‹ Les Houillères enChapitre 7 sur 15 · OUVRIERS · texte numérisé non relu

OUVRIERS

SALAIRES

SAlAlRB

ANNÉBS.

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AimVIL MOYIX

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Ces évaluations comprennent une assez forte pro-^ portion de femmes et d'enfants appliqués aux travaux dû ïbnd el du jour. Elles ne donnent donc pas le taux exact dé la journée du mineur, qui est de 4 fr. 30.

Le fait important à signaler^ c*est que de 1862 à 1867 le salaire annuel moyen de Touvrier mineur a augmenté de 194 francs ou de 26 pour 100, et de 1864 à 1867, de 109 francs ou 13 pour 100.

Dans le Pas-de-Calais, l'augmentation s'est fait sentir plus tôt que dans le Nord ; les exploitations étant nouvelles, il a fallu créer une population ouvrière, y appeler celle des autres bassins et offrir aux ouvriers des

90 [l'industrie houillère en 1869.

salaires élevés. Cette même raison fait que le salaire annuel moyen est sensiblement plus élevé que dans le Nord, de 196 francs ou 31 pour 100 en 1864, et de 158 francs ou 20 pour 100 en 1867.

L'écart entre les salaires du Pas-de-Calais et du Nord va en diminuant d'année en année, à mesure que la population ouvrière du Pas-de-Calais augmente, et bientôt ces prix se trouveront nivelés. .

La production du Pas-de-Calais, si rapidement développée, a dû se ralentir un peu en 1869, en présence des accumulations de charbons qui se sont produites sur les rivages belges et des baisses de prix qui en ont été la conséquence.

Une situation anormale de l'industrie houillère en Belgique s'était prononcée dès Tannée 1868; elle s'est prolongée jusque vers la fin de 1869, en déterminant des accumulations considérables de charbons usiniers sur les rivages de Mons et de Charleroi .

Cette situation a été signalée par le rapport de M. Jochams, ingénieur en chef et directeur général des mines.

Le tableau suivant, extrait de son compte rendu, résume les conditions de la production houillère du Hainaut (Mons, le Centre et Charleroi), et indique dans ses détails la progression de la crise industrielle.

CONDITIONS DE lA PRODUCTION EN 1869.

!• Ouvriers.

Nombre .••••.••••••

Salaires fr.

Salaire annuel moyen . , . . —

• 2o Dépenses.

Extraordinaires fr.

Par tonneau —

Totales —

Prix de revient au tonneau. . —

30 Production,

Quantité de houille tonn.

Par puits en activité. ... —

Par ouvrier —

Valeur totale • . . fr.

Prix de vente au tonneau.. . —

40 Résultais.

Nombre de mines en gain

Bénéfice fr.

Nombre de mines en perte. . . .

Déficit ^ . . fr.

Bénéfice général —

— au tonneau. • . . . —

M. Jochams ajoute : « A Texception de rannée 1863, qui a été, aussi désastreuse pour l'industrie houillère que celle qui vient de s'écouler, il faut remonter à l'année 1849, c'est-à-dire à vingt ans, pour trouver un écart aussi faible entre les prix de vente et les prix de révient.

« Nous avons estimé approximativement à 220 millions le capital minimum engagé dans cette industrie du Hainaut; ce capital n'aurait ainsi produit en 1868 qu'environ 3 pour 100.

« Or qui ne sait que la découverte d'un gisement nouveau et la constatation de la possibilité de l'exploiter avec avantage constituent à elles seules une entreprise considérable qui demande beaucoup de temps et de capitaux? Qui ne sait enfin que sa mise en exploita-

9^ t*|NpUSTm^ HOUILLÈRE EM 1869.

tion est upe entreprise bien autrement considérable encore? Autrefois Te^iploitant n'avait à lutter que contre les éléments; aujourd'hui il voit les chîince^ aléatoires de sou entreprise augmenter par les mauvaises suggestions auxquelles est exposée la classe ouvrière, à laquelle cependant il est porté un si vif intérêt, aipsi quei nous l'avousi prouvé au commencement de ce rapport, intérêt qui ue se rencontre dans aucune autre industrie ^ un aussi haut degré. »

Cette appréoî&tion d'un homme éminent, dont toi^fei rexpérience a été vouée à l'étude de l'industrie houillère et que ses travp.ux ont fait appelés à la position élevée qu'il occupe maintenant en Belgique, est de ufiture à faire oomprendre la gravité de notre situation, llne industrie essentielle ne doit pas servir à des expé-! riences. Elle se développait dans les conditions les plus hçDçeus@§ î pUfi étftit fia voie ^e résoudre les questions QilVFÎ^f^esi pa^ las instituliqns de secours et de pré-s VPyftjiGp les plus effiç^eps } et vqiei la marebe normalç ^QpipromisQ ps.r ua^ \m irréSéohie qui ne s'aeeorde nullement avefl uqs mo^vm et qui met la majorité paisible et satisfaite des ouvriers à la merci d'une minorité turbulente qu'il n'est pas possible de satisfaire.

Telle est Ift cQn4itÎQil 4^»» laquelle nous trouvons le \3i^^n (le 1^ lioire en 1869.

L'extraction du bassin de la Loire s'élève au quart dp Ift prpdpifitîpn tfitale 4e h Fmnce ; elle a été en

Saint-Etisnne., . , . . g6 518 196 27 587 447 ïlive-de-Gier. , .... 6110865 6144148

ToTAI* 33629061 83 731 59$

CONDITIONS DE LA PRODUCTION m 1869. B3

Catte extraotiqn 0Q^ti^^ait à prospérer et devait atteindre en 1869 3Si millions de quintaux métriques. Il est probable qu'elle $6 trouvera, au cpntraire, en déficit de 4 à 5 millions de quintaux,

de déficit, alors que tous les marchés étaient enga*giés pour Tannée et que les industries métallui^ques avaient elles-mêmes basé leur fabrication en prévision des approvisionnements considérés comme oertain^, a pris le caractère d'une véritable calfimité publique. Il ^ mis en évidence le caractère essentiel de l'industrie houillère et rimportance de toutes les mesures qui peuvent assurer sa marche et son développement. Une élévation des prix de vente a été la conséquence foccée de la diminution subie par la production, et poun le lepqnd semestre dfi 1869 cette élévation peut être évaluée au moins h \ franc par tonne.

Ainsi qu'il est dit par le compte m^àu de la situation de l'Empire, les bassins du Gard, de l'Allier, de Saâneet-Lioire ont développé leurs extractions de maniàne à compenser et au delà le déficit que les grèves ont amené dans le bassin de la Loire.

Qans quelles conditions s'obtient la houille dans ces bassins du Centre et du Midi? On a beaucoup parlé d'exr ces de travail e^igé des mineurs, de salaires insuffisants, de la privation de lumière, des misères et des dangers

de la profession; il importe d*étre fixé à cet égards

En général, le mineur descend dans les travaux à quatre ou cinq heures du watin, il en sort à une ou deu^ heures. ïl y est le plus souvent remplacé par d'autres, qui descendent a trois heures et qui remontent à minuit.

94 l'industrie houillère en 1869.

Les mineurs voient donc la lumière du jour, dont la privation, il faut le dire, est le moindre de leurs soucis. L'obscurité, qui fait frissonner presque tous ceux qui n'en ont pas l'habitude, est pour eux une condition normale. Cette obscurité trouve d'ailleurs une compensation dans l'égalité de la température ; l'ouvrier mineur est rarement exposé aux refroidissements, dont il n'a à se préserver qu'à la sortie. Si, dans certains percements de galerie ou fonçages de puits, on est exposé à des infiltrations d'eau, cela est la grande exception, et ces chantiers donnent lieu à des indemnités spéciales.

Dans les travaux souterrains, l'aérage est généralement bon ; il n'existe plus, comme autrefois, des cas d'anémie. Si quelques galeries, quelques ^chantiers se trouvent dans des conditions d'aérage défectueux, ces conditions sont exceptionnelles et passagères et sont toujours compensées par des indemnités.

Quant aux dangers spéciaux des mines, ils sont évidents, et les accidents par le grisou n'ont pu malheureusement être encore conjurés. Mais l'exploitation des mines est-elle la seule industrie exposée à des dangers? Les mineurs ne reculent pas devant les dangers, ils ont le courage du soldat et semblent comprendre l'importance de leur mission industrielle. Une société dont la base est la houille et la vapeur doit accepter les conditions imposées par la nature comme les mineurs les acceptent eux-mêmes.

Les mineurs sont aujourd'hui très-recherchés pour tous les travaux de percements et de tranchées à exécuter pour les chemins de fer. En général, ceux qui restent dans les mines y restent par préférence pour leur profession.

Dans certains bassins, les facilités qui existent pour descendre dans les mines ou remonter par des fendues et la multiplicité des chantiers disponibles ont déterminé une organisation particulière. Les mineurs peuvent travailler le temps qu'ils veulent et à l'heure qui leur convient. Ces mines peuvent donc permettre d'apprécier ce que l'ouvrier a fixé par lui-môme comme durée normale du travail. M. Chalmeton, ingénieurdirecteur des mines de Bességes, nous a remis à ce sujet des notes intéressantes.

« Dans nos mines, les ouvriers entrent et sortent à volonté, et chacun d'eux est libre de travailler beaucoup ou peu. Il résulte de nos statistiques que la durée du travail effectif est de neuf heures en moyenne.

« Presque tous les ouvriers sont à forfait, soit à tant le mètre, soit à tant le wagon. Les prix varient suivant la nature des couches et suivant les chantiers d'une même couche. Les prix des chantiers sont réglés chaque mois.

« La journée moyenne du piqueur est de 4 fr. 50, celle du rouleur varie de 3 francs à 3 fr. 60. Il y a d'ailleurs des écarts très-grands entre les journées des ouvriers d'une même catégorie. Certains piqueurs ne gagnent jamais plus de 3 fr. 50, tandis que d'autres ne gagnent jamais moins de 5 fr. 50. »

Le peu de fondement des réclamations produites en juin 1869 par les mineurs de la Loire, au sujet de leurs salaires, résulte des chiffres eux-mêmes. On demandait 5 francs par jour pour les mineurs proprement dits ou piqueurs. Or, examen fait du prix moyen des journées, on trouve que, pour les mines éloignées de Saint-

QQ L'iNPpSTOi^ HÛUlLLÈaE EN 4869.

Étiep^ip et Qi»çi Vm peut eouaidéi^er comme situées 4^QII }ft caTOpftgn^ et| par conséquent, dans les conditiflQn )e^ plii9 favorables du bassin pour la vie à bon maç^bé, m pri^l était do 4 fo. 20 à 4 fr. 60, que pour l@s i|iipes situées près de Saint^Stieune la moyenne s'plevait ^ I ft^ 99i enfm que pour la mine de Beau- ]iyu», plapée dana un faubourg de la ville, elle montait àëfr,3§,

On voit que la journée moyenne s'était naturellement réglée d'après les oonditions plus ou moins coûteuses de la vie matérielle, et qu'elle ne différait pas beaucoup de 6 francs^

Comnieut se fait-il que les ouvriers aient pu réclamer oa qui était déjà en leur possession? On se l'explique facilement si Ton considère que ces chiffires sont des moyennes et que, par conséquent, les bons ouvriers gagnent plus, tandis que les mauvais gagnent moins. Or qui menait la grève? ce sont les mauvais, qui s^ fpnt des journées de ^ £p. 50 et qui prétendaiept qu'on devait leur garantir 3 francs pour leur travail incom-^ plet. Les chiffres répondent ici aux excuses dont on a prétendu pojorer la grève.

Mais ce n'est pas tout ; on a voulu obtenir ensuite le prix de journée d'un bon travailleur restjtnt onze heures dans la mine, en réduisant le temps du travail eflTpQtif S huit heures. On demandait eu réalité la aupprpgsiQH da toute tlobe et de tout contrôle,

JÏQUS u'hésiUous pas k dire que les salaires indiqués

et le travail effectif de dix heures, le séjour dans la luiue regfant fixé h Quae heures, sont des couditious dpRt 0n ne piBi n'écarter mm une grave perturbatiou

coNDiTioîîs pE u. piiQppcTiQli m 1869. 97

4^q8 1^8 pxplqitatÎQps, ï| pe fwt paa Quhliep que le priî^ ^p 1§ bouille HP composa pyiucipalemeBt de main? d'œuvre ; dans le prix de reyieut d'une exploitation, oi| pevit êtpe §^^ 4 avftflce que h^ deux tiers résultent immédifttefflpîit de \% feuille de paye.

Oft ^e peut dpmau4ey à la fois, en France, que la hpuille %o\\ Wyvép k hm mayehé et que les mineurs reçoivent des salaires exceptionnels. On ne peut pas prétendre davantage que les mineurs puissent, en con- SfifY^Rt 4es Wl.Wï^PS ^IPYéSi çéduïPe out^e mesupp leur ten^ps 4e feavfiilî

l^m oompagnlei^ propriétaires et les exploitants des houillères, en Franqe, n'ont pas décidé arbitrairement qpe les ^alftii^p^ et le^ aouditions du travail seraient tels qu'ils se trqi;|veut établi&i dans les divers bassins. G^est 13. cQnpuïtreupe qui rè|:le laa salaires, de même qu'elle ?egle g;U§(i|i les obiffrea de la production et du oom-^

çQçcurreïïce est de ^m^ natuyp^ ; l- la cour ci^rrepce ^tran^ère, par les impoytfttious dea bouiUea anglaises, belges et prussiennes ; 2** la concurrence intérieure, qui a lieu de bassin à bassin et qui résulte à la fois des conditions de richesse plu^ qu moins grande des gîtes, de§ voies de transport et dea pri?^ ^e maind'œuvre, Tous ces éléments se sont progressivement pondérés

iQppaieîïÏ!

Si \b^ Franpe était ^^^ ptJQn î^^l^e, ellfl pourrait élever siea prjx dg îus^iu-d'flPiïvre : le pri^ 4e |a houille

§'^%gf§jt gu gppiqpepgei le cpî^agmiRPtep Iftp^ye^

raît plus cher, mais il se serait bientôt habitué aux nouveaux prix dé la houille et des objets manufacturés qui dérivent de son emploi.

Il n'en est pas ainsi : l'élévation du prix des houilles indigènes tournera au profit des importations étrangères, nos industries métallurgiques s'amoindriront, la richesse et le développement industriel du pays en souflTriront.

Le prix de la houille dépend de ce que peut extraire l'ouvrier dans les gîtes. On a donc fait le calcul de la production moyenne obtenue par ouvrier et par année, en faisant entrer dans le calcul tous les ouvriers appliqués aux divers travaux des mines.

Ainsi, pour le bassin de la Loire, on trouve que la production moyenne de l'ouvrier par an a été de 2 000 quintaux métriques. Cette quantité est-elle forte ou faible ? Pour le savoir, il faut comparer ce produit à ceux qui sont obtenus dans d'autres bassins, et surtout dans les bassins étrangers qui nous font concurrence. Voici quelques chiffres qui fixeront sur ce point.

Angleterre, Newcastle 315 tonnes

Allemagne, Ruhr 220 —

— Sarre 180 —

Belgique, Charleroi 190 —

France, Loire 200 — .

— Nord 149 —

Ces chiffres font ressortir les avantages que possèdent les houillères étrangères comme facilité d'exploitation. Les houillères de la Loire tiennent le rang le plus élevé parmi les exploitations françaises ; mais admettez que les mineurs, qui travaillaient dix heures par jour, ne

CONDITIONS DE lA PRODUCTION EN 1869. 99

travaillent plus que huit heures, la production de 200 tonnes tombe à 160 tonnes, et le prix de revient augmente dans la même proportion.

€atMie« de secoiuni.

L'importance que les grèves ont donnée aux caisses de secours nous oblige à revenir sur leur organisation et sur leur but.

L'industrie des mines a précédé toutes les autres dans l'organisation de ces caisses; elle avait besoin d'attirer et de fixer les ouvriers sur le sol houiller par des avantages spéciaux, et dès le principe elle avait obtenu ce résultat en assurant aux ouvriers mineurs non-seulement le salaire, mais toutes les institutions qui peuvent améliorer leur sort et leur rendre la vie meilleure. C'est un supplément de salaire qui, donné sous certaines formes, était plus avantageux pour la population, parce qu'il s'adressait non-seulement à l'ouvrier, mais à toute sa famille.

Les bases de l'organisation des caisses de secours ne sont pas les mêmes partout, et s'il fallait faire un choix entre les divers règlements, on serait fort embarrassé. Il faut admettre, en effet, que les bases sanctionnées par une pratique . longue et utile sont les meilleures, et que celles qui sont en usage dans tel bassin ne s'adapteraient pas aussi bien dans un autre.

Pour la plupart des caisses, les ouvriers versent une part proportionnelle aux salaires, 2 à 3 pour 100, et les compagnies versent une somme égale ; le fonds commun est administré par une commission composée des

«00 L'ihoiîSTftlÊ ttotJiLLÈRfi EN 1889.

ingénieurs, des maîtres rnihetirB et d'duVi^îet*s dêléguèâ.

ici il est esseniiél de M^ l^êsortit^ là Vatëttl* de feës contributions. Led i^m^m de« mlâ&s H*ëSé&ùtènt d'UIlê manière presque générale, à la tâche ; on paye tant par wagonnet de charbon; tant par mètre d'avancement soit en taille, soit en galerie; tant par mètre de fonçage. Ces prix se règlent suivant la nature des charbotié et ÏA bôftl^Oliîtidft dëâ eôùfeheS. Ldi'g dôâê ÇU^un prix m diSfcûté et édnVeûiii Dft Itéiil liortipte dé k défalcation à opérer au profit de la caisse de àecoûrS, rouvriez né lîonsidéîSliil cômmfe Sakll*e ijtie ce ^u'il todche éû brgent.

C'iôôt dotio ëh réalité l'fetttWpHsé qui payé la cotisation de TôUvriet* à la Ôaiése dé sëôdui^, âUBëi bieU que la subveution égale qu^elle verse en éôn hDih.

On peui albiH» se deniàUdë)^ ^oUrqUoi leis éôhipâgnieS ont Voulu eoû&eHtèr uhe fictibtt, pbdi^ûbî fellfes ne font pas tous led fik^id en leUr hbtn^ sàUF à ^^^t Uh p6U moins te wagon de ôharbôn bu le mètre d^avàfacettiêtil*

Les exploitants ont g^énémlëmeut jugé Utile de faire intervenir directemeUt leii ouVl'ieJM dané la cbUstitUtibn et dans l'administratioù de là caiséé de ëetibUf^, aflU qu'ils la tiennent ^n ^Iub gMlude eétime et eoUi^idéi^tioU) afin qu'elle «onit^ibuë miëuk à iel àttàchéf à là mine et à leui* |)roMfiiôû, ël^ il fout le dire, ils bUt trouvé dans leur lntet*veûlion juBlè et Sévère Uû 6on^ cours des pluis utiles à radiniulsti^àtiou de la caisse.

Le& ëxploitàuU but pënâé qUé léi ^ë&oUi^ ainsi donnés ëh élevaient le càMëtèi^ et n'àvaiéUt p^ la teUdaUce de rendit les t^ô^^Ulàtions buvrîèreé dethàû'^' deUses» Le eëcbUiHs gagUe en Uoblesse et en utilité,

coNiiitîoNs De U t^ftbâbcfïoH feM 1669. lÔl

lorsqu'il résulte d'utie insttttttioli d'iulérôt puerai.

Cet heureut résultât â lêté bbtëtiu ^ur bèâticôttp âé poiiitSî et il est à î^ègrëité* (îtte sur d^ttûtrés bû ait (Dherehé à faire des caisses un hioyea d'atiàqué èotitrè les compagnies, et que l'dîl àîl excité des convtiilî&es qui ont Votilii s'euipater dès caisses dé feecbUrs et dé prévoyance pbur éft faire des iiaîsseâ dé grèves.

Les attaques dont les caisses de secours ont été l^dojet bnt, en eflfet^ poiir tendance dé s'empàrelf des foiids qui existent eil dépôt et de s*én attribuer la libre disposition sànô rititérvéntidti des ôompagnteS. On parait

oublier le caractère de mutualitd et lès éhgd^èmentii cdntràctés;

Les fdiids ed dépôt hônt là ^Mtltiè déS ëèrvîôes organisés : écoles^ services ûiédicaux, hôpitaux, secours temporaires et pensions } les parties contractantes ii*ont pas le droit dé lei) distraire de lëUr destinatibâ.

Vdibi Ift bompbsitibti dé la Ôdhittilssidn qui administre la caisse de isecôurs â*une dé tioS principales compagnies hottîUèreë !

tt Là caisse est &,dminîstrèfe^ par un cbniseil ôômposé a dé l'ingénieur en chef, président; dû caissier dé là « cdmpagnie, vice-présideht ; des ingénieurs, dés maice très mineurs, du plus âttcîeh marqueur, de trois dUn vriers mineurà , dé trois ôUVrierâ manœuvres , dé « trois ouvriers des ateliers et dé trdis ouvriers dés

« porta. Geé douié derniers membres Sbut élus rég^- « lièremëùt par tous les atitreS dUvrlerfe deâ mémeS w catégories. »

Il ubûs parait difficile dé troUvéi^ deâ éônditiôâé "pïm

complétés Î50US lé rapport des g^aràûtiéâ d^mpartialîté et de bonne administration.

Le Comité des houillères a été unanime sur ce point, que les caisses de secours devaient conserver leur autonomie ; l'ouvrier n'est connu que dans le bassin oîi il a travaillé. Les institutions établies en sa faveur n'auront de valeur et ne pourront atteindre leur but qu'à la condition que les deux parties contractantes se connaissent et aient le désir de coopérer à une œuvre utile.

La caisse établie dans le bassin de la Loire pour toutes les exploitations de ce bassin n'a pas dévié de ce principe, car elle s'applique à une population agglomérée dans un espace très-circonscrit; à des concessions tellement enchevêtrées, qu'il n'est pas possible pour beaucoup d'ouvriers de dire qu'ils appartiennent à une compagnie plutôt qu'à une autre.

Lorsque cette caisse fut établie, un autre principe fut proposé : en mettre tous les frais à la charge des compagnies, exonérer les ouvriers de tout prélèvement.

Cette proposition ne fut pas adoptée, parce que, si les compagnies font réellement les frais des caisses de secours, le principe de la mutualité a été considéré cependant comme nécessaire pour maintenir la bonne administration. Les demandes de secours prenaient le caractère d'une sorte de mendicité, tandis qu'avec l'organisation actuelle, c'est un droit en faveur de l'ouvrier et de sa famille.

Ces questions ne sont pas nouvelles, elles ont été discutées en Belgique à l'occasion de la caisse de prévoyance du bassin de Charleroi, et nous croyons utile de reproduire ici le travail qui fut présenté par le président, M. Goret, qui préférait exonérer les ouvriers de toute intervention. Voici ce travail :

J'avais cru devoir demander la/priorité pour la discussion du second objet porté à votre ordre du jour, et qui tend non pas seulement à la modification de quelques détails de vos statuts, mais en réalité à la dissolution et à la liquidation de la caisse commune de prévoyance actuelle et à Torganisation d^une autre caisse sur une base nouvelle.

Pour bien saisir immédiatement la portée de ces propositions, je trouve utile de vous donner d'abord lecture de leur teneur complète, la convocation n'ayant pu en présenter qu'un résumé.

Voici, messieurs, la communication que j'ai eu Thonneur d'a-^ dresser à votre honorable commission :

« Je propose de modifier Téconomie des statuts actuels de la caisse de prévoyance instituée en faveur des ouvriers mineurs de l'arrondissement de Charleroi, à partir de Texpiration du terme de ces statuts, soit le 30 septembre 1870, en ce sens qu'il ne sera plus opéré à l'avenir de retenues sur les salaires des ouvriers pour l'alimentation de cette caisse et de celle de secours.

« Les sociétés actuellement affiliées et reconstituées en association, ayant obtenu la personnification civile, seront, avec le concours de l'Etat, de la province et des dons particuliers, seules chargées du service des pensions et des secours, aux mêmes conditions et réserves qu'ils ont été réglés dans les trois premières périodes de cette institution, c'est-à-dire depuis près de trente années ; ces pensions et secours, accordés aux ouvriers en vertu des statuts nouveaux, prendraient donc cours à dater du 1®' janvier 1871.

(( Le projet de ces statuts sera élaboré, discuté en assemblées générales aussitôt que possible et soumis à la sanction royale.

<( Les pensions et secours accordés au jour de la dissolution de l'association actuelle seront continués en conformité des statuts en vigueur, au moyen de l'avoir existant à ladite époque et des intérêts de cet avoir, et cela jusqu'à extinction desdites pensions et secours. Si l'avoir est insuffisant, le déficit sera prélevé sur les ressources de Tassociation reconstituée, et s'il y a excédant, celle-ci en profitera. )>

Je tiens à vous rappeler, messieurs, que dès 1860, vers la fin de notre seconde période décennale, je vous avais déjà conviés

104 l'industrie houillère en 1869.

officieusement à entrer dans la voie que je vous indique aujourd'hui. Trois ans plus tard, un de nos honorables collègues et amis, M. Mêliez, reprenait officiellement Tidée de faire alimenter la caisse par les versements des exploitants seuls^ et il la justifiait dans les termes suivants :

(( Depuis longtemps des observations peu bienveillantes et sur* tout injustes se produisent non-seulement sur la manière dont la caisse de prévoyance est administrée, mais encore sur les droits des ouvriers au partage des sommes qui forment le fonds de ré* serve et qui proviennent des subventions et retenues.

« Beaucoup d'individus considèrent les secours et pensions payés par les caisses de prévoyance et de secours comme une obligation imposée par la loi aux exploitants» et, par suite de cette opinion, la plupart d^entre eux sont portés à croire que la retenue opérée sur les salaires est en quelque sorte illégale et la regardent comme un moyen détourné de priver les ouvriers d'une partie de ce qui leur revient.

(( C'est une erreur complète* Il est constant pour nous tous que les versements, en apparence effectués par les ouvriers^ sont tout entiers à la charge des sociétés. La réalité est que, lorsque Touvrier débat son salaire, il ne fait jamais entrer en ligne de compte la retenue qui lui est faite à chaque quinzaine* L'ouvrier n'apprécie que le salaire qui lui est remis en espèces et en mains. Il ne tient aucun compte des avantages que peut lui procurer, dans certaines éventuaUtés et dans un avenir plus ou moins éloigné, la retenue opérée au profit de la caisse de prévoyance.

« C'est donc pour rentrer dans le vrai que je crois devoir demander une modification à Tétat de choses tel que les statuts Font établi, et vous proposer la suppression du troisième paragraphe de l'article 3 des statuts, ainsi congu :

« D'une retenue opérée sur le salaire des ouvriers, » et du second paragraphe de Tarticle 4, ainsi conçu :

« La moitié de cette somme provient d'une retenue sur le sa- « laire des ouvriers; l'autre moitié est suppléée par les exploi- « tants. »

(( Cette modification, qui donne aux faits leur véritable valeur, ne touche en rien aux droits des ouvriers, d'une part, ni aux obli-

CONDITIOÎÏS DE tA PRODUCTION EN 1869. 105

gâtions des eiploitantS) d'autre part, droits et obligations qui restent intacts.

(( Il est bien entendu que tous les ouvriers employés dans les sociétés associées ont droit, daûs les cas déterminés tant par les règlements de la caisse particulière de secours que par les statuts de la caisse de prévoyance, de jouir des traitements, secours et pensions aUiquels ces caisses doivent respectivement pourvoir. Enfin je dis qu'en cessant d'opérer la retenue au profit de la caisse de prévoyance, les exploitants n'entendent en aucune façon porter atteinte aux droits et avantages que les ouvriers tiennent de la bienveillance des sociétés, de TEtat et de la province. »

Je reconnais, messieurs, qu'il était assez difficile de donner suite à la proposition de M. Mêliez, dans le cours d'une de nos périodes sociales; mais, aujourd'hui que nous sommes à la veille de voir se clore la durée de la troisième période de dix années de notre association, et qu'il s'agit ou de proroger celle-ci ou de la remplacer par une institution différente , le moment paratt opportun pour l'examen approfondi et décisif des questions que M. Mêliez et moi avons posées. Il l'est d'autant plus, messieurs^ que nous nous trouvons en présence de critiques malveillantes» d'accusations injustes, auxquelles il nous appartient de répondre» non par des paroles ou des écritsi mais par des faits, par des actes.

Yoicii eu effet, oe que TAssociation internationale des travail* ' leurs (section de Bruxelles), en publiant tout récemment nos statuts, ne eraint pas de dire dans le commentaire qu'elle y ajoute : « // est bon que le peuple sache enfin qu'il ne doit compter que sur lui-même pour réaliser les améliorations qu'il croit nécessaires, c'est une vérité qui nous paraît prouvée une fois de plus par la caisse de prévoyance établie par le gouvernement gokikb les OUVRIERS MINEURS du basstn de Charleroi, par arrêté royal du iù février 1861. — Certes, s'il est des ouvriers pour qui l'établissement d'une caisse de prévoyance est nécessaire, ce sont bien, sans contredit, les ouvriers bouilleurs, exposés par la nature même de leur métier à des périls journaliers^ aussi croyons-nous qu'il serait facile de faire comprendre à ces travailleurs la nécessité

do fonder des caisses de ce genre, si le gouvernement n'y mettait obstacle par la création d'une institution qui est dirigée contre euxl...

(( On évalue le montant actuel des sommes déposées dans les diverses caisses du bassin de Charleroi à six millions et demi. Que fait-on de tant d'argent? Comment ces deniers prélevés sur la misère sont-ils administrés? C'est là un mystère qu'il n'est donné à nul regard profane de sonder.

(( L'ouvrier. paye, cela doit lui suffire ; du reste, il est dans son intérêt de fermer les yeux ; la moindre question indiscrète le ferait chasser, et il perdrait ainsi le fruit de ses versements forcés.

« Qu'il se console en pensant que son argent est employé tout d'abord à donner des traitements de quelques milliers de francs à des parents et amis d'actionnaires chargés d'administrer la caisse. Le reste servira à distribuer d'une main avare quelques secours aux ouvriers qui sont dans les bonnes grâces de leurs maîtres ; quant aux autres, ils risquent fort d'attendre longtemps ce qui leur est dû. Et surtout que les ouvriers fassent des vœux pour la prospérité do rétablissement où ils travaillent ; si celui-ci venait à péricliter, la caisse de prévoyance (remarquez bien, messieurs, qu'il s'agit de la caisse de prévoyance et non des caisses particulières de secours), la caisse de prévoyance courrait un grand danger; nous n'en voulons pour exemple que ce qui s'est passé lors de la liquidation de la compagnie Pauwels. Des centaines d'ouvriers avaient pendant des années subi des retenues de ce chef. £h bien, leur argent a été porté à l'actif de la liquidation et a servi à désintéresser les créanciers. Ces caisses sont bien des caisses de prévoyance.., pour les faillites 1 »

J'arrête là mes citations, bien que l'auteur anonyme de ce libelle indigne nous accuse de toute façon de dilapider arbitrairement l'argent des ouvriers — j'aurai l'occasion tantôt de raconter quelques-unes de ces énormités. Mais que penser d'un écrivain qui voit une machination gouvernementale dans une association librement fondée par l'initiative des exploitants? Qui nous reproche de disposer arbitrairement et impérieusement des fonds de la caisse, quand leur destination est mi-

nutieusement réglementée, que cinq contre-maîtres portons ou ouvriers concourent à tous les actes de radministration, quand tous nos comptes sont publiés chaque année dans les moindres détails? Que penser de ces récriminations sur les frais exorbitants de Tadministration, quand tous nos mandats, à nous exploitants, sont gratuits, quand nos collègues ouvriers de la commission sont seuls rémunérés de leurs dépenses de frais de déplacement seulement? quand nous ne dépensons que 3600 francs en traitements pour une recette annuelle de plus de 522000 francs!!! Que penser enfin de ces craintes méchamment exprimées sur le sort de notre avoir, quand celui-ci forme une propriété spéciale formellement attribuée à un être moral distinct de nos établissements, et ne peut d'aucune façon quelconque être détourné de sa destination pour une fraction si petite qu'elle soit?

J'ai hâte, messieurs, de quitter ce sujet pénible. Ce qui me console, c'est qu'au moins cette diatribe, plus ridicule encore que Tiolente, n'émane pas de nos ouvriers.

Lorsque la caisse de prévoyance a été fondée, en 1840, les organisateurs, au premier rang desquels il est juste de rappeler que s'est trouvé l'honorable M. Yisschers, qui nous a rendu de si grands services vis-à-vis des industriels isolés et du gouvernement, les organisateurs ont obéi uniquement à une inspiration philanthropique. Ils connaissaient les besoins de leurs ouvriers, les risques auxquels ceux-ci s'exposent, trop souvent par leur propre faute; ils savaient que le travailleur est rarement prévoyant et économe; qu'il dissipe volontiers au jour le jour tout ce qu'il gagne \ ils étaient témoins de la misère profonde où tombait sa famille, quand son chef était brusquement énervé par la maladie oqi enlevé par le trépas.

C'est pour remédier autant -que possible à cette situation douloureuse que l'on résolut de créer une caisse commune de prévoyance, destinée à fournir dans des cas déterminés des pensions et des secours divers, tant aux ouvriers qu'à leurs veuves et à leurs enfants.

Rien, certes, n'imposait cette initiative aux patrons : si Ton n'examine que le contrat qui régit les rapports du maître et de

108 l'industrie houillère en 1868.

Fouvrier, on trouve que le premier a strictement accompli tous ses devoirs dès qu'il a payé au second la rémunération promise et librement débattue. C'est à Touvrier seul qu'incombe ensuite le soin d'employer son salaire comme il l'entend et d'en appliquer une partie à se garantir contre les inquiétudes et les soucis de l'avenir.

Ce rôle passif et commode que de prétendus défenseurs des classes laborieuses osent vous assigner comme vous convenant seul, vous n'en avez pas voulu, et vous avez eu raison ; vous avec senti que vous étiez les tuteurs naturels des hommes que vous appeliez à votre aide dans la carrière industrielle; vous avez pensé que vous ne pouviez laisser à l'abandon toutes les familles qui vivent autour de vous !

Vous avez ajouté une clause à vos contrats avec l'ouvrier, et par cette clause vous exigiez le versement d'une quote-part du salaire quotidien dans la caisse de prévoyance commune.

A qui rendiez-vous service en agissant ainsi? A qui, sinon à vos ouvriers, dont vous assuriez l'avenir, dont vous protégiez les familles, et qui seuls devaient participer aui bienfaits de Tinstitutianî *<- Et cependant vous #vez voulu aller plus loin ; peur mieui encourager l'ouvrier, pour le décider plus aisément à accepter la retenue que vous lui demandiez dans son intérêt eidusif, vous avez consenti à verser à la caisse commune, de vos propres fonds, une somme égale à celle que les travailleurs y laisseraient*

C'était beaucoup, et néanmoins vous n'avez pas encore trouvé votre tâche suffisante, vous vous êtes appliqué constamment à développer votre œuvre. Vous avez élaboré soigneusement les règlements et statuts qui devaient la régir; vous vous êtes dévoués gratuitement à l'administrer, vous avez sollicité pour elle Fappui et les subsides de la province et du gouvernement, vous avez cherché à accroître les ressources de la paisse, et eu définitive vous y avez pleinement réussi.

En vingt-sept ans vous avez reçu pour vos ouvriers 6 1 34 625 fr. 1 8 Vous avez distribué 4081824 32

Que votre caisse de prévoyance n'e^i pas asisté, messieurs» où

aurait-ôQ trouvé les quatre millions si utilemeut dépensésH Quel eût été remploi de ces six millions si sagement recueillis?

Vous n^auriez eu ni les subsides^ ni les amendes, ni les intérêts des capitaux placés; il ne serait donc resté comme ressources possi* blés que les versement^ provenant des ouvriers et des exploitants.

Or les ouvriers, abandonnés à eux seuls, auraient-ils épargné quoi que ce soit en vue de soutenir leur vieillesse, d'aider leurs veuves et leurs orphelins, de se garantir contre les acdidents?

Qui aurait osé le prétendre il y a trente ans? qui même oserait l'espérer aujourd'hui?

Supposons pourtant que chaque ouvrier, agissant isolément, eût fait i^ne épargne équivalente h celle que la caisse lui impose, quel total eût été ainsi amassé? Moins de 2 millions et demi, puisque les retenues sur les salaires ne forment pas même quai rante pour cent de vos ressouro^s \ et même moini de 2 ipillions, puisque vouç p'auriez; eu ni 3ub$ide9, ni intérêts, ni amendes à ajouter à ces épargnes I Et cependant la caisse a dépansé pln3 do quatre millions de francs , c'est-à-dire le double de ce que nous supposons qne i^ps TRAYAti^LBURS SEULS auraient pu ama9ser.

Qui a fourni l^axcédant? Nous, les exploitants, en vertu de l'obligation que nous avions librement consentie et que nous avons fidèlement exécutée depuis près de trente ans!

Sans doute, si notre caisse n'eût pas existé, les patrons n'en auraient pas moins aidé leurs ouvriers dans des cas exceptionnels.

Mais y reconnaissons-le franchen^ent , ils l'auraient fait en général au hasard des inspirations de la charité privée, et non pas en suivant des règles fixes : ils auraient consulté leurs sympathiesf d'une part, leur situation financière de Tautre ; ils auraient encore fait le bien, pais comme des particuliers le font, comme procèdent, en un mot, les chefs d'industries pour lesquelles des institutions de prévoyance n'ont pas encore été établies. M natu* rellement, non-seulement les secours distribués auraient été moins npuïbreux, mais en omUq ils auraient été plus inégalement répar-^ tis; UQ très-grand nombre de personnes, que nous avons pu i^ssi$ter depuis 1840, auraient été certainenxent priyéds de tout secpui^s quelconque.

no l'industrie houillère en 1869.

Qaand une institution a produit des résultats aussi féconds que ceux que nous venons de résumer, il ne peut être question de la supprimer : on ne détruit pas ainsi en un jour une œuvre que plus de trente ans de succès ont consacrée.

Mais n'y a-t-il pas opportunité à la transformer? D'après les statuts actuels, la caisse s'alimente principalement d'une somme équivalant à 1 et demi pour 100 du salaire payé aux ouvriers, par chaque établissement associé, la moitié de cette somme provient d'une retenue sur le salaire des ouvriers, Tautre moitié est suppléée par les exploitants.

Le libelle dont je vous parlais tantôt n'hésite pas à proclamer que «comme les exploitants diminuent les salaires dès que leurs recettes baissent, ce sont en réalité les ouvriers qui payent le total de la cotisation. »

Je crois, au contraire, pouvoir répéter avec M. Mêliez que « les versements en apparence effectués par les ouvriers sont tout entiers à la charge des patrons. »

Dans un pays où l'exercice de toutes les industries est libre, un ouvrier ne choisit un métier déterminé que parce qu'il espère y gagner plus d'argent que dans tout autre. Il consulte ses propres aptitudes, ses goûts personnels, ses convenances particulières.

Comme rien ne l'enchaîne, il peut toujours passer à un autre labeur^ si celui qu'il a préféré d'abord ne lui convient plus; il est son maître et ne s'engage qu'où il trouve profit.

Au contraire, ceux qui ont immobilisé des capitaux considérables dans rétablissement d'une usine, dans la création d'une minière ou d'une exploitation charbonnière^ doivent avant tout entretenir l'activité dans leurs ateliers. Il ne s'agit pas seulement pour eux de gagner chaque jour le salaire proprement dit, les moyens quotidiens de vivre, il faut en outre ne pas laisser dépérir le capital qui leur a été confié et qui représente, lui, le travail antérieur des bailleurs de fonds, les épargnes de milliers de familles. — Tout chômage d'une usine équivaut à la perte d'une partie de la valeur de cette usine. Une mine abandonnée est encore beaucoup moins qu'une terre qu'on laisserait en friche : cette terre ne produirait rien, et cependant le fermier devrait en payer

CONDITIONS DE LA PRODUCTION EN 1869. Hl

le loyer. Une mine doit être entretenae, aérée, débarrassée de ses eaux.

Le chômage est donc ruineux pour Texploitant, et dès lors il est forcé de maintenir, au prix des plus grands sacrifices, son charbonnage en activité, et comme il ne le peut qu'à force de bras, il est vrai de dire que cest lui qui subit souvent les conditions du travailleur, au lieu de lui en imposer.

Or l'ouvrier n'établit pas son budget en prévision de l'avenir ; il ne se préoccupe en général que de ses besoins du moment; il veut gagner et toucher de quoi vivre immédiatement y et c'est sur cette base qu'il suppute son salaire. — Il en résulte qu'en fait il ne tient aucun compte de la retenue que les exploitants lui demandent pour la caisse de prévoyance; si sur 100 francs on lui retient 75 centimes, il calcule qu'il ne reçoit, qu'il ne gagne que

99 fr. 25, et il quittera sa profession sans hésiter, s'il peut toucher

100 francs net dans un autre métier.

En allant au fond des choses, on reste donc convaincu que c'est Vexploitant seul qui paye de ses deniers laHotalité de la retenue de 1 et demi pour 100 opérée sur le chiffre total des salaires au profit de la caisse de prévoyance. — Et cela est vrai, précisément parce que tous les ouvriers, sans exception, sont affiliés par nous à la caisse.

Si l'adhésion était libre pour eux, l'assuré ferait un sacrifice personnel, comparativement à celui qui ne souscrirait pas; il y aurait alors deux catégories de houilleurs, deux différents prix à payer pour les ouvriers de tous les établissements, et être houilleur dans le bassin de Charleroi, c'est de plein droit être assuré ; il en résulte que les salaires à payer en écus à nos ouvriers se fixent et doivent nécessairement se fixer, sans égard à la retenue apparente qui a lieu au profit de la caisse de prévoyance.

Remarquons encore que nous, patrons, nous payons, quelle que soit la composition du personnel de nos ouvriers; ceux-ci individuellement vont et viennent, changent de résidence, de métier; ils ne contribuent, fictivement toujours, que durant leur emploi chez nous; mais nous, nous avons une obligation perma^ nente.

m L INDUSTRIE HOUILLÈRE EN 1869.

Il est à remarquer que nous payons, quel que soit le résultat de nos exploitations, ce n'est pas sur nos bénéfices liquidés, c'est sur Qos dépenses brutes que se prélève la retenue.

Dès que nous engageons un ouvrier, nous nous créons deux créanciers ; l'un, le travailleur, qui veut recevoir immédiatement les moyens de vivre; Tautre, la caisse, qui attend de nous la prime d'assurance que nous avons à payer pour le mâme ouvrier et toute sa famille, non-seulement pour ce qui grève nominalement notre charbonnage, mais encore pour tout ce qui est censé retenu sur les salaires.

Sofia à qui proGte la caisse? Mais à Touvrier exclusivement ; nous pairatM, nous avons le devoir d'y verser nos fonds, nous n'a« TOns aucun secours quelconque à en attendre. Donc les fonds de la paisse, considérés en masse, sont tout simplement un supplément de salaire attribué par nous à ceux que nous employons ; c'est enfin une véritable gratification, sur laquelle le travailleur no compte pas quand il débat le prix de sa journée, mais qui, dès 1q premiar moment de son entrée che» nous, doit grever obliga-

tQirm^t potro budget,

Ces dernières considérations m'entraînent à dire quelques mots du travail coopératif appliqué aux houillères.

Gomme vous avez pu le voir par les comptes rendus d'un congrès réuni il y a peu de jours k Bruiellea, certains novateurs pré- Qonjsent aujourd'hui la suppression du capital,.., au moins par inanitioUi puisqu'ils lui refusent tout droit à une rente, à un inté^ rét; k leurs yeux, le salarié seul produit et, par conséquent, seul doit recevoir le prix de l'œuvre exécutée. Les plus logiques dans cette étrange école concluent hardiment que, le capital n'étant rien, le travail étant tout, une association de travailleurs peut entreprendre toute industrie quelconque, et, en ce qui nous concerne spécialementi ils demandent que l'exploitation des charbonnages soit remise désormais h des sociétés d'ouyriers travaillant eu coopération 1

Vous n^attendez pas de moi, messieurs, que je réfute des sopbismes économiques cent fois renversés : Tout oe qui a une valeur, un prix, est le fruit d'un travail ; si le labeur se borne à la

satUfaotipQ des besoins du jour, V homme »e conêerve^ mais ne s'en* richil pas ; s^il travaille do manière à produira plus qu'il no consomme, il épargne, il se crée m capital. Que ses économies soient grandes ou petites, qu'elles soient r0présentées par des vivres ou des vôtemeqts, par une bâtisse ou une plantation, par un outil manuel ou par une machine à vap0urt P&f W immeuble ou par de l'argent.

Et rhomme travaille, produit et peut épargner, aussi bien quand il pense et sent que quand il pioche ou marche, La science les arts, Thabileté dans un métier sont des capitaux, comme les choses matérielles. Le capital est donc l'enfant du travail et non sofi ennemi.

C'est du travail condensé, conservé, je dirai presque ressuscité. -*- Nos travaux de mines, nos puits, nos galeries, nos bâtiments, nos machines sont l'œuvre de ceux qui nous ont précédés ; les uns ont étudié la nature des gisements; d'autres, les modes les plus parfaits d'extraire ; d'autres, les nipyens d'évité? les coups d'eau et les explosions; d'autres ont fourni des fonds pour tente? rentjreprise ou la continuer; tous, tous y ont mis leur travail perr sonnel où le capital qui représentait le travail de leurs devanciers. Ecartons donc les distinctions irritantes autant qu'absurdes; sans le capital, sans les économies de nos pères, nous serions encore des barbares, réduits à demander aux hasards de chaque jour les moyens de ne pas mourir.

En fait, le système coopératifs comme l'entendent certainjj me» neurs, serait-il applicable à l'exploitation actuelle des charbon* nages? Évidemment non; ce ne serait pas un progrès, ce serait un recul, une rétrogradation aux premiers jours de notre industrie, tandis que ce que nous proposons est, au contraire, le système coopératif vrai, sérieux et généreux, puisque c'est le capital seul qui pourvoit aux besoins du salariat dans les moments d'accidents ou de détresse, sans la participation de celui-ci, alors même que l'entreprise ou le capital est en perte, comme cela a été déuïontré.

Qu'arrivait- il jadis, quand on avait découvert Taffieurement d'une qouche? Quelques individus s'associaient, ils se (iistribuaient les rôles, et commençaient à profit commun Textractiou*

f lut (juB cejle-ci ne s'éloiguait guère de l^ surface, l'entreprise

U4 l'industrie houillère en 1869.

était facile et même lucrative; mais bientôt surgissaient les eaux, et il fallait ou tout abandonner ou recourir à autrui.

Souvent on se résignait au premier parti ; parfois on pouvait déverser les eaux sur une galerie d'écoulement du voisinage, mais à la condition de payer une redevance à ses propriétaires ; on vivotait ainsi quelque temps encore, puis, de guerre lasse, épuisés de ressources, ruinés, les pauvres coopérants ou les parçonniers d'alors se retiraient, en attendant qu'un autre, plus habile ou plus aisé, pût reprendre leur œuvre, en leur payant seulement le prix de leur découverte et de leurs travaux utilisables. Voilà comment se sont créées presque toutes nos houillères; dans toutes on a abouti fatalement à une série de cessions, jusqu^à ce que la mine arrivât à des propriétaires assez riches pour entreprendre les gigantesques travaux que la nature nous impose, que la science nous indique, et dont malheureusement les résultats sont encore si souvent aléatoires et incertains.

Je le sais, il y a parfois des exceptions, une mine a pu prospérer et grandir en restant la propriété des familles des fondateurs primitifs; ils payaient des ouvriers, ils vendaient leurs charbons et se partageaient la différence : ils exploitaient leur capital, absolument comme le font tous les autres propriétaires des mines.

Voilà, messieurs, aussi brièvement que possible, ce qu'a été anciennement la coopération dans les mines. Est-ce là qu'on veut nous ramener? Mais qu'on ferme alors toutes les bures, car ce n'est pas seulement avec des bras qu'on les exploitera. Les ouvriers associés feront un capital entre eux, soit par des mises, soit par des emprunts,' pourra-t-on me dire; mais qui les nourrira, eux et leurs familles, durant les années de travaux préparatoires ou de création? Qui payera quand leur œuvre aura été ruinée par un sinistre? Et enfin, s'ils réussissent à trouver les'^fonds nécessaires, quelle ditîérence y aura-t-il entre eux et un actionnaire quelconque des charbonnages actuels? Est-ce qu'aujourd'hui il n'est pas permis au premier ouvrier mineur venu, qui a fait des économies, d'acheter une part, une action dans un charbonnage et de courir les chances du propriétaire, tout en recevant à chaque quinzaine le salaire régulier de l'ouvrier?

Il n'y a qu'une seule manière de s'enrichir : c'est de travailler

beaucoup et de consommer peu; c'est par cette vieille et impérissable maxime que je terminerai ma digression.

Il est temps que je revienne au sujet particulier qui nous occupe en ce moment.

Je crois avoir prouvé que ce sont les exploitants seuls qui payent la totalité de la retenue de 1 et demi pour 100 prélevée sur les salaires de tous les ouvriers mineurs de notre bassin au profit de la caisse de prévoyance.

Tel étant Tétat réel des choses, nous avons à nous demander s'il convient de maintenir dans nos statuts une fictiouy fiction que Ton tourne contre nous, ou s'il ne vaut pas mieux dire franchement que la caisse de prévoyance ne réclame rien de ses ouvriers et qu'elle demande la retenue aux charbonnages seu^ lement.

Quant à moi, messieurs, je choisis nettement ce dernier parti.

Conservons la caisse, puisqu'elle est utile, puisqu'elle soutient nos travailleurs et leurs familles, mais alimentons-la seuls, ouvertement, payons à Touvrier son salaire intégral, et qu'il en dispose à son gré.

Si l'éducation économique des masses était plus complète; si chaque travailleur était pénétré des idées d'épargne et de crédit, si nous pouvions espérer de voir nos ouvriers fonder entre eux des banques populaires, des caisses de pensions et de secours, peut-être le plus simple serait-il de renoncer à notre œuvre de vigilance philanthropique et de déclarer que nos ouvriers, désormais émancipés, pouvant agir par leur seule initiative, nous n'avons plus à nous occuper de leur sort.

Ils sont libres de le faire, vous le savez, et la loi et le gouvernement les encouragent par tous les moyens à s'unir, pour résister aux chances mauvaises de l'existeilice ; mais, bien que de prétendus libérateurs du peuple ne voient dans nos bienfaits qu'une exploitation et nous demandent impérieusement Tabstention en ces matières, nous ne nous laisserons pas aller, par une réaction implacable, à leur égoïste système; nous ne reconnaîtrons pas à quelques rhéteurs le droit d'être les interprètes de nos braves collaborateurs, les arbitres de destinées que nous sen-

116 l'industrie houillère en 1869,

tuns nous être encore confiées. Nous ne détruirons pas cette caisse de prévoyance, que nous avions su amener à un état si prospère. Non, nous la conserverons avec nos seules ressources.

Messieurs, si vous adoptez les idées que je viens d'avoir Thonneur de développer, il y aurait lieu de modifier nos statuts actuels en observant les articles 42 et 43, et de transférer à l'association réorganisée le boni qui restera au 31 décembre 1870, ainsi que le prévoit l'article 8 des mômes statuts, à charge de servir les pen* sions et secours alloués dans les trois dernières périodes de Passociation, à moins que de laisser à la liquidation Te soin de les servir jusqu'à extinction. Je n'insiste pas en ce moment sur les détails de cette transformation.

Si vous en approuves le principe, je pense qu'il y aurait lieu de renvoyer à une commission spéciale l'examen de l'ensemble de ma proposition.

Je n'ajouterai plus qu'un mot à ce discours déjà trop long, c'est que toutes les considérations que j'ai développées s'appliquent également aux caisses particulière$ de secours qui existent dans chaque établissement, et que, pour celles-ci aussi, je pense qu'il y a lieu de ne demander désormais une contribution qu'aux exploitants seulement»

Cette étude, présentée par Thonorable M. Goret à la commission de la caisse de prévoyance en faveur des ouvriers mineurs de Charleroî, n'a pas été suivie d'effet. La caisse de prévoyance fonctionne en Belgique comme précédemment, alimentée par le principe de la mutualité, c*est-à-dire au moyen de prélèvements sur les salaires et de versements effectués par les compagnies. Mais pour nous, cette étude est instructive sous un double rapport.

Sous le rapport du mode de Talimentation par les compagnies seules, elle résume tous les arguments qui peuvent être produits.

Elle démontre, en second lieu, que le système

adopté en Belgique, d'une caisse générale par bassin, ne préserve pas les administrateurs les plus respectables et les plus dévoués des attaques violentes et des calomnies.

Elle démontre enfin que ces calomnies odieuses peuvent avoir pour résultat de conduire à cette conclusion, que les exploitants auraient peut-être avantage à accepter la totalité des charges et à reprendre leur liberté. Tel est, en effet, le problème posé. L'expérience qui se fait dans la Loire pourra peut-être apporter de nouveaux éléments pour le résoudre.

L'étude présentée par M. Goret établit de la manière la plus évidente que les compagnies supportent seules les frais des caisses de secours. Il semble donc en résulter qu'elles n'ont aucun intérêt à maintenir le prélèvement sur les salaires, qui n'est qu'une fiction.

Et cependant nous avons trouvé chez les exploitants un désir presque général de conserver, s'il est possible, le principe de la mutualité, qui, en donnant des droits à l'ouvrier, est plus apte à l'attacher à sa profession et à la mine oîi il a conquis ces droits par son travail.

Les populations de nos bassins du Centre ont déjà une propension trop grande à considérer les compagnies comme devant avoir pour elles tous les soins, toutes les prévoyances et toutes les largesses, sans que de leur côté elles aient des devoirs à remplir. Il faut donc que les institutions fondées en leur faveur leur assurent des droits en leur imposant des devoirs; il faut qu'elles leur rappellent qu'ils n'ont de véritables amis que ceux qui sont associés à leurs travaux et qui leur ont déjà prouvé leur sollicitude.

us l'industrie houillère en 1869.

Dans la situation actuelle , les exploitants ont été unanimes pour conclure que la meilleure réponse à faire aux excitations dont les ouvriers mineurs sont l'objet, était de développer encore et de perfectionner toutes les institutions qui peuvent améliorer leur sort et les attacher à leur profession. L'essentiel est d'adopter les mesures les plus efficaces et qui ne puissent devenir l'occasion de nouvelles calomnies.

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