‹ Les Hommes illustres de l'OrléanaisChapitre 138 sur 145 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

plusieurs autres fiefs du Gâtinais, fut l’un des grands du royaume qui suivirent le roi Louis-le-Jeune dans son expédition en Terre- Sainte; mais il y demeura peu de temps et revint en France avant le roi. Il avait épousé la sœur de Guy du Donjon, seigneur de Corbeil, et, comme les seigneurs de Montlhéry et dn Puiset, il était la terreur de ITle-de-F rance. On peut en juger par la lettre queThibaud de Champagne écrivait à Suger, abbé de Saint-Denis , régent pendant l’absence du roi : « Je vous donne avis que Renaud de Cour- « tenai a fait une grande injure au roi et à vous, qui êtes le gar- « dien de son royaume; car il s’est saisi de certains marchands royaux « qui avaient acquitté leurs péages à Orléans et à Sens , et les a dé- * pouillés de toutes leurs marchandises. C’est pourquoi il est néces- <t saire que vous lui ordonniez, de la part du roi et de la vôtre, qu’il « ait k les mettre en liberté , et leur rendre ce qui leur appartient. « Que s’il refuse d’y satisfaire et que vous désiriez envoyer une ar- « mée contre lui, pour le faire obéir, faites-moi savoir votre volonté, a afin que je vous amène du secours , et que je vous aide à le re- « mettre dans le devoir. »

La fille ainée du sire de Courtenay, Élisabeth , dame de Montargis, &c. , épousa, vers l’an 1150, Pierre de France, septième fils du roi Louis-le-Gros. Celte alliance royale ouvre à la maison de Courtenay une longue et brillante carrière de fortune et d’illustration. Déjà un de ses membres avait suivi Guillaume-le-Conquérant en Angleterre, où il devint la souche des comtes de Devonshire. Un fils de Josselin I, établi en Terre-Sainte, obtint le comté ù’Édesse , dont héritèrent ses descendants. Pierre 11 de Courtenay , qui continua le branche directe, fut empereur de Constantinople, et transmit à deux princes de sa famille ce titre illusoire. Nous n’avons pas à nous occuper de ce rameau qui se greffe sur un tronc royal ; nous nous bornerons à suivre la filiation de la branche cadette qui demeura dans l’Orléanais.

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