INTRODUCTION
Septcollines, comme la Ville Eternelle, aussi pleines: de poésie et de légende que celles de l’Urbs sont pleines de l'Histoire la plus prestigieuse, — une rivière aux somptueuses beautés que lui jalousent les plus jolies contrées de France, — un climat de calme, de prospérité, de modération, de cette raillerie aussi qui fait l’esprit cornouaillais et l’apparente parfois à Voltaire et Anatole France, — de vieilles bâtisses. médiévales accotées aux maisons modernes commeen une relève symbolique, — une cathédrale majestueus e qui stupéfait l'étranger et étonne même le Breton pourtant accoutumé aux merveilles élevées par sa Foi, — telle apparaît Quimper, la vieille cité du roi Gradlon et de Monsieur Saint-Corentin, le siège des Seigneurs Evêques, la capitale des Ducs de Cornouailles.
Elle n’a pas eu de rôle mondial, ni même européen ; son histoire à elle se déroule tout entière dans le cirque de ses collines, en famille. Elle n'en est pas moins riche ni moins merveilleuse : sa naissance cel-
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tique au confluent de ses trois rivières, attestée par le vieux nom de Kemper, — la prestigieuse administration de ses rois, de ses évêques, de ses ducs —, ses luttes contre la Fontenelle, contre les armées du Roi, contre les Anglais, les Espagnols, — ses souffrances, ses épidémies, ses désastres, — son orgueil d’avoir donné au monde ou formé des gloires militaires comme Kerlerec, Kerguelen, Dupleix, Du Couëdic, La Tour d'Auvergne, des gloires littéraires comme Elie Fréron, Louis Hémon, Anatole Le Braz, et le plus grand nom de la Médecine : Laennec.
Cité riche, opulente, gaie, hospitalière, nous ne serons pas surpris que Quimper se fût, presque de tout temps, penché sur les souffrances de ses enfants déshérités. C’est l’histoire succincte de cette charité organisée, urbaine, que nous voudrions esquisser ici. Nous avons la satisfaction et l'honneur d’avoir été interne à l'Hôpital pendant un an avant la guerre, puis d’avoir pu reprendre ce poste au retour de notre internement : il nous à paru curieux de rechercher, dans les poussières ensommeillées des archives, les
origines et les tribulations de ce service hospitalier.
€ Un mal qui répand la terreur » ou plus exactement son vecteur habituel, nous a privés des documents les plus précis concernant les origines des hôpitaux de Quimper ; les parchemins qui avaient résisté aux nombreux incendies et pillages, parchemins abandonnés dans les coins les plus obscurs, ont fait les régals des rats jusqu’au milieu du xrx® siècle. À cette époque, un membre de la commission administrative de l’'Hô-
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