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A CELLE QUI DOIT ETRE BLON'DE

Car nos deux âmes affligées De se reconnaître si tard, Dans la douleur seront plongées Comme au soir de quelque départ.

Et, las de caresses intimes, Nous pleurerons en causant bas Sur tous les soirs que nous perdîmes Quand nous ne nous connaissions pas !

LE soir traîne là bas des suaires de brume ; La tristesse des mers chemine vers le ciel, Et l'esprit plein de doute et le cœur plein de fiel S'égarent sur les flots où nul feu ne s'allume.

« Ohé ! Mousse couché sur le gaillard d'avant, ■ Grimpe en hâte jusqu'au sommet de la mâture, a Et fouille l'horizon pour voir si d'aventure « Quelque terre inconnue apparaît sous le vent.

Et, du haut de la hune étroite qui surplombe,

Aux marins anxieux qui guettent sur le pont

Le mousse d'une voix prise de peur répond :

« Je ne vois que la mer et que la nuit qui tombe. »

Le matin rose et bleu frissonne à l'orient

Et l'on voit voltiger à la cime des ondes

De longs déroulements nacrés d'écharpes blondes

Que le soleil au loin déploie en souriant.

Marins qui ne savez encor vers quelles rades Vous portera l'effort du vent et de la mer, Marins à qui le soir de brume était amer, Marins, marins, nos cœurs changeants sont camarades.

La même inquiétude emplit aux fins de jour Ceux qui naviguent sur la mer et sur le rêve. Et leurs yeux voient s'enfuir les mirages de grève A l'horizon confus dont ils ont fait le tour.

Mais luise après les nuits lourdes et sans étoiles Le soleil reflété dans les eaux, clair miroir, Et les voilà buvant le vin fort de l'espoir Et dans l'aube nouvelle orientant leurs voiles !

Cœurs de marins et cœurs de poètes sont prompts A revivre à nouveau l'espérance insensée, Et, pour qu'un flux de rêve inonde leur pensée, Il suffit d'un rayon de soleil sur leurs fronts.

Tristes pareillement à l'heure où le soir tombe, Chaque soleil levant leur fleurit l'âme un peu Du songe d'entrevoir par quelque matin bleu Un rameau d'olivier au bec d'une colombe !

Overs, envole^ vous ! Strophes, l'une après l'une, Suive- les chemins bleus de l'êlher familier ! Papillons d'idéal, aile blonde, aile brune, Où mon cœur de poète à toujours est lié, Voltige^ en flocons de songe, aux clairs de lune ! Heureux, 6 vers, si vous ave~ cette fortune D'éveiller par le seul baiser des mots, au ftl D'une chanson d'amour lointaine et vagabonde, Le lève qui dormait dans les beaux yeux d'exil De quelque jeune femme exquise, frêle et blonde !

S^^Sh

Pages.

t*+ Pour ceux que l'idéal tourmente et qu'inquiète. i

DEPARTS

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