, qui eut vingt-six éditions en ^gleterre, le fit choi^, en 1674, pour remplfr une des chajres^ rAcadémfe

Î56 LES HOMMES ILLUSTUES DE L'OULÉANAIS.

de Sédai). Plein d'ardeur pour l'étude et de zèle pour les intérêts de sa communion , Jurieu partagea son temps entre les devoirs de sa place y les fonctions du ministère et la rédaction de nouveaux émts sur les questions tbéologiques qui divisaient alors tous les esprits. Ayant soutenu dans une de ses thèses la nécessité absolue du baptême pour être sauvé,, cette opinion , quoique ancienne parmi les protestants, fut attaquée par quelques-uns de ses confrères et condamnée au synode de Saintbnge. Cette disgrâce , commune aux ministres réformés, ne ralentit point son zèle, et il continua à- écrire des traités de controverse.

En 1680, les curateurs de l'Université de Groningue lui adressèrent la vocoitort de pisteur de l'église française en leur ville, en même . temps on le sollicitait de venir à Rouen. Jurieu était presque décidé à se rendre en cette ville, lorsqu'il fut averti qu'il y avait ordre de l'arrêter comme auteur d'un libelle intitulé la Politique du clergé de France. Il crut devoit profiter de cet avis et se rendit à Rotterdam , où il obtint le pastoral de l'église wallone et bientôt après une-t^baire de théologie. D recommença k publier en faveur de la communion ()es ouvrages qui se succédèrent avec une telle rsipîdité « qu'on aurait dit qu'il lui fallait moins 'de temps pour les composer qu'il n'en fallait aux réformés pour les lire ». La révocation de l'édlt de Nantes^ en lui étant l'espoir de revoir sa patrie , acheva de troubler son esprit naturellement exalté : alors il se signala par un emportement et des extravagances qui déplurent aux homme» les plus éclairés dé son plarti. Il se mêla de présages, de miracles, de prophéties. De sages conseils ne firent que l'aigrir,^ et il se déchàina dans d'afireux libelles contre Jaçquelot, Basnage, de Beauval, Saurins et Bayle.

Ce dernier soutint cpntre Jurieu une guerre acharnée. L'origine de cette hostilité fut sans doute la jalousie qu'inspira à Jurieu le sueces de \\ Critique de Vhistoire du calvinisme de Maimbourg^ dont il avait aussi publié' la censure. L'abbé d'Olivet a prétendu trouvercJe principe de la haine de Jurieu dans les liaisons de Bayle avec la' femme 4u ministre protestant, dette femme, de beaucoup d'e§pr}t, connut, 'dit-il, Bayle à Sedan et l'aima. II la suivit en Hollande, où ils continuèrent à se voir, même sans en faire trop de mystère. Tlout Rotterdam s'en entretepait*, Jurieu seul n'en savait rien. «On

SIXIÈME SÉIUE. — MINISTRES PROTESTAKïS. 57

a était étonné, dit un de ses biographes , qu'un homme qui voyait <K tant de choses dans l'Apocalypse ne vit pas ce qui se passait chez a loi. Un cavalier, en pareil cas tire Tépée , un homme de robe in- « tente un procès , un poète compose une satire : Jurieu fit des a livres, d II se disputa plus que jamais et avec le moins de modération possible. Catholiques ou protestants, tout lui était égal. Accueilli froidement par ses co-religionnaires, il alla se jeter à corps perdu dans les controverses sur le quiétisme , s'établit arbitre entre Bossuet et Fénelon, et, sans égard pour leur noble caractère ni pour leurs talents, insulta ces deux grands hommes avec une inconcevable audace. Bossuet se contenta de le réfuter avec une dignité ironique qui confondit son adversaire.

La contention et la chaleur avec lesquelles Jurieu écrivit jusqu'à la fin de ses jours, épuisèrent son esprit: « Il s'imaginait que les colite ques dont il était tourmenté venaient des combats que se livraient « des cavaFiers qu'il croyait avoir dans le corps. » Il mourut k Rotterdam en 1715, dans un état voisin de l'imbécillité selon les uns, selon d'autres en conservant jusqu'au dernier moment toutes ses facultés. On a porté sur lui des jugements contradictoires. Le portrait suivant, que Desmaiseaux a tracé de ce théologien , nous parait être le plus fidèle, malgré les récriminations de Chauffepié, son panégyriste: ^11 « (Jurieu) avait l'esprit pénétrant , l'imagination féconde , ^ écrivait « bien et facilement. Quoiqu'il s'éloignât des sentiments des réformés < en plusieurs choses, il nj^ laissait pas de s'ériger en zélé défenseur

iiner partout, et son

eux dont il regardait

ir celqi qu'il croyait

^tgit réglé sur Ja dé^

gardaïqu'il exigeait*

*en faire un ennemi

,lui faisait ]porter la

: à tout le monde. »

Jurieu ne doit guère la célébrité dont il a joui qu'au souvenir de

8es querelles , et ses nombreux Quvrages sont tombés dans l'oubli.

Les curieux recherchent cependant encore les suivants ;

1» Histoire du calvinisme et du papisme mise en parallèle^ réfutation de l'oiPvrage sur Je mêmetsujet, publiée par Maimbourg;

2<> Uesprit de M. Amault tiré de sa conduite et de ses écrits, violente satire qu'Arnault laissa sans réponse, ne jugeant pas à propos de se commettre ayec un tel adversaire;

5<> L'accomplissement des prophéties, ou la délivrance prochaine de

l'Église. Jurieu y soutient sérieusement que le papisme est l'empire

de l'Antéchrist annoncé dans l'Apocalypse. Les protestants furent les

premiers à se moquer du nouveau prophète , qui n'en mit que plus

. d'acharnement k persister djms son opinion ;

40 Les soupirs de la France esclave qui soupire apfis sa liberté, in-4o, qui depuis fut réimprimé en partie sous ce titre: Vqmx d'un patriote^ 1688. C'est une critique, quelquefois juste, toujours passionnée, du gouvernement de Louis XTV ;

50 U histoire critique des dogmes et des aUtes bons et mauvais qui ont ^été dans l'Église depuis Adam jusqu'à Jésus-^Christ. Amsterdam, 1704, avec un supplément. C'est ce qu'il a fait de mieux, quoiqu'il y ait ^ encore introduit des considérations bizarres sur les devins et les sorciers, et qu'il y raconte avec une sorte de crédulité superstitieuse deux événements arrivés & Mer dans sa famille, où la nécromancie, l'hydromancie et la catoptromancie jouent un rôle important.

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