‹ Les Hommes illustres de l'OrléanaisChapitre 1 sur 145 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Km pt.luil ma g ni raput ntt Jmrtlia rtgni ; l.rgo, ftn/d rtli'juum ail, r or fut anlntutfUt fuit.

S. C. Sc MIRER.

L'Orléanais a manqué , jusqu’à ce jour, d’une biographie spéciale. Un grand nombre d’ouvrages ont mis en relief tout ce que cette province offre d’intéressant sous le rapport historique, pittoresque et monumental. De jolis albums, des livres illustrés, de curieuses monographies, ont été publiés avec succès ; mais pei*sonne n’a encore entrepris de réunir toutes les illustrations de l’Orléanais dans un ouvrage qui soit, en quelque sorte, le livre d’or de celte belle province.

Et cependant quel livre peut exciter davantage l’intérôt des trois départements auxquels il s’adresse? Quoi qu’on en dise, la province n’est pas morte. En dépit des agitations politiques, peut-être même à cause de ces agitations, l'esprit provincial s’est réveillé en France. Rassurés sur le présent et délivrés des sombres préoccupations de l’avenir, les esprits sérieux vont revenir aux calmes éludes, et renouer peut-être, dans les arts et dans les lettres, la chaîne interrompue des vieilles traditions.

Or, de toutes les provinces françaises, U n’en est pas une peut-être qui ait eu de plus glorieuses destinées que la nôtre. Si elle n’a pas, comme la Bretagne, l’Alsace et quelques régions excentriques, cette individualité originale et puissante qui se révèle par l’accent ou par le costume ; si elle ne tranche pas sur le fonds commun de la nation; si, au contraire, elle semble se confondre dans une même physionomie avec la capitale, c’est qu’elle est française depuis le berceau de la monarchie. Elle fait son devoir sans bruit, comme chose coutumière. Aussi un historien de l’Orléanais a-t-il pu dire de cette province qu’elle est restée le coeur de la France, n’ayant pu en être la tète.

Certes, il nous serait facile d’évoquer de glorieux souvenirs dans celte province si effacée aujourd’hui. Que de naïves légendes éparpillées dans les vieilles chroniques du moven-àge ! Que de faits éclatants l'Histoire, plus sévère, a enregistrés dans son livre immortel ! Si l’on déchirait dans nos annales les pages où figure le vieil Orléanais , l’histoire de France deviendrait inintel-

Vf

ligible. Les grandes époques de noire histoire pourraient presque se personnifier dans nos trois cités noblement rivales : la ville des Carnutes fut le sanctuaire des druides et le foyer de la race gauloise ; Orléans, cette barrière infranchissable de la nationalité française, couronne dignement l’épopée chevaleresque du moyen-âge par la miraculeuse histoire de Jeanne d’Arc ; et Blois, la ville des rois et des reines, se pare coquettement des chefs-d’œuvre de la renaissance, semés à profusion sur les bords enchanteurs de la Loire. Aussi, voyez comme elle coule lentement, la paresseuse rivière! Elle ne dort pas tout-à-fait, mais elle sommeille. Il semble que ses eaux aient regret de quitter ces rives charmantes où elles ont reflété tour à tour les grands clochers d’Orléans, les élégantes campanilles de Chambord, la masse imposante du château de Blois et les tourelles gothiques de Chaumont.

C’est dans ce cadre si brillant et si animé que nous allons esquisser nos portraits biographiques, et n’osant pas entreprendre l’histoire de la province, nous essaierons de faire celle de ses hommes illustres.

Cette biographie est entreprise sur un plan nouveau : les noms n’v sont point classés dans l’ordre alphabétique ; nous avons voulu faire autre chose

3u’un vocabulaire sec et aride. Notre ouvrage est divisé en séries corresponant aux diverses branches des connaissances humaines. L’Église et l’État, la Magistrature, l’Armée, les Lettres, les Arts et les Sciences y sont représentés en raison des illustrations qu’ils ont fournies. Les femmes célèbres de l’Orléanais occupent dans cette galerie la place glorieuse qu’elles ont su conquérir. Les personnages de chaque série sont classés par ordre chronologique, ce qui permet aux lecteurs de suivre les progrès ou la décadence des institutions, des mœurs, des arts et des sciences dans leur province. De ce simple rapprochement de noms il résultera quelque suite dans les idées et un utile enseignement. Autour des principaux personnages, nous avons groupé les hommes de second ordre dont la vie, pour être moins illustre, n’en est pas moins intéressante, car il y a autant de joie au temple de Mémoire pour un nom modeste tiré de l’obscurité que pour dix hommes célèbres qui y sont entrés par droit de génie.

Voici l’ordre et les litres de chacune de nos séries :

4° — Sciences exactes et naturelles ; 9« • — Femmes célèbres de l’Orléanais ;

5* — Personnages ecclésiastiques ; 10,‘ — Familles illustres.

Pour remplir ce cadre que nous nous étions tracé d’avance, nous avons fait appel à tous les hommes d’étude et de bonne volonté. Nous avons mis à contribution les manuscrits et les livres, les dépôts publics et les collections particulières; nous avons dévalisé nos devanciers et nos contemporains, les morts et les vivants.

Depuis long-temps déjà le dessein d’écrire une biographie de l’Orléanais germait dans les esprits studieux de cette province. Pendant le siècle dernier, un savant Bénédictin d’Orléans, Dom Gérou, encouragé par le supérieur général

Page 1