VERS ARTHUR ET VERS MERLIN' I I
De la base jusqu'au faite, L'histoire des anciens jours Revit dans les pennons lourds Qui font au sommet des tours Chanter les couleurs de fête !
Le prince Arthur revient au pays. Sonne encor, C'est l'heure de sonner, Arthur, sonne du cor!
Les moines à leurs pupitre-.
De leurs chants de grâce altiers Font retentir les chapitres Et les salles des moûtiers.
Et, sur des coussins de soie, Le duc aux yeux pleins d'éclairs, La duchesse aux regards clairs, A genoux parmi les clercs, Clament des hymnes de joie.
Le prince Arthur revient au pays. Sonne encor, C'est l'heure de sonner, Arthur, sonne du cor '
Paix à vous tous et largesse !
A tes cloches, toi, sonneur ; C'est le duc et la duchesse Qui nous font l'insigne honneur
D'entrer dans leur capitale.
Que dans les neuf évêchés Du plus joli des duchés, Les cloches des hauts clochers Sonnent l'heure triomphale l
Le prince Arthur est revenu ! Sonne du cor Ln signe de triomphe, et sonne, et sonne encor
Et les cloches sonnaient encore que le songe Où j*avais vu passer l'impossible mensonge Des nobles ducs et des duchesses d'autrefois,
Aux jours que la gloire prolonge, Avait quitté mon âme et tù sa grande voix.
A mes pieds, le Guindv, sans élan, comme inerte, Tristement s'écoulait, chantant sa chanson verte, Toujours doux et paisible et monotone et las ;
Et là haut, dans la nue ouverte, Les cloches maintenant avaient des sons de glas.