‹ Les Hôpitaux de QuimperChapitre 25 sur 40 · VAS NE · texte numérisé non relu

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risé, chaque année, à exercer pendant cette période. Cette adjudication fut également portée au bénéfice de Saint-Antoine.

Bien plus pittoresque et plus profitable était le bénéfice tiré des papegaults.

Le papegault était une sorte de perroquet factice juché au haut d’une longue perche et que les meilleures arbalètes de la contrée venaient essayer d’abattre, chaque année, à partir du 1€T mai (x).

Cette coutume, probablement fort ancienne, fut introduite en Bretagne vers le début du xvie siècle. Les règlements en devaient être sérieux, puisque nous les voyons signés du roi François Ier et du gouverneur de Bretagne.

Pour être « chevalier du joyau », il fallait remplir certaines conditions : ne pas être domestique, être catholique romain, être domicilié depuis un an au moins ; l’immoralité, le blasphème, les jurons, entraînaient la dégradation. #

Le tir commençait le 1° mai. Le vainqueur, ou «roi du joyau », jouissait de divers privilèges : à Quimper, sa victoire lui rapportait 890 livres, 400 à Penmarc’h ; ailleurs, il est exempté d'impôts pendant sa royauté. De plus, il porte un fourniment complet : FRA épée, une livre de poudre, trois livres de balles. En retour, il fera dire une messe pour le Roi, marchera, lors des processions, avec sa compagnie, près du Saint Sacrement qu’il jure de défendre au péril de sa vie.

1. La fête du papegault survivra à l’arbalète, mais, à l’époque du fusil, on adoptera le tir horizontal pour éviter les accidents.

LME CE

Cet exercice était fort prisé : les gens d'église voulurent même y prendre part et « il fallut une ordonnance formelle de François [* et de ses successeurs pour écarter les jeunes ecclésiastiques de cet amusement trop martial » (Faty).

L'usage du papegault fut supprimé par une décision du Conseil d'Etat en 1770. Exception fut faite, cependant, pour la cité de Saint-Malo: la ville parvint à convaincre le législateur que ses habitants, toujours aux aguets sur les remparts, toujours « en alerte contre l’Anglois », avaient besoin d’un entraînement continuel ainsi que d’armes en bon état.

— Saint-Antoine, décidément original, bénéficie en 1701 d’une recette spéciale : le produit d’une quête faite par Mme la Sénéchal à la porte de la Comédie, Quimper a toujours été friand de théâtre ; c’est de plus, un public exigeant et passionné, qui passe pour être plus ménager de ses applaudissements que de ses critiques. Le Tout-Quimper donnait généreuse-

ment aux grandes dames qui tendaient la main à

l’entr'acte, pour les pauvres de Saint-Antoine.

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