‹ Les Huguenots du seizième siècleChapitre 101 sur 154 · France protestwUe , t. VI, p · texte numérisé non relu

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CIIAP. II. — DÉTAILS. 229

Nous ne nous arrêterons pas à décrire l'amour fraternel dont tant de huguenots donnèrent de beaux exemples. Il nous suffit d'eu avoir parlé plus haut, comme en passant, à propos de Catherine de Navarre, de la famille de Duplessis- Mornay, de celle de Coligny. Nous ne rapporterons, à ce sujet, qu'une parole de l'historien de Thou qui, en faisant connaître les quatre fils de François de Coligny, frère de l'amiral, fait remarquer qu'ils furent très-vertueux et toujours très-unis pendant le peu de temps qu'ils vécurent: ils n'ont pas même été séparés à la mort, ajoufe-t-il ; un tombeau commun recueillit leurs restes dans la chapelle de Taillebourg'. Ajoutons que d'Aubigné, après avoir employé quelques pages à raconter la mort de son frère, ajoute éloquemmenl : «J'en dis beaucoup; mais c'est un frère ^))

Il manquerait un trait au tableau que nous venons d'esquisser de la vie de famille des huguenots, si nous omettions de dire que, conformément à la recommandation faite par un synode, les serviteurs y furent considérés, non pas comme des étrangers, mais comme des amis. L'amiral, Duplessis-Mornay et, à leur exemple, d'autres gentilshommes huguenots voulurent qu'ils assistassent à tous les exercices religieux qui se pratiquaient sous leur toit. Jeanne d'Albret, d'autres encore dont nous parlerons plus bas, n'oubhèrent pas de faire leur part dans l'expression de leurs dernières volontés. La reine de Navarre recommande expressément à son fils « de traiter ses serviteurs comme elle a traité ceux du feu roi Antoine, et de leur donner, outre ce qui leur est dû, deux années de leurs revenus, sans compter l'année de sa mortl »

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