De Thou, t. IV, p
d'épreuve, laquelle ne vous est pas du tout, nouvelle, car ce n'est pas la première aflliclion en laquelle vous ayez été. . . Or, Madame, comme ce bon Dieu vous a toujours environnée tout paternellement de sa faveur et miséricorde jusques aujourd'hui, vous vous pouvez bien assurer par les gages et témoignages que vous en avez déjà, qu'il continuera toujours ce soin paternel qu'il a de vous, comme vous l'expérimentez à présent au lit d'infirmité , où vous êtes par sa bonne volonté: car je ne doute point que tout ce que vous souflVez ne vous soit bien peu de chose au prix de la joie et consolation qu'il donne à votre esprit, lui faisant goûter et savourer sa bénignité envers vous. C'est lui qui frappe et qui guérit, et qui mène jusqu'au sépulcre et puis en retire; par quoi, soit que nous vivions, soit que nous mourions,
nous vivons et mourons en lui' »
Les Lettres consolatoires adressées par les chefs du parti protestant à M"^® de Soubize, après la mort de son mari arrivée en 1566, sont des monuments admirables de la foi et de la charité de nos pères. Il est vrai que Jean de Parthenay méritait bien, par l'élévation de son caractère, que sa fin précoce soulevât d'unanimes regrets parmi ses coreligionnaires. La reine de Navarre, Goligny et sa femme, M"™^ de la Rochefoucault, Théodore de Bèze, Fumée, d'Espina, M"'' de Hegnaudie, vingt autres s'empressèrent de donner à sa veuve et à sa fille unique les plus touchantes assurances de leur amitié^ D'Espina (Jean de l'Espine), l'un des minisires qui assistèrent au colloque de Poissy et qui fut pasteur à la Rochelle d'abord, puis à Angers, écrit à l'illustre veuve: «Je vous supplie très-humblement, Madame,