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PROLOGUE D'OUVERTURE

Les gens de l'Ouest étaient les seuls qui n'eussent pas Au soleil parisien déployé de bannière Sous laquelle, de la première à la dernière, S'unît chaque recrue arrivant de là bas.

Ils étaient peu d'abord, six ou sept, des artistes, A qui le désir vint de grouper dans Paris, Autour des glorieux tAnciens déjà mûris, Les Jeunes aux débuts solitaires et tristes.

Et, sachant que l'exil loin du pays natal Est dur et fait pleurer, le plus, après les mères, Les éternels rêveurs d'éternelles chimères Chez qui le souvenir vibre comme un cristal,

Us réunirent nos provinces fraternelles,

Ainsi qu'un chef range les siens avant l'assaut,

En un familial et résistant faisceau

D;où jaillît mieux ce que les âmes ont en elles.

Et, joyeux de nous voir tous rassemblés ainsi, Frères par le coteau fertile et par la lande, Je viens, étant un des plus jeunes de la bande, Dire à nos chefs de file, au nom de tous : « Merci » !

Solidement, au cœur de la patrie aimée

Ils ont avec orgueil planté nos fanions.

Leur œuvre est bonne et vaut que nous nous souvenions.

Car ils ont pris l'idée en main et l'ont semée.

u De la concorde naît la force, » avaient ils dit ! Et depuis nous voyons que chaque jour apporte- Une sérénité de plus, vivante et forte, A l'œuvre qui s'anime et prospère et grandit.

Merci ! Nous tromperons les regrets de l'absence En devisant des beaux pays que nous chantons, Et, Poitevins, Manceaux, Angevins et Bretons, Ensemble nous ferons plus ample connaissance.

Et nous les chanterons, nos provinces, encor, Longtemps encor, comme en ce jour, et les poètes Encor leur enverront en de nouvelles fêtes, Le sonore salut des strophes aux bruits d'or.

Ainsi nous aimerons nos pavs davantage ; Mais afin que l'amour pour chacun soit égal, Nous nous proposerons cet échange amical D'envoyer de province à province un otage.

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