JEUX D'IRONIE
Apres dîner, dans le jardin, sur la terrasse, On prendrait le café tout ensemble et le frais, Avec nos chérubins d'enfants jouant auprès, Et belle mère alors, debout sous la charmille. Me dirait : « Quel trésor vous êtes pour ma fille. « Mon gendre ! L'existence est un vrai paradis « Avec vous, et de plus en plus je m'applaudis s De vous avoir donné cette chère mignonne ! n Et moi que toute émotion impressionne, Je répondrais, gonflé d'orgueil, non sans émoi : « Vous êtes trop flatteuse et l'honneur est pour moi « D'accompagner et de soutenir dans la vie « Celle que votre amour maternel me confie. » O quel tableau touchant dans sa simplicité : A gauche, les bébés s'amusant ; du côté Droit, sur le premier plan, belle mère attendrie, — On pourrait en tirer toute une allégorie — Me tendant une main qu'arroseraient mes pleurs, Et, bénissant la vie où croissent tant de fleurs. N'en croyant pas ses yeux de voir cette chimère D'un gendre aux petits soins choyant sa belle mère, Ma femme avec des yeux d'extase, dans le fond.
Et ce ne serait point si bête et si bouffon !