L.-D. CHARTIER
AIC.NAN (Etienne).
B naquit en 1773, à Beaugency-sur-Loire, d’une honorable famille de robe, fit de brillantes études au collège d’Orléans, et montra dès sa jeunesse un goût décidé pour la poésie.
La révolution le surprit à cet âge ardent où l’imagination accepte avec enthousiasme toutes les idées généreuses et surtout les idées de liberté. Aignan se voua d’abord tout entier à cette cause que devaient profaner tant d’excès.
Il était, a 19 ans, procureur-syndic ou agent national près le district d’Orléans, et il occupa cette place pendant toute la durée du régime de la terreur.
Nous avons retrouvé deux discours qu’il prononça h cette époque dans le Temple de V Eternel, à Orléans, l’un pour la fête du Genre humain, le 50 prairial an II de la République française, une et indivisible, l’autre sur l’Existence de l'Être suprême et sur V Immortalité de T âme liées à l'affermissement et au bonheur de la République française. II composa, en 1793, la Mort de Louis XV 1, tragédie h laquelle M. Berthevin, d’Orléans, homme de lettres, auteur de plusieurs ouvrages qui ont du méritera aussi travaillé; et, en 1795, un Chant funèbre aux mânes des neuf victimes d’Orléans.
Mais, en 1800, on le retrouve secrétaire-général de la préfecture du Loiret; plus tard, il remplit les mêmes fonctions dans le département du Cher, sous M. de Luçay. A partir de ce moment, ses productions cessent d’avoir un caractère politique; elles sont presque toutes littéraires. Ainsi, en 1801 , il donne Y Essai sur la critique.
260 LES HOMMES ILLUSTRES I)E L’oULÉAïUIS.
traduction en vers libres du poème de Pope. On prétendit que le titre n’était pas exact ; que cet ouvrage n’était pas une traduction en vers libres, mais une traduction libre en vers réguliers. En 1802, il traduit
de l’anglais Y Amitié mystérieuse, en 5 volumes , et la Famille de
Mourtrai, en 4 volumes. En 1805 , il traduit le Vicaire de Wakefield, et en 1804, il donne Polyxène, tragédie en trois actes.
En 1808, Aignan occupa la place d’aide des cérémonies de l’empereur, puis celle de secrétaire à l’introduction des ambassadeurs.
Aignan, on le voit, était loin de son point de départ, et l’expérience avait singulièrement modifié ses idées républicaines.
En 1809, il donna une traduction en vers de V Iliade, qui fut vivement critiquée, et dont le peu de beautés sont empruntées presque littéralement li Rochefort, le plus supportable des traducteurs d’Homère.
Deux ans après, il fit Brunehaut, tragédie en 5 actes , qui n’eut qu’un petit nombre de représentations, quoiqu’elle soit une des meilleures pièces d’ Aignan, et Arthur de Bretagne, tragédie en 5 actes.
Il fit paraître^ en 1816, les opéras du Connétable de Clisson et de Neplitali, que la classe des Beaux-Arts deTInstitut a mentionnés avec éloge dans son rapport sur les prix décenneaux.
En 1814, Aignan avait obtenu h l’Académie française le fauteuil laissé vacant par la mort de Bernardin de Saint-Pierre ; cette nomination excita de vives réclamations et des plaisanteries assez mordantes. Son discoure de réception, prononcé le 18 mai 1815, parut médiocre et fut froidement accueilli. Il mourut à Paris en 1824.
On a de lui quelques autres ouvrages : 1° un Abrégé du voyaye
de Mungo-Park (1798); les Protestants français ; les Coups d’État, et » »
diverses brochures sur le procès de Y Epingle noîVe, entre autres un opuscule intitulé: de la Justice et de la Police, ou examen de quelques parties de Vinstruction criminelle, considérées dans leur rapport avec les mœurs et la sûreté des citoyens, par Aignan , l’un des jurés dans le procès des associés de V Epingle noire , une édition des OE uvres de Bacine (1824); la Bibliothèque étrangère d’histoire et de littérature ancienne et moderne, 5 volumes in-8°.
Il a laissé en manuscrit plusieurs ouvrages, entre autres une J/istoire ancienne et une traduction de Y Odyssée presque terminée.
« En général, ses œuvres dramatiques et ses traductions, qui sont la meilleure partie de ses ouvrages, annoncent un esprit correct et laborieux, plutôt qu’un esprit original. »