Arch. de la Haute-Garonne : Evêché de Rieux
1744. — 28 Avril.
Lettee du curé de Latour au prévôt du chapitre de Rieux.
Intéressante missive où M. Deprat, curé de Latour, raconte les circonstances de la conversion de M. de La Rivière.
Monsieur. — Il étoit de mon devoir, et c'était bien mon dessein, d'aller à Rieux d'abord après la quinzaine, pour avoir l'honneur de vous remercier, vous et M'' l'abbé Garic, de la bonté que vous avez eue pour mon neveu, de lui donner la cure de Mérigon, et pour vous rendre compte à l'un et à l'autre de ma conduite au sujet de M. de La Rivière; mais une douleur aux dents qui m'est survenue, dont j'ay souffert quelques jours et qui n'a pas encore tout à fait passé, m'a empêché de me mettre en chemin et ne me permet pas encore de m'exposer. Je vous prie donc de trouver bon que je vous rende, par la présente, mes très humbles actions de grâces pour celle que vous avés accordée à ce jeune prêtre. Je conserveray toute ma vie les justes sentimens de reconnoissance que j'en dois avoir : je ne souhaite sinon qu'il réponde à vos bonnes intentions en faisant bien son devoir dans cette paroisse où vous avez trouvé à propos de le mettre.
Quant à M. de La Rivière il a communié enfin, vous le sçavés. Ce fut la troisième fête de la Pâque qu'il fit cette grande action. Il n'a peu en quelque manière la faire plus tôt parce qu'il n'a pas été assés malade pour la faire dans la maison et qu'il l'a été trop pour pouvoir l'aller faire ailleurs. Je ne scay si j'auray bien interprêté votre lettre. Je n'ay peu suivre à la rigueur tout ce que
vous me marquez, par la difficulté qu'il y a eue d'avoir nombre de curez à cause de la circonstance du tems. Ce n'est que devant M. le curé de Méras et moi qu'il a protesté qu'il tenoit la religion catholique, apostolique et romaine pour la seule où l'on peut faire son salut et dans laquelle il vent vivre et mourir. Il nous en a donné sa déclaration écrite et signée de sa main. Je ne puis pas douter de la sincérité de ses seûtiments après toutes ses démarches. Il les témoigna d'abord à M^"" notre évêque, qui lui donna toute liberté de se confesser à qui il voudroit. Le P. Delmas, à qui il s'est adressé et qui a entendu sa confession générale, a déclaré être fort content de lui. Dans les conférences que nous avons eues ensemble il m'a pareu toujours convaincu de la vérité de notre religion. Il craiguoit à la vérité la communion, sans pourtant douter de la réalité [de la présence de J.-C. dans l'Eucharistie]. Je tîîchay de le tranquilliser, quatre ou cinq iours avant qu'il la tit, par ces paroles du xxi chap. de saint Mathieu : Ecce rex tuus venit tibi mansuetus. Je l'ay confessé à Méras, pour lui é])argner la peine de venir à Latour, le mardi de la Pâque, et afin qu'il fut plus à portée d'aller communier dans sa paroisse et de la main de son pasteur qui est son fils. M. le curé de Méras et nombre de ses paroissiens qui étoient dans l'église lorsque j'entendis sa confession en ont été édifiés. Le voisinage, au l)ruit de cette bonne nouvelle, l'a été aussi : en un mot je suis content de ce M"" et je crois avoir raison de l'être. Je ne sçay pas si le Seigneur l'est de moy. Ce n'est pas pour avoir un établissement qu'il a demandé les sacremens. Il est dans l'âge, il ne manque pas d'esprit ni même de sçavoir pour un homme de son espèce. Son père se convertit vieux. Toute sa famille est catholique, sa femme près, qu'il espère pourtant de ramener et à quoy il m'a dit, plus d'une fois, qu'il travailleroit. Il auroit vouleu communier long temps avant sa maladie, eu présence d'un grand nombre de curez assemblés, dans l'église de Castex, à l'occasion d'un service, si j'eusse peu vous consulter et que vous l'eussiés approuvé. Le Seigneur lui fasse la grâce de persévérer !
Je finis par ou j'aurois dû commencer, en vous félicitant de la nouvelle charge qu'on vous a imposée. J'y ay pris beaucoup de part, et quoy que je sois des derniers à vous le témoigner, mes
sentimens n'en sont pas moins sincères, ni mes vœux pour vous moins arclens. S'ils sont exaucés, vous serés lougtems et toujours un digne prévôt à la tête de ce vénérable chapitre.
J'uy riionueiir d'être avec respect. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Deprat, curé de Latour.
A Latour, le 28 avril 1744.
-|- .4 M. M. Paierie, chanoine, préwt du Chapitre de Bieux et vicaire général. — A Rieux.
(Arch. de la Haute-Garonne : Evêché de Rieux.)
1749. — 22 Juillet.
Condamnation de plusieurs huguenots du diocèse de Rieux.
Il s'agit de la sentence portée par l'intendant de Foix, Antoine-Marie de Ponte, contre les frères Laborde, François Fargues et autres religionnaires du Mas-d'Azil et des environs, coupables d'avoir assisté à des assemblées prohibées, ou de les avoir présidées. Ce spécimen des répressions terribles, mises en vigueur dans le diocèse de Rieux, contre les huguenots, quoique étudié ailleurs ', a sa place marquée dans le présent recueil : il aide singulièrement à imaginer l'état violent où se trouvaient placées diverses communautés rivoises au xviii" siècle, par le fait des divergences religieuses et de leurs déplorables conséquences.
De jiar le Roy.
Jugement de M. l'intendant qui condamne aux galères perpétuelles les nommés Jean-Pierre Bouvilla, Jean Lafont dit Rey et François Lafont, pour avoir assisté dans une assemblée tenue dans le territoire du Mas-d'Azil, et déclare en outre la contumace bien instruite contre les nommés Olivier et Courtes-Carrière convaincus d'avoir fait les fonctions de ministres-protestans, et en conséquence condamnés à être pendus et étranglés jusqu'à ce que mort s'ensuive, etc.
' Voy., à ce sujet : La ciyrrespondance des deux frères Lahorrïe, forçats du Mas-d'Azil... au bagne de Toulon, par M. de Grenier-Fajal (Montauban, Forestier, irap., 188.3). — It. : Deux épitres jmtoises, composées vers 1751, par Pierre Fargues, pour la délivrance de son frère François, condamné aux galères, etc.
Du 22 juillet 1749.
Antoine-Marie de Ponte, chevalier, comte d'Albaret et de Lotoul, seigneur d'Armissan, Combelongue, le Quatourze et autres lieux, conseiller du Roy en ses conseils, premier président du conseil souverain de Roussillon, intendant de justice, police, finances et fortifications de lad. province et de la comté de Foix.
[Après avoir énoncé les divers édits et déclarations du Roi portant défense aux réformés de s'assembler pour faire aucun exercice de religion, sous peine de procès, amendes, supplices, galères, mort, selon le cas, l'intendant rappelle :]
...Les procès-verbaux dressés par les consuls et syndic de la ville du Mas-d'Azil et par ceux du lieu de Sabarat, les 6 et 26 novembre 1748; les interrogatoires subis devant le s' Siret, notre subdélégué au département de Foix, le 16 dud. mois de novembre, par François Fargues, Pierre-Paul Mercier, Paul Laborde et Etienne Laborde, habitans au Mas d'Azil, qui ont avoué avoir assisté à l'assemblée tenue au Clôt ciel Bouix, jurisdiction du Mas-d'Azil, la nuit du 2 au 3 dudit mois de novembre; ceux subis le 24 du même mois par Jacques-Paul Rosseloty, habitant au Mas d'Azil, Etienne Doumenc et François Bourgail, habitans à Sabarat, et le 25 du même mois par Jean-Pierre Bouvilla, Jean Bogues, François Saint-Paulit et François Lafont, habitans au môme lieu, par Jean Bouvilla, habitant audit Mas d'Azil, et par Jean Pons, habitant à Clermont; ceux subis par Jean Dangereux, habitant au Mas-d'Azil, le 8 décembre, et par Jean Teichène, habitant à Sabarat, le 5 du même mois, le tout devant notre dit subdélégué, à Foix; ceux subis par Marie Labail, habitante au Mas-d'Azil, devant le premier consul de la même ville, le 20 dudit mois de novembre ; ceux enfin subis dans les prisons du Castillet, de Perpignan, le 3 mars dernier, par François Lafont, habitant audit Mas-d'Azil, devant le s'' Amat, notre subdélégué général, commissaire à ces fins nommés, l'information reçue par ledit s"" Siret, le 27 dud. mois de novembre, les 2 et 5 du mois de décembre suivant, l'ordre du Roy du 9 janvier dernier, pour faire transférer auxdites prisons du Castillet lesdits Pierre- Paul Mercier, Etienne Laborde, Paul Laborde, François Fargues, Jean-Pierre Bouvilla, Jean Lafont et François Lafont; le certificat
de la remise desdits prisonniers du 7 février; les ordres de Sa Majesté à nous adressés par M. le comte de Saint-Florentin, le 9 dudit mois de février, portant que ceux d'entre les prévenus qui auront encouru les peines portées par les ordonnances du Boy, du 25 novembre 1735, y soient condamnés, et que l'arrondissement du lieu où s'est tenue ladite assemblée soit imposé à de fortes amendes, etc. . .
Nous, intendant et commissaire susdit, avons déclaré et déclarons ledit Pierre Bouvilla, Jean Lafont dit Rey et François Lafont, convaincus d'avoir assisté à lad. assemblée tenue à l'endroit appelé le Clôt del Bouix, dans le territoire du Masd'Azil, la nuit du 2 au 3 novembre dernier, les avons condamnés et condamnons en conséquence à servir comme forçats, pendant leur vie, sur les galères de Sa Majesté, déclarons tous et chacuns leurs biens acquis et confisqués au profit du Roy, distraction préalablement faite du tiers en faveur de leurs femmes ou enfans, s'ils en ont, non complices, et les frais de leur arrestation et conduite ez ])risons du Castillet, ainsi que ceux à faire pour leur conduite sur les galères de Sa Majesté prélevés, suivant l'état qui en sera par nous arrêté; avons en outre déclaré et déclarons la contumace bien instruite contre lesdits Olivier; Courtes-Carrière; François Bourgail; Marie Rouaix, sa fiancée; Etienne Doumenc; Anne Rufiîac, sa fiancée; Isabeau Lafont, fiancée de Caldairou ; Magdelaine Lafont, fille de Jean Lafont, marchand; Suzanne Rois, mère de Jean-Pierre Bouvilla; Pierre Fages, brassier, et sa fiancée; Pierre Lafont, taneur, et sa fiancée; François Saint-Paulit et Jean Bogues, habitans à Sabarat ; Jean Bouvilla et le nommé Bahours, chamoiseur, habitans du Mas-d'Azil; et adjugeant le profit de ladite contumace, avons déclaré et déclarons lesd. Olivier et Courtes-Carrière convaincus d'avoir prêché et fait des fonctions en des assemblées illicites comme ministres ou prédicans, en conséquence les condamnons à être pendus et étranglés, jusqu'à ce que mort s'ensuive, à une potence qui sera à cet efi'et dressée sur la place qui est au bout du pont de la ville du Mas-d'Azil; déclarons pareillement ledit François Bourgail; Etienne Domenc; Pierre Fages, brassier; Pierre Lafont, taneur; François Saint- Paulit; Jean Bogues; Jean Bouvilla et le nommé Bahours, cha-
raoiseur, convaincus d'avoir assisté en de pareilles assemblées illicites, en conséquence les condamnons à servir pendant leur vie, comme forçats, sur les galères de Sa Majesté, déclarons de même lesdites Marie Rouaix, fiancée de Bourgail; Anne Ruffiac, fiancée de Uomenc; Izabeau Lafont, fiancée de Caldairoii; Magdelaine Lafont, fille de Jean Lafont; Suzanne Rois; la fiancée de Pierre Fages; la fiancée de Pierre Lafont; convaincues d'avoir assisté auxdites assemblées, les condamnons en conséquence à être rasées et enfermées, pour le reste de leur.'^ jours, dtins les prisons de la Tour-Ronde du château de Foix. [Pour leurs biens même déclaration que ci-dessus]... Ordonnons que la présente condamnation sera exécutée par effigie à Tégard de deux ministres, et par transcription, à l'égard des autres, en un tableau qui sera attaché à la potence qui sera dressée à cet etfet sur ladite place par l'exécuteur de la haute justice.
[Les habitants des lieux dépendants du Mas-d'Azil devront subir une amende de 1.667 livres 2 sols 10 deniers.]
Fait à Perpignan, le 22 juillet 1749.
Signé : De Ponte d'Albaret.
Far Monseigneur : Roumiguières.
Aujourd'hui 23™"= jour du mois de juillet 1749, nous, commissaire à ce député par M"'' l'intendant, nous étant transporté avec notre greffier dans les prisons du Castillet de cette ville, nous avons fait lecture du jugement ci-dessus auxdits Jean- Pierre Bouvilla, Jean Lafont dit Rey et François Lafont, prisonniers y dénommés, de quoy a été dressé le présent procès verbal aux dites prisons.
A Perpignan, les jour et an que dessus.
Signé : Amat, commissaire. — Grosset, grefier.
(Arch. de la Haute-Garonne : Evêclié de Rieux.)
1753. — 29 Juillet.
Lettre de l'archevêque de Narbonne a l'évêque de Rieux.
Cette missive, adressée de Paris, le 29 juillet 1753, par Charles-Antoine de La Roche-Aymon, archevêque de Narbonne, à Jean-Marie de Catellan, évêque de Rieux, trace à ce prélat la conduite qu'il doit tenir à l'égard des huguenots de son diocèse. — On remarquera les conseils de modération et de [)rudence dont cette pièce est remplie.
La lettre et le Mémoire que nous eûmes l'honneur d'adresser au Roy })endant la tenue de nos derniers États, Monseigneur, et les rei)résentations que je n'ay cessé de feire depuis que je suis icy, sur les entreprises des religionnaires, ont fait sur l'esprit de S, M. et de ses ministres toute l'impression que nous avions lieu d'en attendre. Elles ont sérieusement fixé leur attention et je vois, avec satisfoction, qu'on est déterminé à prendre les mesures les plus efficaces pour arrêter les progrès du mal en faisant cesser entièrement les assemblées, les batêmes et les mariîiges qui se font au dézert. Je crois même que vous ne tanières pas à éprouver les effets de cette résolution et vous verres bientôt arriver des ordres et des troupes pour contenir ceux des religionnaires qui ne voudroient pas s'y conformer.
Mais malgré tout ce que j'ay pu dire, le ministère persiste à croire que le mal seroit moins grand si les évêques se relâchoient de la rigueur des épreuves que la pluspart exigent des nouveaux convertis avant de les marier. Le Roy et son conseil désirent même qu'il y ait de l'uniformité, à cet égard, dans tous les diocèzes et que l'on suive partout,, si cela se i)eut, ce qu'on observe dans ceux de Montpellier et de Nîmes, dont les précautions qu'on y prend sont jugées suffisantes, et surtout qu'on n'exige point une abjuration i)ar écrit de ceux qui voudront se marier.
Les vœux et les sentiments de la cour, sur tous ces points, n'empêchent pas qu'on n'y soit très résolu à regarder comme relaps, et à punir comme tels, ceux des religionnaires qui pour se marier, ayant satisfait aux épreuves exigées, abandonneront
l'Eglise après leur mariage et feront quelques actes publics et extérieurs de la religion P. R.
Quant à la qualification Aejils naturel donnée par les curés dans les actes de batênie aux eufans de ceux qui n'ont pas été mariés à l'église, le conseil de S. M. juge nécessaire et convenable de la supprimer et de n'y marquer que la simple qualité de fils, tant pour ceux-cy que pour ceux des anciens catholiques, de façon que tous soient traités de même à cet égard.
La raison principale qui a paru faire impression sur les ministres et les porter à cet avis, c'est que les curés qui dressent ces actes ne sont pas plus juges de l'état d'un enfant que de son sexe, que ce n'est pas à eux à déclarer qu'il est ou n'est pas légitime, et qu'ils doivent pour l'un et pour l'autre s'en tenir à ce qu'il leur est dit, que cette qualification de leur part ne donne point la légitimité et que, par conséquent, non seulement il est indifférent de ne pas la mettre, mais qu'on doit retrancher l'un et l'autre dans les circonstances présentes, surtout dès que les religionnaires prennent prétexte de ce qu'on ne donne que la qualité de naturel à leurs enfans \ de ne vouloir pas les faire batiser à l'église. J'ay même vu le moment qu'on alloit déterminer de faire de cet avis une loy générale pour tout ce royaume.
Sur tout cela, Monseigneur, j'ay été le garant de vos dispositions et de celles de tous les évêques de la province, pour se prêter à ce qui pourra s'accorder avec les loix immuables de l'église et les devoirs de la conscience. Mais je n'ay voulu prendre d'autre engagement, ny donner d'autre assurance en leur nom, avant que d'avoir reçu votre avis comme ceux de nos confrères qui ont des religionnaires dans leurs diocèzes et que l'expérience, ainsi que leurs lumières, mettent plus à portée que moy — qui n'en ay point dans le mien — d'appercevoir des iiiconvéniens, s'il y en a dans le phiu de conduitte proposé par la cour. Je vous supplie de me faire part au plus tôt de toutes les réflexions que vous jugerés nécessaires, et d'être persuadé de tout mon zèle pour en faire sentir l'importance et la solidité.
' L'expression consacrée était : Fils légitime et naturel. C'est de la suppression de la première de ces épithètes et du maintien de la seconde toute seule, que se plaignaient les nouveaux-réunis.
Comme je vois icy les choses de près, je crois seulement devoir vous prévenir qu'il ne s'agit pas aujourd'huy d'exiger tout ce qui seroit à désirer. Il est des tems malheureux où l'on risque de perdre le bien quand on veut le mieux avec trop d'ardeur, et où le plus grand bien consiste à se contenter de ce qu'on ne peut abbandonner sans crime. Les circonstances présentes demandent toute la condescendance permise, non seulement pour le bien de la paix; mais encore pour éviter des loix qui pourroient nous donner sujet de plaintes et tourner au préjudice de l'épiscopat et de la religion. C'est aujourd'huy plus que jamais le cas de devoir dire : Quod potest sacerdos faciat, quod 7ion potest misericorditer gemat.
Je me flatte ({ue mon zèle pour l'observation des saintes règles vous est assés connu, et que vous rendes justice à la pureté de mes intentions et des motifs qui m'obligent à vous tenir ce langage. Dieu veuille nous donner des tems plus heureux, et où les circonstances puissent permettre au Roy de donner des preuves encore plus efficaces de l'amour et du respect qu'il a pour la religion. Quand je seray à portée de causer avec vous et de vous dire des choses qu'il faut voir pour les croire, vous sentirés encore mieux que je ne puis vous l'exprimer que pour le bien de l'Église, et pour ne pas compromettre ses droits les plus sacrés, il importe que les évêques redoublent d'attention, de sagesse et de modération sans perdre de vue cependant ce qu'ils doivent à la sainteté des loix les plus respectables.
Je suis avec respect. Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
f L'Arch. de Narbonne.
Vous sentes. Monseigneur, qu'il convient que cette lettre demeure aussy secrette que faire se pourra et qu'elle ne passe pas nos confrères.
(Signât, autographe. — Fonds de Rieux.)
1759. — 18 ET 25 Mai.
Lettres de M. de G-udanes au curé de Saverdun.
Le marquis de Gudanes, commandant dans le pays de Foix, écrit au curé de Saverdun an sujet des religionnaires dont il estime la conduite « très répréhensible ».