‹ Les houlesChapitre 9 sur 40 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

quand la marmite

Conjugale et le pot au feu vous tenteront.

Cette nuit, tandis qu'au ciel bleu, l'une après l'une, Les étoiles montaient par un beau clair de lune, J'ai rêvé d'un bonheur très calme et très bourgeois, En une ville, avec « la femme de son choix. » Bornés comme de juste aux choses accessibles Et terre à terre, nos désirs n'auraient pour cibles Que ces félicités qu'on touche de la main Et qu'on est sûr de retrouver le lendemain.

La maison serait blanche, au soleil, et petite, Avec des murs enguirlandés de clématite. Elle ferait le coin de quelque vieux faubourg Où les soldats marchant derrière le tambour Nous mettraient en passant de l'héroïsme à l'âme. On parlerait de nous sans éloge et sans blâme, Au hasard des propos tenus dans le quartier, Comme on parle d'un bon ménage de rentier, Sans pourtant faire tort aux façons déférentes Dont on use avec ceux qui vivent de leurs rentes. Le soir, après avoir couché les trois marmots, La fille tout d'abord, ensuite les jumeaux, Au coin du feu, parfois, nous ferions la causette ; Politique ou sirop de groseille, recette De confitures, lue au courant d'un journal, Et tout à coup, par un bâillement machinal Surpris, nous mêlerions sous d'amples couver- Mais pour le bon motif, nos deux températures. Bonne maman viendrait nous voir à la Saint Jean, Superbe femme encor malgré des fils d'argent, Bien conservée, ayant en ses manières prestes Le talent de montrer quelques anciens beaux restes. Et quels étés charmants l'on passerait ainsi, A la campagne, sans déboire, sans souci Qui mette l'âme â la torture et l'embarrasse !

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