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ÉMAILLEURS

D’après une tradition locale, il y aurait eu des émailleurs à Limoges, dès les premiers siècles de l’ère chrétienne. Il est certain que la trace de la peinture sur émail dans cette ville se perd aux VIII0 et IXe siècles. Malgré la vogue dont jouissaient les émailleurs limousins au moyen-âge et qui leur constituait une sorte de monopole, le secret de leur art ne tarda pas à se communiquer aux autres provinces, où se formèrent des artistes distingués.

28 LES nOMMES ILLUSTRES DE L’ORLÉANAIS.

La confrérie du Saint-Sacrement, établie à Limoges, entre les orfèvres-émailleurs, dans la paroisse de Saint-Pierre-Queroix, formait école. En 1577, une manufacture d’émail s’établit à Montpellier, et quelques années plus tard, une autre fut fondée à Avignon.

De ces établissements partirent des artistes nomades qui se répandirent sur plusieurs points de la France, où ils firent des élèves.

Un artiste de Limoges, Léonard Limousin, paraît avoir parcouru, au XVe siècle, l’Orléanais, où il fit quelques travaux. Il a peint les dix Apôtres de Chartres, véritables tableaux, remarquables par la pureté du dessin et par l’harmonie des couleurs.

C’est probablement de cette époque que date aussi, dans le Blésois, l’art de la peinture sur émail. Le premier nom qui commence la série des émailleurs est Pierre Chartier, de Blois, peintre de fleurs sur émail, mort en 1574; quelques auteurs attribuent a Jean ou Jacques Toutin, orfèvre de Châteaudun , que l’on fait naître en 1652 ou 1654, l’application des émaux opaques sur l’or. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il inventa les carreaux opaques, qui, selon l’abbé Bordas, reproduisirent, en les fondant à un feu de réverbères* les couleurs brillantes et les couleurs mates, de manière h pouvoir exécuter avec cette singulière palette tout ce qu’on fait avec les couleurs empâtées à l'huile.

Celte espèce de peinture, dont tous les matériaux sont métalliques, jette le plus vif éclat, et par la pénétration réciproque des parties résultant de l’action du feu, se recouvre d’un vernis ineffaçable.

Il y eut, du reste, toute une famille d’artistes de ce nom, car vers la fin du XVIIe siècle, un Henri Toutin a copié sur émail la Famille de Darius , d’après Lebrun.

Jean Toutin forma plusieurs élèves habiles. Outre Gribelin, sur lequel on ne connaît rien, Morlières, né à Orléans, acquit une sorte de célébrité par l’émaillure des bijoux, tels que bagues et boîtes de montres. 11 s’était fixé de bonne heure à Blois, où il eut pour élève Robert Vauqüer, qui imita sa manière sans avoir le même succès. Le voisinage de la Cour, qui résidait souvent alors 'a Blois ou h Chambord, devait favoriser l’industrie des émaux et des bijoux.

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