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SEIGNEURS DE CHAMPIGN ELLES

Ils tort .vient : D’or à trois tourteaux do gueules, au lambel de cinq pendants d’azur.

Robert I de Courtenay , second fils de Pierre de France, fut seigneur de Champignelles, de Charny, de Mehun - sur - Yèvre , de

Selles, &c. , et bouteiller de la couronne. Il accompagna le prince Louis, fils de Philippe-Auguste, dans son expédition en Angleterre, en 1217 , et prit part aux croisades contre les Albigeois. Il suivit saint Louis en Afrique, et mourut dans cette expédition en 1239.

Son fils, Guillaume de Courlenay-Champignelles , combattit à son tour à la seconde croisade de saint Louis, et mourut en 1280.

Jean 1 de Courtenay -Champignelles assista à la bataille de Monsen-Puelle en 1304. Ses descendants prirent part h toutes les guerres qui , au XIVe et au XVe siècles, décimèrent la noblesse française, et laissèrent de leur sang sur tous les champs de bataille de la guerre de cent-ans. Le dernier, Jean IV, surnommé Sans-Terre, mourut vers 1472, ruiné et sans laisser de postérité légitime.

Les autres branches de la maison de Courtenay sont celles de Bléneau, dont le dernier espéra en vain être reconnu prince du sang par le crédit de Richelieu; de la Fertè-Loupière et de Chevillon, qui firent aussi d’inutiles démarches pour obtenir le rang dû h leur origine royale; de Tanlay, de Changy, &c. , qui, toutes, servirent avec distinction dans les armées françaises et brillèrent au premier rang parmi la noblesse d’épée.

Le donjon féodal des sires de Courtenay , déjà démantelé par le temps et les ordonnances royales, fut entièrement démoli en 1774, et un château moderne s’élève aujourd’hui sur les fondations de l’antique manoir.

Maison D’ILLIERS.

Blason : D’or à six anuelets de gueules.

La petite ville d’Illiers, située dans la Beauce, entre Chartres et Orléans, a donné son nom à une ancienne maison qui remonte à l’an 948. Avesgard, sire d’iLLiERS, est le premier du nom ; il obtint de la veuve du comte Thibaut de Chartres les dîmes et le droit de présentation â l’église d’Illiers. Une alliance qui eut lieu en 1259, entre Yolande d’Illiers et Philippe de Vendôme, fit passer dans la maison de Vendôme le nom et les armes d’Illiers. Deux membres de cette maison jouèrent un rôle important au XVe siècle. Miles fut évêque de Chartres en 1451 ; il fut employé en diverses ambassades

par les rois Charles VII et Louis XI. Son frère, Florent d’Illiers, lut un de ceux qui défendirent avec le plus de courage la cause désespérée de la couronne de France, contre les tentatives des Anglais. Il vint se joindre, avec toute la noblesse du pays chartrain, h l’armée que le roi avait rassemblée et fit partie des troupes qui se jetèrent dans Orléans, pour la défendre. Les mémoires du temps attestent le courage dont il fit preuve, et son nom se rencontre partout dans les relations particulières de ce siège, principalement dans le récit qui en fut imprimé l’an 1606 :

« Arriva le jeudy vingt-huitiesme avril, un capitaine moult re- « nommé, appelé messire Florentin d’Illiers, et avec lui quatre « cents lances fournies, tous bien combattans, qui venaient de « Chasteaudun, lequel par son arrivée réjouit grandement les ea- « pitaines. » Plus loin, on le représente de retour dans Châteaudun, dont il était capitaine, « remportant grand prix, los et renommée « des vaillans faicts d’armes par luy et ses gens faits au siège d’Or- « léans; et de fait, en recognaissance d’une si belle action, les Or- « léannois nommèrent une des principales rues de leur ville la rue « d’Illiers , qui s’appelle encore aujourd’hui de ce nom-la, en mé- « moire de ce que ce brave capitaine entra premièrement par là et « qu’il eut l’honneur de porter les premières nouvelles de cette fa- « meuse entreprise de la Pucelle , au-devant de laquelle il sortit dès « le lendemain, avec le bastard d’Orléans, pour favoriser l’entrée de « cette amazone. »

Les habitants de Chàteaudun établirent une fête commémorative de cet événement en l’honneur des glorieux exploits de leur capitaine, le digne chevalier de Jeanne d’Arc. Lorsque les Anglais commencèrent à perdre peu à peu le terrain qu’on leur avait laisse prendre, Florent d’Illiers entreprit de les chasser de la Beauce et de délivrer Chartres. Il se ménagea des intelligences dans la ville et y entra, à l’aide d’un stratagème, le samedi, veille des Rameaux. Il acheva ensuite d’expulser les Anglais du Dunois, du Yendômos et du Perche. Il fut nommé gouverneur et bailli de Chartres, et mourut en 1461, « presque en même temps qu’il eut appris la mort de « Charles VII, comme s’il luy eust été difficile de survivre à un tel « maistre, qu’on peut dire avoir esté l’un des plus reconnaissant. u comme il lut un des plus victorieux roys de cette monarchie. *

Son fils Charles épousa Olive de Saintré. Il commence la branche des Chantemile, dont les seigneurs^d’Uliers portèrent le nom. L’un d’eux épousa, en 1388, une fille de Balzac d’Entragues, gouverneur de l’Orléanais, et de Jacqueline de Rohan, sa première femme. Par cette alliance, les d’IUiers devinrent seigneurs de Malesherbes, de Manoussis et de Gié.

(lu. -F. L.

Maison de COLIGNY-CHAT1LLON.

Blason : De gueules , à l’aigle d’argent , membre , becqué , et couronné d’a2ur.

Cette famille a tiré son nom du fief de Coligny, petite ville située sur la frontière de la Bresse et de la Franche-Comté ; elle prétendait descendre des anciens comtes de Bourgogne (1).

Elle habita, dès le XIe siècle, le pays de Revermont, et acquit au XIIIe la seigneurie d’Andelot, qui devint par la suite un des noms patronymiques de la famille.

Guillaume II de Coligny épousa, en 1437, Catherine de Saligny, dame de Châtülon-sur-Loing , et, dès lors, celte opulente maison quitte le comté de Bourgogne et vient se ranger sous le vasselage des rois de France.

Jean III de Coligny combat ii Montihéry (1465), dans l’armée de Louis XI, contre le comte de Cliarolais, fils de son suzerain. Il fut inhumé dans l’église collégiale de Saint-Pierre-de-Châlillon.

Gaspard I, capitaine de cent hommes d’armes, suivit le roi Charles VIII dans son expédition d’Italie, et se signala à la bataille de Fornoue (1493). Sous Louis XII, il combattit à Pavant-garde de l’armée française, à la bataille d’Aignadel (1309). François Ier le récompensa de la valeur dont il fit preuve a la bataille de Marignan (1313) par le grade de maréchal de France. Il assista en cette qualité à l’entrevue du camp du Drap-d’or, et fut ensuite créé lieutenant de Champagne et de Picardie. Le roi lui donna la principauté d’Orange, en échange de celles de ses terres qui relevaient de l’Empire, et dont il ne jouissait point. Nommé lieutenant-général de l’armée française

(I) Voy. Preuve s de la maison de Colignjf, par Du Bouchet.

envoyée au secours de Fontarabie , il tomba malade en Gascogne et mourut le 24 août 1522. Son corps fut enterré dans la chapelle du château de Chàtillon-sur-Loing. Brantôme lui rend ce témoignage que « c’était un bon et sage capitaine , du conseil duquel le roy s’est « fort servi tant qu’il a vescu, car il avait bonne teste et bon bras. »

De son mariage avec Louise de Montmorency , sœur du connétable et dame d’honneur de la reine Anne de Bretagne, il eut plusieurs enfants, savoir:

1° Pierre de Coligny, né h Châtillon en 1515; il mourut à dixneuf ans, page du roi François Ier.

2° Odet de Coligny, plus connu sous le nom de cardinal de Chàtillon , naquit le 10 juillet 1517. Chanoine de la Sainte-Chapelle à dix-sept ans, il devint successivement abbé de Saint-Euverte d’Orléans, de Saint-Benoit-sur-Loire , de Ferrière-en-Gàtinais, &c. , &c. Il employait ses riches bénéfices d’une manière honorable, et Brantôme dit « qu’il faisait plaisir à tout le monde , et jamais ne refusa « homme à lui en faire, et jamais ne les abusa ni vendit de la fumée « de cour. »

A dix-huit ans , il fut nommé cardinal par le pape Clément VII , et le roi lui donna successivement l’archevêché de Toulouse et l’évêché de Beauvais, qui était une des comtés-pairies du royaume.

La lecture de quelques ouvrages de Calvin , mais surtout l’ascendant de son frère Dandelot , commencèrent à ébranler la foi du cardinal, qui bientôt se déclara ouvertement pour la réforme. Le pape Pie IV l’excommunia et le raya de la liste des cardinaux; mais l’évêque-comte de Beauvais n’en continua pas moins de siéger dans les conseils, revêtu de la pourpre romaine. En 1564, il épousa publiquement Élisabeth de Hauteville, qui fut présentée k la cour sous le titre de madame la cardinale. Dès lors, il fut un des chefs les plus ardents du parti calviniste e\ assista k la bataille de Saint-Denis (1567). « It « y fit très-bien , dit Brantôme , et montra au monde qu’un noble et « généreux cœur ne peut mentir ni faillir, en quelque lieu qu’il se « trouve, ni en quelque habit qu’il soit. » Craignant d’être arrêté, il se réfugia en Angletérre, déguisé en matelot, et y fut bien accueilli par la reine Élisabeth. Le parlement de Paris rendit un arrêt qui le déclarait rebelle et criminel de lèze-majesté au premier chef, déchu </<♦ ses titres et bénéfices , et condamne en 200,000 livres (f amende envers h

roi. Son frère l’amiral l’ayant invité à revenir en France, après la pacification de 1570, il se rendit à Hampton pour s‘y embarquer; mais il mourut empoisonné par son valet-de-chambre le 14 février 1571, et fut enterré à Cantorbéry. L’historien de Thou dit que le cardinal de Châtillon « avait peu de semblables par sa grandeur d’âme , par « sa candeur, son équité, sa fidélité a tenir sa parole et son juge- « ment solide et pénétrant. »

5° Gaspard II de Coligny, amiral de France (1).

4° François de Coligny, plus connu sous le nom de Dandelot, frère puîné de l’amiral, né à Chàtillon-sur-Loing en 1521 , fit ses premières armes en Italie , et se distingua tellement à la journée de Cerisoles, que le comte d’Engliien l’arma chevalier sur le champ de bataille. Il lut nommé, en 1547, inspecteur-général de l’infanterie, et eut le commandement des troupes envoyées en Écosse pour soutenir les droits de l’infortunée Marie Stuart, ta guerre ayant éclaté de nouveau en Italie , il y retourna , et fut fait prisonnier au siège de Parme; pendant sa captivité, il se fit calviniste. A son retour en France, l’amiral lui résigna sa charge de colonel-général de l’infanterie, et il prit une part glorieuse au siège de Saint-Quentin. Il aida le duc de Guise à reprendre Calais et revint h la cour après le traité de Cateau-Cambrésis(1559). Persécuté à cause de sa religion, il entraîna ses frères dans le parti calviniste, et, lorsque la guerre civile éclata, il vint se ranger dans l’armée protestante, sous le commandement du prince de Condé. Il assistait à la bataille de Dreux, et surprit Orléans, dont il ouvrit les portes au prince de Condé. La paix qui suivit la reddition de cette ville le rétablit dans ses emplois ; mais il fut de nouveau disgracié, h la suite de la seconde guerre de religion, et se retira dans ses terres de Bretagne. La guerre s’étant rallumée en Anjou, il passa la Loire, s’empara de plusieurs villes, et assista à la bataille de Jarnac , où mourut le prince de Condé. Il put cependant rallier une partie de l’armée protestante et se relira à Saintes, où il mourut d’une fièvre violente le 27 mai 1569. Les protestants crurent qu’il avait été empoisonné, comme son frère, ce qui faisait dire au chancelier de Birague que cette guerre finirait, non par les armes ,

(1) Voir sa Biographie, tome II, pago

mais par les cuisiniers. La vie de Dandelot, écrite par l’abbé Pérau, se trouve dans le tome XVI de l’ancien Plutarque français.

La famille de Coligny poussa encore quelques rejetons; mais ce tronc, arrosé du sang des guerres civiles, ne put reverdir et recouvrer sa splendeur première.

François de Coligny , fds de l’amiral et seigneur de Châtillon-sur- Loing, né le 28 avril 1557, échappa à grand’peine au massacre de la Saint-Barthélemi et dut se réfugier h Genève, puis h Bâle, où il séjourna deux ans. Grâce à l’appui des politiques , il put rentrer en France; la mémoire de son père fut réhabilitée et on lui rendit ses biens. Il n’en continua pas moins de prendre part aux guerres de religion qui agitaient le Languedoc, et, en 1577, il força le maréchal de Bellegarde à lever le siège de Montpellier. Pendant les guerres de la Ligue , il prit parti pour le Béarnais , qui le récompensa de ses services par le grade de colonel-général de l’infanterie, en survivance de son père qui avait porté ce titre. Henri IV, â son avènement, le nomma amiral de Guyenne. II mourut en 1591.

Son fds aîné, Henri de Coligny, seigneur de Châtillon , capitaine de cinquante hommes d’armes, les conduisit en Hollande pour soutenir la république des Provinces-Unies contre les Espagnols. Il mourut au siège d’Ostende en 1 GO! .

Gaspard III de Coligny, second fds de François, amiral de Guyenne, né le 26 juillet 1584, fit ses premières armes en Hollande contre les Espagnols. Nommé colonel-général de l’infanterie, charge qui semblait héréditaire dans sa famille , il montra beaucoup de zèle pour le maintien de la discipline. En 1622, il fut fait maréchal de France et prit part à toutes les guerres du règne de Louis XIII. Il mourut au château de Châtillon le 4 janvier 1646.

Gaspard IV de Coligny , fds du précédent, duc de Châtillon, lieutenant-général des armées du roi, abjura le calvinisme en 1643, et obtint en récompense un brevet portant érection de la terre de Châtillon en duché-pairie. Il prit part aux troubles de la Fronde, et mourut, en 1649, d’un coup de mousquet qu’il reçut à l’attaque de Charenton. Sa veuve, Angélique de Montmorency, donna naissance h un fds posthume, Henri-Gaspard de Coligny, en qui s’éteignit la postérité de l’amiral.

Les branches collatérales et les familles avec lesquelles la maison de Coligny avait établi des alliances, les Dandelot , les Laval , les de Cressia, n’offrent plus d’intérêt historique. Un seul personnage intéressant se détache du rameau de Saligny, c’est le comte Jean de Coligny , gouverneur d’Autun et lieutenant-général. Il embrassa pendant la Fronde le parti du prince de Condé, et combattit contre les Turcs à la bataille de Saint-Gothard , en 1664. L’empereur lui en marqua sa reconnaissance par plusieurs lettres autographes et par le don de son portrait. Ce dernier rejeton d’une race illustre mourut le 16 avril 1686. Il a laissé des Mémoires manuscrits, signés de sa main, et écrits sur les marges d’un Missel, dont le célèbre Mirabeau avait fait l’acquisition.

Le duché-pairie de Chàtillon passa à Paul-Sigismond de Montmorency-Luxembourg , en vertu de lettres-patentes données h Versailles le 16 février 1696. Cette pièce, recueillie dans Y Histoire généalogique du P. Anselme, contient une histoire succincte de la maison de Coligny.

Cl B.

Maison HURAULT DE CHEVERNY.

Armoiries: D'or à la croix d’azur, cantonnée de quatre ombres de soleil de gueules.

Il résulte de lettres-patentes, signées àCléry par le roi Louis XI, en 1482, que Philippe Hurault, premier du nom, avait été bien et dûment anobli par Philippe de Valois, pour services par lui rendus dans la guerre contre l’Angleterre* Les habitants de Rlois n’en continuèrent pas moins de taxer et imposer les Hurault comme de simples bourgeois, et ils durent s’adresser au roi pour obtenir ta confirmation de leurs titres et privilèges. Ils tenaient en fief, du duché d’Orléans, les seigneuries de Saint-Denis-sur-Loire et de la Grange, en Sologne. Jean Hurault fut maitre-d’hôtel de Charles, duc d’Orléans Denis

Hurault, son fils, capitaine de la ville et du château de Blois, mourut en 1558.

Mais le rameau de Cheverny ne tarda pas à éclipser la branche ainée des Hurault. Jacques Hurault, seigneur de Cheverny, quitta la maison de Charles de Guyenne, frère de Louis XI, pour se mettre

au service de ce prince, qui le lit trésorier de ses guerres et le chargea de solder les subsides dus aux troupes suisses. Il fut ensuite général des finances sous Louis XII, qui l’établit bailli et gouverneur de Blois. Il mourut dans celte ville en 1517, et fut enterré dans l’église de Saint-Jacques, qu’il avait fondée. Son tombeau y fut détruit par les soldats huguenots, en 1568. Raoul Hurault, deuxième du nom, était secrétaire du' roi en 1501, et obtint, en survivance de son père, l’oflice de général des finances. 11 servit pendant les guerres d’Italie et mourut au siège de Naples (août 1527). Ce fut lui qui fit bâtir le château de Chiverny, à quatre lieues de Blois, dans la Sologne.

Par son testament, le comte Raoul, craignant que ses biens, trop divisés, ne permissent plus h ses enfants de vivre honorablement, lit entrer deux ou trois de ses fils dans les ordres, et fit prendre le voile à ses deux filles. Or ce fut précisément le dernier né de la famille qui rendit célèbre le nom de Cheverny.

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