I. D'AubifriK* , Histoire univeme/le , t. I, p
232 ir PARTIE. — LA VIE DES HUGUENOTS.
remis au chemin des bonnes pensées et fermes résolutions pour l'avenir'. Il était bien digne, d'ailleurs, le grand amiral, d'être relevé parfois par ses amis, lui qui les soutint si souvent par ses encouragements et qui, peu avant de rendre l'âme, après avoir fait ses prières et parlé de «mourir en Dieu», ne songea plus qu'à s'occuper d'eux, disant: «Je n'ai plus besoin du secours des hommes : sauvez-vous promptement, mes amis, de peur que vous ne vous trouviez enveloppés dans mon malheur, et que vos femmes, après ma mort, ne me maudissent, -comme la cause de votre perte: je n'ai besoin que de la présence de Dieu, à qui je recommande mon âme qui va bientôt sortir de ce corps'».
C'est surtout dans les moments difficiles que s'affirme la véritable amitié; il lui faut des temps critiques pour montrer ce qu'elle vaut. 11 faut entendre nos huguenots consoler leurs amis souffrants, pour s'assurer de la vertu de leur foi. Éléonore de Roye, princesse dé Condé, qui mourut à vingt-neuf ans ruinée par les chagrins domestiques plus encore que par les émotions des luttes civiles, était malade. Quel sort que celui de cette jeune femme belle, élégante, vertueuse, obligée de mourir si jeune ! Mais elle était pieuse; quelle consolation ne dut-elle pas trouver dans ces amicales paroles que lui écrivit Viret, malade lui-même en 1564, et demandant avec elle et pour elle les secours de l'Ami céleste: «Vous avez été souvent parmi les honneurs et
plaisirs de ce monde qui efféminent souvent les plus vertueux ; mais le Seigneur n'a point permis que vous l'ayez oublié ni abandonné, laquelle chose est un excellent don de Dieu Il vous éprouve maintenant par une autre sorte