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A CELLE QUI DOIT ÊTRE BLOXDE

Si je savais où tu habites, Où ton frais regard souriant S'encadre dans les clématites, Vers le couchant ou l'orient ;

Fût ce au bout du monde, n'importe !

A travers plaines et forêts Pour venir frapper à ta porte Tout de suite je partirais.

Il resterait du sang, peut-être, Aux empreintes de mes pieds nus, Mais, sûr de te voir apparaître,

Mon désir ne saignerait plus.

Et je cherche en vain la demeure Où tendre et bonne, tu m'attends ; Où ton rêve ingénu me pleure, N'est ce pas, depuis bien longtemps...

Si tu savais comme je souffre, O mignonne, et quel désespoir Me prend d'être seul et quel gouffre S'ouvre en moi quand descend le soir.

Oh ! j'ai tant besoin que tu m'aimes, Que tu me dises de ces mots Qui me seront, toujours les mêmes, Comme un baume pour tous les maux.

Et ce qui fait que la détresse Où je sombre est plus grande encor, C'est de sentir que ma tendresse Est un inutile trésor.

Et de penser que tu existes Et pourtant que tu ne viens pas, Je suis comme ces enfants tristes Qu'on entend sangloter tout bas !

Ce sera l'heure où le soir tombe, Un soir doux et triste à la fois :

Je t'appellerai ma colombe Et j'aurai des pleurs dans la voix.

Tu me répondras de ces choses Qui laissent le désir douteux, Et le trouble des soirs moroses Nous envahira tous les deux.

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