‹ Les hôpitaux de DreuxChapitre 2 sur 47 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

'/“ Que nos ancêtres ont eu de temps immémorial un vif amour de leur prochain et qu’ils ont toujours cherché à soulaqer les malheureux dans leurs misères et leurs maladies j

2° Qu’ils savaient pratiquer ce précepte humanitaire qu’on nomme la Fraternité et cette vertu chrétienne quon appelle la Charité, puisque ces 'hôpitaux furent richement dotés et entretenus grâce à leurs libéralités sans cesse renaissantes et dont on retrouve encore aujourd'hui une partie dans le patrimoine de l'hôpital ;

3° Qu'ils ont toujours eu le souci bien entendu de l’ hygiène publique, puisque, aux époi/ues néfastes ou notre ville fut ravagée par la lèpre, lapeste et la fièvre pourprée, les personnes atteintes de ces maladies furent soignées dans des hôpitaux établis en dehors de la ville et loin des habitations, et que, pour éviter la contagion, V Ilôtel-Dieu fut exclusivement réservé aux maladies ordinaires.

Nous ajouterons que l' Hôtel-Dieu ne se bornait pas à recevoir les pauvres atteints de graves maladies, 7nais qu’il venait en aide aux familles nécessiteuses, leur donnant des vivres et des vêtements, et les faisant soigner dans leurs simjiles indispositions.

Dans ce but, une confrérie de dames auxiliaires était chargée de la dispensation presque exclusive des secours dont V Hôtel-Dieu était le centre. En même temps que le secours matériel qui soutient et réconforte le corps, ces femmes prodiguaient à leurs protégés le secours moral et religieux qui relève et rassérène l'dnte. Nos pères avaient compris que l’indigent n’a pas seulement besoin d’un morceau de pain pour la faim, de vêtements contre le froid, de médicaments et de soins dans les maladies ; qu'il lui faut par dessus tout des consolations, de l’affection et de l'estime.

Pour l'appeler sans cesse aux officiers de ville (/) et aux familles aisées que l’amour du prochain est la plus sublime et la plus sacrée des obligations, les bourgeois de Dreux avaient fait jj lacer au fronton du portail de V tlôtel-de-Ville l’effigie de la Charité (2).

(1) Chaque année, le jour de la Trinité, après l’élection du maire, les quarante pairs composant le corps de ville allaient par toutes les maisons faire une quête pour les pauvres, auxquels la ville distribuait aussi ce même jour la valeur d’un muid de blé en petits pains.

(2) Cette sculpture, qui représentait en même temps la Foi et l’Espérance, avait été faite en 1532 par Jacques Lefèvre, tailleur d’images, et avait été payée douze livres tournois.

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