CHAPITRE XXVIII
Libéralités faites à l’Hôtel-Dieu et à l’Hôpital depuis le XIP siècle jusqu’à nos jours.
Les habitants de Dreux, chez qui la charité a toujours été héréditaire, n’ont jamais cessé, au cours des siècles passés et aussi de nos jours, de soutenir l’Hôtel-Dieu et aussi l’hôpital par leurs bienfaits, comme ils le font toujours d’ailleurs pour toutes les œuvres pieuses et humanitaires.
Nous croyons intéressant de mentionner ici toutes les libéralités faites à notre établissement hospitalier par nos ancêtres et par nos contemporains.
En voici la liste que nous avons relevée sur les titres et registres de cette maison :
1132, Louis le Gros « donne aux pauvres de Dreux à perpétuité et leur concède le droit dans ses moulins qu’ils y moulent le blé pour leur nourriture, et ce, de sorte qu’il ne soit point pré-
levé ni exigé d’eux de mouture de leur blé, ni pour les moulins, ni pour les meuniers ; voulant en outre qu’ils moulent leur blé sans aucun délai, de préférence à celui qui se trouvera dans les moulins. » Il leur accorde en outre, rapporte M. Lefèvre, « un droit de foire de trois jours sans rien payer ».
1178. Par une charte datée de P'ermaincourt, Robert 1®'', comte de Dreux et de Braine, et Agnès, son épouse, concèdent <f deux muids (1) de blé à prendre tous les ans dans leurs mou-
(1) Le muid de blé contenait 18 hectolilres 73 litres.
LËS HOPITAUX DE DllEUX
lins, pour les posséder à perpétuité, » et leur concèdent en outre, « pour établir une foire de trois jours à la Nativité de saint Jean- Baptiste, tous les revenus de Dreux pendant trois jours entiers, pour les avoir à perpétuité, à l’exception des revenus des foires et moulins. »
1186. Par une charte datée de Fermaincourt, Robert II, comte de Dreux, sanctionne la donation que « les sieurs Otran de la Huchette, Payen d’Orléans et Roger, fils dudit Otran, ont, pour la rémission de leurs péchés et ceux de leurs ancêtres, faite de tout le territoire qui leur appartenait à Gougerval (1), paroisse de Germainville, pour en jouir en totalité et sans trouble ou y bâtir de toute manière. »
1196. Accord entre l’Hôtel-Dieu et Renaud, fils de Foulques, au sujet du moulin au Cavalier ou du Soldat (2), par lequel accord ledit Renaud abandonne chaque année à la maison de l’Aumône un demi-muid de mouture telle qu’elle viendra audit moulin. Cette transaction fut faite par Henri Valin, notaire des bourgeois, et, « pour qu’elle demeurât désormais inébranlable, lesdits bourgeois la confirmèrent par l’apposition du sceau de la commune de Dreux. » Au nombre des témoins nous trouvons « Godefroid Bourgoing, maire en exercice de la commune de Dreux. »
1197. Donation à l’hôpital de Saint-Jean-Baptiste de Dreux, par Raoul, fermier de Mantes, de la terre qu’il possède à Germainville.
(1) Parmi les nombreux baux de ce domaine qui se trouvent dans les archives, nous en relevons un, de 1458, qui nous paraît curieux et par lequel messire Jehan Charbonnier, maître et administrateur de l’Hôtel-Dieu donne à bail à Colin Perdriau, demeurant en la paroisse de Saint-Symphorien de Moronval, la métairie de Gougerval, « moyennant le prix de quinze septiers grain, les deux pars blé et le tiers avoine, et une myne de poys, par chacun an... ; le dit Colin était tenu de faire bastir et édiffier sur la place de la dicte mestairie une maison de troys creux bonne et suffisante. »
(2) Noms donnés dans l’origine au moulin de l’Aumône. Ce moulin n’appartenait pas alors à l’Hotel-Dieu, comme le rapporte Dorât, qui, sans preuve à l’appui, prétend que<i Robert I" concéda à cette maison la propriété dudit moulin avec un fief dans Dreux, » Nous verrons d’ailleurs qu’en 1295 l’Hütel-Dieu n’en était pas encore propriétaire, qu’il appartenait à ce mo^ ment à un sieur Jehan dit Mignart,
1209. Par une charte datée de Fermaincourt, Robert II, comte, seigneur de Dreux et de Braine, confirme une transaction intervenue « à la suite d’une contestation qui s’était élevée entre la maison de l’Aumône de Dreux et les héritiers du féal Tébold de Germainville, sur une terre que la dite maison disait être possédée à tort par lesdits héritiers. »
1210. Robert II donne « les droits et revenus de la foire de Saint-Nicolas (1) ; — les petits estants qui sont sous la halle de Dreux, vis-à-vis de cette maison, où l’on vend les poissons d’eau douce (2) ; 24 sols à percevoir dans la prévôté de Dreux chaque année à la foire Saint-Denis ; — permission de prendre tous les jours dans la forêt de Dreux, excepté depuis le mois de mai jusqu’à la mi-juin, une charretée de bois mort; — la moitié de la terre de Chaufoug et 24 sols drouas de rente sur la censive (3) de Simon d’Islou. »
1211. Confirmation par Pétronille de Neauphle de la donation d’une vigne (4) par Renaud Pichon.
i215. Donation par le comte de Dreux d’un arpent de vigne au Bois-Yon.
1219. Yolande, veuve de Robert II, « donne 10 sols de cens
(1) Nous avons trouvé dans les archives de l’Hôtel-Dieu un acte de 1450 « portant nomination par Jehan Charbonnier, prêtre et administrateur dudit Hôtel-Dieu, d’un bailli et d’un sergent pour exercer lesdits offices pendant la foire Saint-Nicolas d’hiver commençant la veille à soleil levant et finissant le lendemain à soleil couchant, ayant justice jusqu’à 60 sols. »
(2) Les poissons de mer se vendaient aux üuvoirs des Poissonniers, qui étaient établis sur le boulevard delà Porte-Chartraine et comprenaient neuf boutiques. (1 Nul ne pouvoit vendre de hareng, de morue ni de saumon s’il n’avoit une de ces boutiques.
(3) La censive était une redevance payée annuellement au seigneur d’un fief.
(4) La vigne occupait jadis une grande partie du territoire de la paroisse de Dreux. « Sur les collines qui environnent la ville de Dreux, écrivait Jean Garnier en 1629, sont plantées des vignes dont le produit est le plus grand revenu qu’ayent les habitants, » Dans la Description de la, France en 1753, nous lisons : « En temps de paix, on transportait par la rivière d’Eure des bleds et des vignes qui croissaient dans l’élection de Dreux, à Rouen et de là en Hollande et en Angleterre. » La corporation des vignerons, qui était très nombreuse, célébrait chaque année la fête de saint Vincent, son patron.
annuel payable à la saint Rémi, pour le salut de son âme, de ses prédécesseurs et de ses enfants. »
1223. Robert III, comte de Dreux et de Saint-Valéry, donne à perpétuité une vigne située à Dreux, près de Chaufou, dans la censive de Simon d’Islou.
1224. Don par messire Robert III de la vigne de Hugues de la Rainville à Chaufou.
1224. Aceline, veuve de Jean Le Boucher, épouse de Geoffroy Dreve, « donne et concède à perpétuité deux arpents de vigne situés auprès des granges de TAumône et une vigne proche Comteville appelée la Vigne Vate ; un hospice (1) avec sa censive situé en plaine ; plus, la censive de la maison Durand située dans la rue Parisis, et sa maison que les maître et frères de la dite Maison-Dieu avaient fait bâtir dans la rue Neuve, juxte la maison de Régnault le Bordier qui possédait toutes ces choses. «
1228. Robert III abandonne « 5 arpents de terre sis à Germainville, à la charge de 10 sols parisis (2) de cens annuel. »
1233. Robert III « veut et concède, sauf le droit d'autrui, que les pauvres de la Maison -Dieu de Dreux possèdent tranquillement et paisiblement, à titre de pure et perpétuelle aumône, tout ce qu’ils possédaient dans son domaine au jour de la fête de saint Rémy » de la dite année.
1235. Robert, dit le Noir, chevalier, « veut et octroyé que les pauvres de la Maison-Dieu de Dreux tiennent et possèdent à perpétuité, tranquillement et paisiblement, la censive que Pierre Le Beau, frère, bourgeois de Dreux, leur a donnée, pour le salut de son âme, sur deux hospices situés à la Croix-Goufont. «
1209. Donation par Guiot, de Chaudon, de deux pièces de terre, contenant 5 arpents, situées à Beauvilliers.
1269. Donation par Robert, comte de Dreux, de 5 arpents de terre, situés au Colombier, autrement dit Beauvilliers.
(1) Petite habitation dans la plaine entourée de quelques pièces de terre.
(2) Le sol parisis valait 15 deniers et le sol tournois 12 deniers ; 20 sols parisis valaient 25 sols tournois.
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Lks HOPITAUX DE DREUX
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1280. Robert, curé d’Ouerre, donne, en pure et perpétuelle aumône, pour le repos de son àme, « la maison où il demeure avec toutes ses appartenances, 5 arpents de terre arable, 9 sols de cens annuel, 3 arpents de vigne juxte la vigne dite aux Saulteurs et juxte la grange de l’Aumône, enfin les granges qu’il possède juxte les caves de la dite Aumône ».
1283. Barthélemy, curé de l’église de Bisoto (?), fait donation de 4 sols parisis de cens annuel qu’il avait à prendre sur la maison de Guillaume le Chandelier à Dreux.
1283. Donation par Richard Larivière et Enseline, sa femme, d’un demi-arpent de vigne au bois Bouchard.
1289. La dame Mélisende, dite de la Gart, donne en pure et perpétuelle aumône un quartier de vigne situé à la Baste.
1292. Donation par Simon deMeaude, écuyer, d’une pièce de terre joignant la vigne de Monseigneur Pierre Roland, chevalier.
1295. Donation par Jehan, dit Mignart, écuyer, de six setiers de mouture « à prendre chaque année sur son moulin qu’il a en terrouer de Dreus, que Ion apele le moulin au Chevalier (1) ».
(1) Le moulin du Chevalier ou du Soldai prit plus tard le nom de moulin de rAarnone. Lesarchivesde l’hôpital possèdent de curieuseslettres, de Henri VI, roi d’Angleterre et de France (1433), confirmant aux maître, frères et sœurs de l'Hôtel-Dieu le droit d avoir au moulin de l’Aumône un cheval pour aller quérir les grains dans la ville de Dreux. C’est dans ces lettres que nous voyons pour la première fois ce moulin désigné sous ce nom et comme appartenant à l’Hotel-Dieu ; aucun titre ne nous fait savoir en quelle année et par qui ce moulin lui fut donné. Dans l’acte de 1295 ci-dessus, il est dit qu’il appartenait alors à Jehan dit Mignart. Ce fut donc au cours du XIV* siècle que la donation en fut faite à l’Hôtel-Dieu (il est d’ailleurs à remarquer que les archives ne possèdent aucun titre provenant de ce siècle). Une sentence du bailliage de Dreux de 1441, rendue à la requête des frères et sœurs de l’Hôtel-Dieu, ordonne à Michellet Hideux et à Jehan le Maçon, boulangers banniers du comté de Dreux, d aller continuellement pendant la dite année moudre au moulin de l’Aumône. Dans une autre sentence de 1588. il est dit que, « à cause des droicts du dict moulin, deux des boulangers de cette ville et faulx bourgs sont subiect/. d'aller mouldre tous les' grains qu’ils convertissent en pain au dict moulin de l’Aumône. » Le premier bail de ce moulin qui se trouve aux archives est de l’année 1454. Un bail de 1573 oblige le locataire, outre son fermage, à fournir « par chacune semaine deux minotz de bled froment frain moullu pour estre emploiez à la nourriture des pauvres du dict hôpital. »
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1295. Un mois après, donation par le même Mignart à Vincent, maître de la Maison- Dieu de Dreux, procureur des frères et steurs de la dite Maison-Dieu, de deux setiers d'émouture à prendre sur le moulin du Soldat, « à la charge de célébrer pendant sa vie. tous les ans au mois de mars, une messe du Saint-Esprit pour le donateur, et après son décès, aussi tous les ans au mois de mars, une messe de Requiem. » — C’est dans cet acte que l’on voit pour la première fois donner le nom de sœurs aux femmes « chargées d'administrer les vivres aux pauvres ».
1300. Donation par Pierre Crassin de 28 sols de rente à prendre sur deux pièces de vigne au Valgelé.
1303. Donation par Robert Crassin d’un hébergement joignant la Maison-Dieu.
1310. Donation par Robert Crassin et Isabelle, sa femme, de 10 sols de cens à prendre sur la maison de M. Menestrel (1), à côté dud. Hôtel-Dieu.
1440. Donation par Marie Peauger de 12 sols de cens à prendre sur un jardin aux Granges et de trois quartiers de terre à côté de celles de l’Hôtel-Dieu sur le chemin des Granges.
1452. Jehan Charbonnier^ boucher, bourgeois de Dreux, donne et lègue deux sols parisis une fois payés.
1459. Legs par Nicolas Mussard, élu et bourgeois à Dreux, de 8 sols de rente à la charge d’un service.
1459. Donation par M'*-’ Mithouard, prêtre de l’Oratoire^ de tous ses biens, à la charge d’une messe basse de l’office de la Vierge, le samedi de l’Avent, à perpétuité.
1460. Alain d’Albert, comte de Dreux, fournit les bois nécessaires pour les réparations à faire à la chapelle de la Maison-Dieu.
1492. Donation par noble homme Antoine de Saint- Aubin de 12 deniers pour l’augmentation du service qu’il avait fondé la vigile de Saint-Jean moyennant 5 sols tournois.
(1) C’est la mention la plus ancienne qui soit faite de ce nom dans nos annales. La première que relève M. Lucien Merlet dans ses Archives commun»let de la ville de Dreus! (page 15) est du l*'" mars 1590.
1494, Jehan Dobineau, chantre en l’église collégiale de Saint- Etienne, fait don de 2 sols 6 deniers.
1560. Par lettres du 15 mars de la dite année, Catherine de Médicis, comtesse de Dreux, fait don à l’Hôtel-Dieu « de tout le bois merrain équarri et non équarri qui est de présent abattu dedans les routes de la forest de Crotais », pour être employé aux réparations dudit Hôtel-Dieu (voir page 60j.
1588. Donation par M. Nicolas Absolu, conseiller du Roi, receveur général des tailles en la généralité de Rouen, d’un arpent de vigne ou environ en une pièce située au vignoble de Vernouillet.
1591. Testament de Jehan Larcher léguant un demi-arpent de terre au terroir de la Couture, près Montreuil, un quartier de pré en la prairie des Ruauldières et quatre creux de maisons à Cocherelle,
1597, Un nommé Radulphe, vilain de Mantes, et Aales, son épouse, « donnent en perpétuelle aumône à Dieu et aux pauvres de THôtel-Dieu de Saint Jean Baptiste de Dreux toute leur terre de Germainville que le dit Radulphe avait achetée de Guillaume de Rieuville, laquelle sera libre et exempte de toutes rentes et services. »
1670. Donation par Barbe Dupré, fille majeure à Dreux, de trois quartiers de terre près la chapelle Saint-Gilles, à la charge de lui faire dire à perpétuité deux messes, l’une le jour de l’Ascension et l’autre le jour du Saint-Sacrement.
1674. Donation par Yves Dupré, maître boulanger à Dreux, de 400 livres de rente après sa mort.
1676. Donation parle même Yves Dupré et par Anne Turpin, sa femme, de 15 arpents et demi de terres àBroué et de 429 livres 6 sols 8 deniers.
1676. Legs par de la Rosse, lieutenant des chasses du Roi au domaine de Dreux, d'une somme de 300 livres, à la charge d’une messe basse à dire le 27 décembre de chaque année.
1676. Donation par Magdeleine Bertrand, veuve d’Etienne
Dieu, d une maison sise au faubourg Saint-Thibault, à la charge de lui fournir sa vie durant et par chaque semaine un pain de quatre au minot et, au cas de maladie, de la loger, traiter et gouverner aud. Hôtel-Dieu comme les autres malades.
1676. Donation par la demoiselle Jeanne Cheron d'une maison rue Porte-Neuve, à la charge par ledit Hôtel-Dieu de loger, nourir et entretenir ladite donataire et de la faire inhumer après son décès au cimetière de Saint-Pierre »,
1676. Donation par Jeanne Leroy de tous ses biens meubles et immeubles, particulièrement de la maison où elle demeure, sise à la Porte-Neuve, à la charge de la nourrir, gouverner et entretenir tant en santé qu’en maladie.
1678. Acte par lequel le sieur Brisset, médecin, offre de soigner les malades gratis, comme aussi le sieur Le Veillard.
1678. Donation par Nicolas Desnoyers et sa femme d’une somme de 200 livres de rente, à la charge de leur en laisser l’usufruit leur vie durant.
1684. Réunion à l’Hôtel-Dieu des biens du temple protestant de Fontaine -sous-Prémont (1), paroisse d’Ouerre.
1685. Testament d’Yves Dupré et de sa femme, ci-dessus nommés, léguant àl’Hôtel-Dieu 30 livres de rente à Garnay (2),
1692. Donation par Anne et Jeanne Laubertin d’une maison sise en la Grande-Rue de Dreux.
(1) Des lettres de Jehan de Sabrevois, seigneur d’Ecluzelles, bailli et gouverneur des ville et château de Dreux, datées de 1629, font connaître que les seigneurs de la chastellenie de Prémont appartenaient à la religion réformée. Ce fut un prêtre apostat de Méziêres-en-Drouais qui en 1566 sema l’hérésie de Calvin dans notre contrée; les habitants de Marsauceux furent les premiers à embrasser la nouvelle religion et entraînèrent bientôt dans leur parti ceux de Blainville et de quelques paroisses voisines.
(2) Parce testament, Yves Dupré et Anne Turpin, sa femme, « donnent et lèguent aux sieurs principal du collège, maire et eschevins de cette ville de Dreux la somme de 94 livres de rente, par chacun an, à la charge d’entretenir en la dicte ville de Dreux, à toujours, un maîstre de petites escolles qui sera par eux choisy ; lequel sera tenu, dans une des classes du collège de la ville, de montrer et enseigner annuellement à lire et escrire, sans tirer aucun salaire ni honoraire, à trente enfans masles de la ville, faubourgs et paroisses de Dreux, qui seront pareillement par eux choisis et désignez, et aux quels seront les pauvres préferrez. »
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1694. Legs par M. Jean-Louis Thurel, prêtre, de 7 livres 10 sols de rente foncière.
1694. Donation par Charles Pigoreau, marchand apothicaire à Dreux, de deux quartiers de pré au Louvet. L’autre moitié de la prairie, de même contenance, est vendue à l’Hôtel-Dieu par ses héritiers, M® François Rotrou, receveur au grenier à sel, et Marguerite Rotrou, sa femme.
1694. Donation de 3 livres de rente par Jean Druflln, marchand bourgeois à Dreux.
1695. Legs à l’Hôtel-Dieu et à la fabrique de Vernouillet, par Magdeleine Maury, veuve de Thomas Maillier, demeurant au Bois-le-Roi, d’un arpent de terre sis au Bcis-le-Roi et à Tréon, à partager par moitié entre les deux. L’Hôtel-Dieu abandonne sa part à la fabrique de Vernouillet moyennant 30 livres.
1696. Réunion à l’Hôtel-Dieu de la Maladrerie de Saint-Gilles, avec tous Ses biens et revenus (voir page 79).
1697. Arrêt du Conseil du Roi du 2 août, qui unit à l’Hotel- Dieu de Dreux le fief de Saint-Gilles, sis près Garancières et consistant en 13 arpents de terre (nous avons trouvé dans les archives un acte du 20 juillet 1700 portant « aveu et dénombrement rendu à la seigneurie de Garancières par l’Hôtel-Dieu pour le fief de Saint-Gilles »).
1699. Legs par Louise de Beu de 5 livres 5 sols de rente foncière.
1700 Testament de 'Charlotte Cagnyé, femme de Martin Le Menestrel, ancien maire de Dreux de 1689 à 1691, léguant une somme de 700 livres pour être employée en héritages.
1702. Déclaration deBernard Le Menestrel, bourgeois de Dreux, commissaire du Roi, portant qu’il veut augmenter de 300 livres la donation faite en 1700 par sa mère.
1702 Donation par Léonarde Colin de terres et prés à Muzy, de cinq quartiers de pré sur le chemin d’Osmeauxet d’une somme de 3,000 livres pour être employée en héritages, à la charge de faire dire et célébrer à perpétuité, et pour chacun an, dans la cha-
LES Hul'ltAUX DE DREUX
pelle de l’Hôtel-Dieu, à pareil jour de son décès, une messe basse pour le repos de son Ame.
1702. Donation par demoiselle Marguerite Rotrou, fille du poète et magistrat Jean Rotrou (1), de 100 livres de rente, avec réserve de l’usufruit pendant sa vie et en outre avec rétention d’usufruit de 60 livres de rente pour sa sœur Elisabeth, religieuse à Pont-de-l’Arche, et même de 100 livres si cette dernière venait à sortir de son couvent. En outre, si la donatrice, qui avait toujours demeuré à Chartres, venait habiter Dreux, elle n’aurait pas à payer plus de 10 livres de contributions et 10 livres de taille. Enfin, une messe basse sera dite pour elle à perpétuité le 7 septembre de chaque année.
1703. La dame Marie de Guillon, mère gouvernante des pauvres de l’Hôtel-Dieu, informe les administrateurs que la feue dame de Trappes, ci-devant mère gouvernante, lui a laissé en mourant la somme de 400 livres pour la donner audit Hôtel-Dieu, à la charge de lui faire dire à perpétuité quatre messes par an dans l’église du dit Hôtel-Dieu.
1707. Legs par Séverine Echard, veuve de Jacques Cousin, d’une maison aux Fenots, d’un arpent de terre à la Roze dudit lieu et d’un jardin au même lieu, proche l’image de Notre-Dame de Pitié, à la charge de la faire inhumer selon son état et condition, et de lui faire dire après son décès dix messes basses dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu, et, par chacun an et à perpétuité, une messe basse pour le repos de son âme.
1710. Donation entre vifs par la dame Marie Rogeard, âgée de
(1) De son mariage avec Marguerite Camus, fille de noble homme Jehan Camus, conseiller du Roi et élu en l’élection de Mantes, et d’honorable femme Françoise Apoil, Jean Rotrou eut six enfants:
1° Jean-Baptiste, né le 8 août 1641 et mort le 22 novembre suivant;
2® Françoise-.Marie. née le 22 juin 1643 et morte à six semaines;
3" Jean, né le 24 décembre 1644, qui devint curé de la paroisse de Chesnes et fut inhumé à Dreux le 11 novembre 1706 ;
4“ Elisabeth, née le 23 septembre 1646, décédée la dernière (?) ;
5“ Claude, né le 15 décembre 1647 et mort quatre jours après;
6” Marguerite, née le 17 décembre 1648 et morte le 8 septembre 1710.
La veuve de Jean Rotrou mourut à Dreux le 15 juin ^691, à l’âge de 77 ans.
Il >8
60 ans, d’une rente annuelle de 50 livres et d’une somme de 1000 livres à prendre sur tous ses biens, avec néanmoins retenue de l’usufruit de la dite rente sa vie durant ; à la charge par le dit Hôtel-Dieu de faire dire après son décès une messe basse par chacun an pour le repos de son âme ; à la charge en outre par MM. les maire et échevins, aussi administrateurs du dit Hôtel-Dieu, de ne donner à la dite dame Rogeard aucun logement de gens de guerre et de ne pas l’imposer, tant pour la taille qu’autres impositions (à l’exception seulement de la capitation), au-dessus de 10 livres.
1710. Délivrance d’une rente de 90 livres léguée par Phillippe Badoulleau (1) à l’ Hôtel-Dieu et aux confréries du Saint-Sacrement et des dames de la Charité (soit 30 livres à chacun), avec cette clause qu’en cas où l’une des deux confréries viendrait à disparaître sa part reviendrait à l’Hôtel-Dieu.
1711. Don par Madeleine Le Menestrel, veuve de Bernard Cagnyé, de 15 livres de rente à l'Hôtel-Dieu, 30 livres à la confrérie des dames de la Charité et 30 livres à celle du Saint-Sacrement.
1711. Don d’une somme de 400 livres par Guillaume Gentil, curé de Saint-Lubin-des-Joncherets (au nom d’une personne pieuse ne voulant pas être nommée), pour faire 20 livres de rente aux dames de la Charité.
1711. Legs par le sieur Bigoreau d’une maison sise à Dreux, en la rue des Bouchers.
1711. Le sieur Le François, maître chapelier à Paris, originaire de Dreux, donne à l’Hôtel-Dieu, pour aider à la subsistance des pauvres malades, la part et portion qu’il a dans trois maisons
(1) Messire Philippe Badoulleau, prêtre, chapelain de l’église royale et collégiale de Dreux, mourut en 1709, à l’àge de 78 ans, et fut inhumé le 5 juin dans le cimetière de Saint-Pierre. Un de ses parents, son frère peutêtre, François Badoulleau, prêtre, demeurant également à Dreux, fut le dernier titulaire de la léproserie de Saint-Gilles, sise à 2 kilomètres de la ville de Bonneval ; mais il ne jouit pas longtemps de ce . bénéfice, qui fut supprimé par un édit du Roi de mars 1693.
LES llüiMTAUX DE DHEL'X
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sises à Dreux, deux rue du Petit-Pont (1) et l’autre rue Parisis, sa part de deux parties de rente, l’une de 16 livres, et l’autre de 12, enfin sa part d’un morceau de terre et d’une place de maison dans le Bourg-Clos et porte d’Orisson ; à la charge d’être recommandé aux prières et de deux messes par chacun an avec;un De profundis à la fin de chacune pour les trépassés.
1712. Guillaume Gentil, ancien chanoine et curé de Saint-Lubin-des-Joncherets, demeurant à Dreux, donne une somme de ■i,0tX) livres à fonds perdus, à la charge de lui faire une rente viagère de 200 livres et de lui faire dire un annuel après son décès.
1713. Donation à l’Hôtel-Dieu par Elisabeth-Louise Laurent, veuve d’Etienne Brochand de Bestial, demeurant à Paris, d’une somme de 400 livres, dont ledit Hôtel-Dieu sera tenu de faire emploi en fonds produisant revenus ; à la charge de faire dire et célébrer dans l’église dudit Hôtel-Dieu tous les premiers vendredis de chaque mois une messe basse à l’intention des pauvres agonisants du dit Hôtel-Dieu et le soir un salut à la même intention, lequel sera suivi d’un Libéra et d’un De profundis à l’intention et pour le repos de l’âme du dit défunt son mari et d’elle-
• même après son décès, avec condition que ce salut sera précédé de trente-trois coups de cloche et qu’il y aura deux flambeaux de cire jaune allumés pendant ledit salut.
1713. Legs par feu M'"® de Guillon, gouvernante des pauvres, de tous les meubles qu’elle possède.
1713. Donation par une dame anonyme de 400 livres, pour faire dire tous les vendredis de chaque mois une messe basse et un salut pour les agonisants
1713. Donation par les demoiselles Marie et Louise Le Veillard d’une rente annuelle de 400 livres et d’une somme de 800 livres à prendre sur tous leurs biens présents et à venir, avec la restriction de l’usufruit de la rente leur vie durant ; à la charge par MM
(1) Cette rue était située entre la rue du Tourniquet et celle de Notre- Dame-des-Marches ; elle avait été ainsi nommée à cause d’un petit pont jeté sür la Commune qui la traversait.
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LES IIOIMI’AUX DK DREUX
les maire et échevins de ne leur donner aucun logement de gens de guerre et de ne les imposer que pour 10 livres au plus par an .
1714. Fondation à perpétuité dans l’église de l’Hôtel-Dieu, par dame Elisabeth Laureau, veuve de Brochard, bourgeois de Paris, d'une messe haute tous les ans le 11) novembre, pour le repos de l’àme de son mari et d’elle après son décès, i^oyepnant la somme de 120 livres
1714. Guillaume Gentil, ci dessus nommé, lègue tous ses meubles et effets, ensemble la maison rue Parisis qu’il a acquise des sieur et dame Cottet, et une rente de 60 livres par Guillaume Donnant ; à la charge de faire les frais de son inhumation et de payer à sa domestique une somme de 100 livres par chacun an jusqu’à son décès.
1714. Legs d’une rente de 50 livres au profit du chapelain de l’Hôtel-Dieu par madame Marie de Guillon. »
1714. Don d’une somme de 200 livres à t’Hotel-Dieu ‘ par M"'“ Dubois, pour faire 10 livres de rente aux dames de la Charité.
1715. Constitution de 100 livres de rente par messieurs les maire et échevins et officiers de la ville de Dreux, laquelle rente fut réduite à 40 livres en 1729 par arrêt du Conseil du Roi.
1716. Bureau, curé de Laval, donne deux contrats de rente sur la ville de Paris, l’un de 270 livres et l’autre de 100 livres, « pour commencer un hôpital général dans la ville de Dreux et pour fonder une bourse à Paris en faveur d’un écolier ecclésiastique de sa famille ».
1720. Dans une visite que la princesse Anne Palatine de Bavière, comtesse de Dreux, vient faire à l’Hôtel-Dieu le 19 août, elle donne 100 livres aux dames de la Charité.
1720. Donation par x\nne Tournade de 600 livres, à la charge de lui faire servir 30 livres de rente viagère sa vie durant.
1720. Constitution de 400 livres de rente au capital au denier 40 de 16 000 livres passée par MM. les prévôts des marchands et échevins de la ville de Paris^ en exécution de l’édit du mois de