I. DEBARBOUILLER
GUIART (Guillaume).
Cet écrivain naquit à Orléans vers la fin du XIIIe siècle. Il a écrit une histoire de France, en vers, sous le titre de la Branche des royaux lignages ; son récit commence h la naissance de Philippe- Auguste, c’est-à-dire , vers l’an 1165 et va jusqu’en 1306.
Dans le prologue, il déclare son nom et sa patrie :
Par quoy , je , Guillaume Guiart ,
D’Orliens né , de la Guillerie . . .
Il ajoute qu’il a composé son histoire sur le modèle d’une (7/ironique latine qu’il avait lue dans l’abbaye de Saint-Denis. C’est celle de Guillaume le Breton , en vers et en prose , publiée par Pithou et Duchesne.
Guiart fît cet ouvrage en l’honneur de Philippe-le-Bel, ainsi que le porte la dédicace , et la commença en 1304, à Arras , où il se faisait traiter d’une blessure reçue dans la guerre de Flandre , à laquelle il avait pris part avec les Orléanais, dont il parle avantageusement. Son but était tout patriotique : il voulait opposer son travail à une histoire écrite en vers par quelque partisan des Flamands , et qui portait atteinte à l’honneur des Français.
Guiart était sergent d’armes à la bataille de Mons-en-Puelle , et ce fut à l’attaque de la maison Haiguerie ou Hainguerie qu’il fut blesse
Du fer d’un quarrel el pié destre (droit)
Et d’une espée el bras senestre (gauche).
L’ouvrage de Guiart fut interrompu quelque temps , repris en 1306 et fini cette année-là; il contient vingt mille six cent quarante vers.
Guiart a un style assez noble pour l’époque, mais il a peu d’invention. Il rapporte des faits qui ne se trouvent point ailleurs, et dont quelques-uns ont pour nous un intérêt tout particulier. Ainsi, par exemple, ce qu’il dit de l’équipement des soldats Orléanais (t. Il, vers 8,575-96); de leur vigilance en face de l'ennemi (8,919-37); de la bravoure d’un serjant d’Orléans (v. 10,900), etc., etc.
On trouve dans le poème de Guiart l’histoire du règne de Louis EX; Du Cange en a pris un extrait pour l’insérer dans la vie de ce saint roi, publiée à Paris en 1668;